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Faits divers – Justice DOSSIER : Meurtre d'Eva Bourseau

Procès Eva Bourseau : l'audience suspendue après le malaise de la mère d'un accusé

mardi 11 décembre 2018 à 21:47 Par Suzanne Shojaei, France Bleu Occitanie

Au deuxième jour du procès Eva Bourseau, la Cour d'assises de Haute-Garonne s'est penchée ce mardi sur le témoignage des enquêteurs. En début de soirée, la mère de l'un des accusés a également été appelée à la barre. Mais elle n'a pas pu aller au bout de son témoignage.

L'avocate des parents de la victime, Tiffany Dhuiege, accompagnée du père d'Eva Bourseau (à droite).
L'avocate des parents de la victime, Tiffany Dhuiege, accompagnée du père d'Eva Bourseau (à droite). © Maxppp - NATHALIE SAINT-AFFRE

Toulouse, France

Elle s'est effondrée, épuisée par le chagrin. Latifa, 44 ans, se présente devant la Cour d'assises de Toulouse peu après 17h30, ce mardi. Coiffée d'un bonnet, emmitouflée d'un épais manteau gris, elle doit revenir sur la vie de son fils, Zakariya Banouni, présent sur le banc des accusés. À 21 ans, l'ancien étudiant toulousain est poursuivi, avec Taha Mrani Alaoui, pour le meurtre d'Eva Bourseau fin juillet 2015. L'étudiante de 23 ans avait été retrouvée morte dans son appartement, son corps baignant dans une malle remplie d'un produit à base d'acide.

"Ça fait trois ans que j'essaye de comprendre comment on en est arrivés là"

Pendant près d'une heure, Latifa raconte l'enfance de son fils. Enfant brillant à l'école, qu'elle décrit comme gentil et sensible. Elle évoque ses amis et notamment les plus proches, Julien et Fiona. 

"L'année du BAC, la mère de Fiona est décédée d'un cancer, raconte-t-elle. Zakariya allait souvent lui rendre visite à l'hôpital." Et puis il y a Julien, qui s'est suicidé la même année. La mère fond en larmes. À quelques mètres d'elle, son fils pleure également, tête baissée.

Celui qui l'appelait "Tati"

Et puis vient le moment de parler de Taha. Le jeune marocain venu en France pour ses études, qu'il poursuit brillamment lui aussi, rencontre Zakariya un an plus tard, en 2014, lorsque ce dernier est en classe préparatoire au lycée Pierre-de-Fermat, à Toulouse. Ils ont trois ans d'écart, Taha est le plus vieux. Ils ont 18 et 21 ans et ne se quitteront plus. 

"Taha, c'était comme mon fils"

Latifa raconte l'arrivée de Taha dans la vie du foyer. "Je savais qu'il était loin de sa famille marocaine, alors il était souvent à la maison." La mère lui offre des repas, lave son linge. Lui l'appelle "Tati", "et ça veut dire beaucoup pour nous", précise-t-elle. 

Les deux jeunes sont inséparables. "Quand Zak rentrait à la maison, Taha était avec lui." 

Une disparition inquiétante 

Jusqu'au jour où Latifa n'a plus de nouvelles de son fils. Zakariya ne l'appelle plus depuis plusieurs jours. "C'était pas normal qu'il disparaisse comme ça", raconte-t-elle entre deux sanglots. Quand enfin elle réussit à l'avoir au bout du fil, le jeune homme lui promet qu'il rentrera bientôt. 

Nous sommes début août, soit quelques jours après le meurtre. Et Zakariya ne rentrera pas. Lui, qui a arrêté les études, ne se rend pas non plus à son premier jour de travail dans une déchetterie. "Là, j'ai compris qu'il y avait quelque chose." 

"Je ne comprends pas ce qui s'est passé"

Latifa et son mari partent à la recherche de leur fils, qu'ils retrouvent au domicile de Taha, où Zakariya séjourne régulièrement. "Quand ils ont ouvert la porte, j'ai vu qu'il était tout blanc, les cheveux ébouriffés. Je l'aurais à peine reconnu dans la rue."

La mère s'arrête pour reprendre son souffle. Elle s'accroche au pupitre. "Il voulait pas venir avec nous", répète-t-elle plusieurs fois. Elle s'évanouit. Le président suspend l'audience.