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Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Fiona

Procès Fiona - Ce qu'il faut retenir de ces dix jours d'audience

lundi 28 novembre 2016 à 4:00 Par Géraldine Marcon et Olivier Vidal, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu

Après dix jours de procès devant les Assises du Puy-de-Dôme, Berkane Makhlouf a été condamné ce vendredi à 20 ans de réclusion pour les coups mortels portés à la petite Fiona. La mère de la petite fille a écopé d’une peine de cinq ans d’emprisonnement. Retour sur ce procès hors-norme.

Tous les jours, la foule a attendu des heures pour assister aux audiences du procès de l'affaire Fiona.
Tous les jours, la foule a attendu des heures pour assister aux audiences du procès de l'affaire Fiona. © Maxppp - Rémi Dugne

Puy-de-Dôme, France

Le procès qui s'est achevé ce vendredi soir devant la cour d'assises de Riom dans le Puy-de-Dôme aura été un procès exceptionnel, par sa durée - dix jours d'audience - par le dossier qui était examiné, celui de la mort et de la fausse disparition de la petite Fiona en mai 2013 à Clermont-Ferrand et enfin par les réactions très nombreuses et violentes à l'énoncé du verdict ce vendredi. Retour sur ce qui restera de ces débats devant la cour d'assises.

Un procès mal mené et perturbé

La conduite du procès a souvent été critiquée durant ces dix jours, des débats qui s’éternisent sur des détails, des témoins qui se répètent, mais aussi des perturbations. Il y a les prétendues révélations sur le lieu où se trouverait le corps de Fiona la première semaine avec la convocation d’une médium qui s’effondrera à la barre. Il y aura également les incidents d’audience le huitième jour du procès, maître Portejoie, le défenseur de Cécile Bourgeon lui coupe la parole à plusieurs reprises alors qu’elle revient sur ses accusations à l’encontre de Berkane Makhlouf et affirme qu'il n'a jamais frappé la petite fille au thorax. il faudra l’intervention du bâtonnier pour ramener le calme avant la suspension pour la nuit.

Des incertitudes qui demeurent

Le déroulé de ce procès et l’ensemble de l’instruction l’ont montré ; le dossier de la mort de Fiona est un dossier complexe où planent encore beaucoup trop d’incertitudes pour que le verdict puisse apaiser les tensions. Des incertitudes sur le lieu où se trouve le corps de la petite fille puisque les recherches menées à plusieurs reprises n’ont pas permis de le retrouver. De fait, il existe aussi des incertitudes sur les causes de la mort de Fiona ; sans autopsie, les explications de son décès restent des hypothèses. Et enfin il y a même des incertitudes sur la manière dont les deux accusés se sont débarrassés du corps, pour certains des enquêteurs, la thèse de l’enterrement est un mensonge et c’est dans une poubelle qu’ils ont jeté le cadavre.

Un verdict inattendu

Le verdict de la cour d’assises du Puy-de-Dôme a beaucoup surpris ce vendredi soir à Riom, notamment parce qu’il tranche dans ce dossier complexe où les certitudes sont très faibles. Les jurés ont décidé de condamner Berkane Makhlouf à 20 ans de réclusion pour les violences ayant entraîné la mort de la petite Fiona en mai 213. Cécile Bourgeon, la mère de la fillette, est elle acquittée des coups mais reconnue coupable de plusieurs délits tels que la non assistance à personne en danger et le recel ou dissimulation de cadavre. Le président a précisé que la cour avait estimé qu’il n’y avait contre elle pas d’autres éléments à charge que les accusations de son ex-compagnon. Ce dernier a donc été condamné sur les déclarations de Cécile Bourgeon tout autant que sur son passif d’homme impulsif et violent. Berkane Makhlouf qui écope d’une lourde peine à l’issue de ce procès, a fait savoir par son avocat qu’il allait faire appel.

La foule et la colère

Chaque jour de ce procès a été suivi par des dizaines de personnes dans la salle d’audience de la cour d’assises du Puy-de-Dôme. Un public présent dès le petit jour pour être sûr d’avoir une place dans la salle, qui s’agite et bruisse pendant les débats au grand dam du président. L’avocat général l'a d’ailleurs noté dans sa plaidoirie, comme d'autres, une telle affluence est exceptionnelle pour une cour d’assises. Il faut dire que depuis les aveux de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf en septembre 2013, cette affaire déchaîne les passions.

Si la France entière a été touchée par ce dramatique faits-divers, à Clermont-Ferrand, là ou la petite Fiona a disparu en mai 2013, là où une population entière s'est mobilisée autour de la famille pour la retrouver, le traumatisme est encore très douloureux. Les réactions haineuses après le verdict devant la cour d’assises mais aussi sur les réseaux sociaux ce vendredi soir montrent que la colère est toujours vive. Elle est encore attisée par le fait que Cécile Bourgeon, condamnée ce vendredi à cinq ans de prison a déjà effectué trois années en détention préventive, elle est donc libérable en début d’année 2017.

A lire aussi : l'affaire Fiona sur France Bleu