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Procès Fillon : "Ce n'est pas moi, c'est mon mari", le mantra de Penelope Fillon au tribunal de Paris

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Par , France Bleu, France Bleu Maine, France Bleu Paris

Le procès Fillon a véritablement commencé ce jeudi au tribunal de Paris. La cour s’intéresse pour l'heure à l’emploi présumé fictif de l’épouse de François Fillon, lorsqu'il était député de la Sarthe et de Paris. À la barre, la timide épouse a souvent été incapable de répondre aux questions.

Les premiers contrats de Penelope Fillon auprès de son mari ont été signés en 1981
Les premiers contrats de Penelope Fillon auprès de son mari ont été signés en 1981 © Maxppp - Xinhua News Agency/Newscom

"Ce n’est pas moi, c’est mon mari", voici la réponse de Penelope Fillon à la plupart des questions de la cour qui se penche pour le moment sur l'emploi présumé fictif de l'épouse de François Fillon lorsqu'il était député de la Sarthe et de Paris

Au fil de l'audience, les réponses de Penelope Fillon se suivent et se ressemblent. Le montant de ses salaires, parfois l'équivalent de neuf fois le smic pour un rapport sur le bocage sabolien ? Ce n’est pas elle, mais son mari. Son passage à temps partiel en 1988 ? Ce n’est pas elle, mais son mari. Idem pour les primes exceptionnelles ou les changements d’adresses sur ses contrats : ce n’est pas elle, mais son mari.

"Nous avons de la peine pour vous", lance le parquet à Penelope Fillon en pleine audience

D’une voix à peine audible, la Franco-Galloise peine également à justifier son emploi du temps. Notamment lorsqu'en 2012, elle doit gérer le manoir de Beaucé (le domaine familial des Fillon dans la Sarthe) tout en étant conseillère littéraire à la Revue des deux mondes et assistante parlementaire de son époux, alors député de Paris. 

Excédé par ces atermoiements, le parquet lui demande si elle a un CV. "Non", répond la timide épouse. "Nous avons de la peine pour vous", lâche brutalement le vice procureur, Bruno Nataf.

L'interview qui gêne

Penelope Fillon patauge aussi lorsqu'il s'agit d'expliquer pourquoi elle se présente comme mère au foyer lors d'une interview accordée à un média britannique. Nous sommes alors en 2007, son mari vient d'entrer à Matignon. Hésitante sous sa chevelure argentée retenue par un serre-tête, Penelope Fillon explique : "Je ne voulais pas qu'on pense que j'avais un rôle important".  

"Vous êtes une travailleuse passive", ironise le parquet qui a demandé à diffuser cette pièce centrale du dossier lors des prochaines audiences. 

"Il n'y a pas un seul de mes discours qui n'ait pas été relu par Penelope" - François Fillon

Quand François Fillon arrive à la barre, le ton est différent, combatif. Dans sa déclaration liminaire, il dit être là pour "laver" son honneur, celui de son épouse et de Marc Joulaud, l'actuel maire de Sablé-sur-Sarthe, lui aussi poursuivi pour détournement de fonds publics.

La voix grave et posée, il maintient que sa femme a joué un rôle essentiel à ses côtés. "Il n'y a pas un seul de mes discours qui n'ait pas été relu par Penelope", assure l'ancien premier ministre avant d'égrener les tâches confiées à son épouse. 

Aucune trace du travail de Penelope hormis ses bulletins de paie

Trier le courrier, recevoir à leur domicile, rédiger des revues de presse ou des notes, l'essentiel de son travail était basé à Sablé, "c'était une façon de nous approprier le territoire", explique ce natif du Mans devenu député de la Sarthe en 1981.

Pourtant, il ne reste aucune trace de ces fiches et autres rapports qu’aurait rédigé son épouse durant toutes ces années. Hormis ses bulletins de paie, les enquêteurs n'ont rien retrouvé lors des perquisitions.

Penelope Fillon avoue elle-même que son travail consistait à être en retrait, à observer les autres du fond de la salle. La cour souligne que son salaire était souvent plus élevé que celui des autres assistants de son époux.« Elle était la plus diplômée de tous » réplique l’ancien député de la Sarthe.

Étonnée, la présidente du tribunal lui demande alors pourquoi ne pas l’avoir embauchée à ses côtés lorsqu'il était Premier ministre, au sein de son cabinet. "Cela aurait posé un problème d’argent public" répond étrangement François Fillon en perdant le fil de son argumentaire. 

L'ancien chef du gouvernement semble, le temps d'un instant, avoir oublié qu'il est justement poursuivi pour le détournement de plus d'un million d'euros de fonds publics. 

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