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Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Fiona

Procès Fiona : à la veille du verdict, les accusés commencent enfin à se livrer devant la cour d'assises

jeudi 24 novembre 2016 à 16:03 Par Géraldine Marcon et Olivier Vidal, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu

Ce jeudi matin, devant la cour d’assises du Puy-de-Dôme, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf se sont enfin exprimés sur les faits qui leur sont reprochés. Ils continuent à s’accuser mutuellement d’avoir porté des coups à Fiona avant sa mort.

Pour la première fois les accusés se sont livrés devant la cour d'assises ce jeudi matin.
Pour la première fois les accusés se sont livrés devant la cour d'assises ce jeudi matin. © AFP - Benoit Peyrucq

Puy-de-Dôme, France

L’audience commence mal ce jeudi devant la cour d’assises du Puy-de-Dôme, Cécile Bourgeon qui était revenue mercredi sur ses accusations à l’encontre de son ancien compagnon, commence par faire part de son souhait de se taire. A l’avocat de Berkane Maklhouf qui lui demande "vous avez dit avoir exagéré, avoir inventé les coups au thorax ?" elle lance, stoïque, "j'ai déjà répondu." La déception est grande dans la salle d’audience, après les révélations de la veille, on attendait beaucoup des nouvelles auditions des deux accusés ce jeudi. Même quand Berkane Makhlouf laisse une nouvelle fois entendre que c’est la mère de famille qui aurait porté les coups à Fiona, elle se contente de répondre "Non c'est pas moi !".

Cécile Bourgeon se confie enfin

Mais la carapace commence peu à peu à se fendre ce jeudi matin chez Cécile Bourgeon. Accompagnée, guidée par maître Grimaud, l’avocate d’Innocence en danger qui la questionne, elle raconte la naissance de Fiona, le bébé qu’elle était, l’arrivée de la petite sœur. Pour la première fois depuis le début du procès, c’est une mère qui parle avec amour et fierté de ses filles et pour la première fois, elle semble sincère. "Avec Fiona, ma vie a changé" dit-elle alors que le père de la fillette quitte la salle, trop ému. Enfin, alors qu'elle n'avait presque rien livré depuis le box des accusés depuis neuf jours, Cécile Bourgeon se confie, exprime ses difficultés de mère célibataire après sa séparation d’avec le père des petites filles.

"Arrête de mentir" - Berkane Makhlouf à Cécile Bourgeon

Maître Grimaud pose à nouveau la question à l’accusée : "Elle a été frappée ?" L’accusée l’admet alors pour la première fois depuis le début du procès ; "c'est arrivé le mardi. Le mercredi, on a mis le bandeau. Le jeudi, vendredi, elle allait bien. Samedi après..." Elle est très émue quand elle ajoute "je m'en veux. J'ai l'impression de ne pas lui avoir assez dit "Je t'aime", de ne pas l'avoir serrée assez dans mes bras." Sa confession très tardive sonne juste ce jeudi, mais les jurés peuvent-ils croire une femme qui a déjà tellement menti au cours de l’enquête comme lors de ce procès ?

Le procès prend alors une tournure bien différente, les deux accusés s’interpellent, la salle assiste presque à une dispute conjugale. "Arrête de mentir" lance Berkane Makhlouf à son ex-compagne qui l’accable "tu avais frappé E. (la petite sœur de Fiona) à l’oreille." Cécile Bourgeon rappelle que lors de leurs interpellations les enquêteurs ont constaté qu’elle avait des hématomes. C’est la première fois depuis neuf jours que les accusés se parlent réellement, s’accusent aussi frontalement l’un et l’autre.

Berkane Makhlouf se défend, en pleurs devant la cour

La salle est figée, silencieuse face à ces moments de grande intensité, Berkane Makhlouf s’exprime à son tour, il est volubile, parle vite, fort. La voix brisée par les sanglots il lâche "on n'a jamais dit :on va tuer Fiona, on va l'enterrer ! On n'est pas des crapuleux." Il s’explique à nouveau, c’est parce qu’ils avaient peur de se voir enlever les autres enfants qu’ils se sont tus au moment de la mort de Fiona. C’est un homme en pleurs qui raconte à nouveau la découverte de la petite fille morte dans son lit. "Je sais que je suis violent, parano, mais je ne touche pas les enfants" proteste-t-il une nouvelle fois.

"Malheureusement, le procès commence ce matin" - Maître Grimaud

Alors que la conduite de ce procès est critiquée depuis ses débuts, avec des débats qui s’éternisent, des témoins redondants et des accusés qui restent mutiques de bout en bout, c’est finalement au dernier jour de l’examen de l’instruction que Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf libèrent enfin leur parole. Mais ils continuent à dire qu’ils ne savent pas de quoi Fiona est morte. L’avocate d’Innocence en danger, Maître Grimaud, résume le sentiment de tous dans cette cour d’audience quand elle s’exclame "malheureusement, le procès commence ce matin."

L’audience se poursuit ce jeudi après-midi avec les dernières auditions et les plaidoiries des parties civiles. Le verdict est attendu tard ce vendredi soir.