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Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Fiona

Procès Fiona - Le procès en appel a débuté dans une atmosphère plus apaisée devant la cour d'assises de la Haute-Loire

lundi 9 octobre 2017 à 20:22 Par Géraldine Marcon, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu

Le procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises du Puy-en-Velay dans une ambiance plus apaisée qu'en première instance. Le public est moins nombreux et les accusés semblent plus disposés à s'exprimer, les débats vont durer deux semaines.

Le procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf a débuté dans une ambiance plus sereine qu'en première instance.
Le procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf a débuté dans une ambiance plus sereine qu'en première instance. © Maxppp - Géraldine Marcon

Le Puy-en-Velay, France

Lors du procès en première instance devant la cour d'assises de Riom en novembre 2016, un public dense et bruyant se pressait chaque jour dans la salle d'audience, au Puy-en-Velay, les rangs sont clairsemés et ce procès en appel a pu débuter ce lundi dans une atmosphère beaucoup plus sereine. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf comparaissent pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner" après le décès de Fiona en mai 2013 à Clermont-Ferrand. En première instance il avait été condamné à 20 ans de prison pour les coups portés à la fillette et son ex-compagne avait été acquittée pour les coups mais condamnée à cinq ans de réclusion pour plusieurs délits associés.

Un climat plus serein pour ce procès en appel

L'audience a débuté avec le tirage au sort des jurés, ils seront neuf plus trois supplémentaires pour cette session particulière. Le président demande aux accusés de se lever pour la lecture de l'acte d'accusation :

  • Cécile Bourgeon est poursuivie pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, sur mineure de moins de 15 ans, par ascendant et en réunion" mais aussi plusieurs délits "non assistance à personne en danger, recel ou dissimulation de cadavre, modification de l'état des lieux d'un crime et dénonciation mensongère d'un crime".
  • Berkane Makhlouf comparaît pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, sur mineure de moins de 15 ans, par personne ayant autorité et en réunion" ainsi que "non assistance à personne en danger et recel ou dissimulation de cadavre".

Dans le box, Cécile Bourgeon, gilet épais au large col, les cheveux longs et blonds, est séparée de Berkane Makhlouf par deux gendarmes. Lui porte un pull gris sur son jean, les cheveux courts, rasé de près, il prend la parole "je ne suis pas un criminel, je ne suis pas un assassin, je suis vraiment écœuré par rapport à ça". Le président prend le temps de revenir sur le verdict et ses motivations avant d'entamer le rappel des faits, depuis la fausse disparition au parc Montjuzet en passant par l'enquête et les aveux.

"Je ne veux pas qu'on me juge par rapport à mon passé" - Berkane Makhlouf

Berkane Makhlouf prend ensuite place à la barre pour l'examen de sa personnalité. Il écoute le président qui reprend son histoire et répond aux questions qui lui sont posées. Son enfance difficile, son père mort quand il avait quatre ans, ses beaux-pères, un frère avec qui les relations sont difficiles. C'est le portrait d'un enfant rétif à l'autorité et agité qui se dessine, il sera placé en foyer à l'âge de 13 ans avant de tomber dans la drogue à 17 ans. On évoque ensuite ses relations amoureuses, des relations qui se terminent souvent dans la jalousie et la violence à cause de la drogue.

Souvent décrit comme impulsif, colérique, sa soeur parle d'un homme "violent et ingérable", il avait d'ailleurs déjà été condamné à plusieurs reprises pour des vols et des faits de violence avant son arrestation dans l'affaire de la disparition de Fiona. Berkane Makhlouf répond calmement mais tempère le portrait qui se dessine "je ne veux pas qu'on me juge par rapport à mon passé" répète-t-il à plusieurs reprises. Le président lui précise "je sais bien, on ne juge pas un homme sur son passé mais c’est un élément de personnalité, ça montre des choses". Face à ces éléments, Berkane Makhlouf ne nie pas son passé violent, il l'assume mais répète, comme il l'a souvent dit lors de ses auditions, "ça m’est arrivé de péter les plombs mais j’ai toujours fait la différence entre les adultes et les enfants".

J'ai échoué en tant que mère je n'ai pas su protéger ma fille" - Cécile Bourgeon

Tout au long de l'interrogatoire de Berkane Makhlouf, Cécile Bourgeon garde la tête baissée, les yeux rivés au sol, à aucun moment elle ne jette un regard à son ex-compagnon à la barre. Interrogée par le président après la lecture de l'acte d'accusation, elle ne conteste pas les délits qui lui sont reprochés mais nie fermement avoir commis des violences sur sa fille Fiona. "J'ai échoué en tant que mère je n'ai pas su protéger ma fille" dit-elle avant de mettre en cause sa poly-toxicomanie et celle de Berkane Makhlouf pour expliquer leurs contradictions dans leurs déclarations pendant l'enquête. Cécile Bourgeon est alors coupée par son ex-compagnon qui tempère "il y avait aussi des moments de bonheurs", les deux accusés donnent en tout cas l'impression de vouloir s'exprimer un peu plus dans ce procès en appel.

Les débats se poursuivront devant la cour d'assises de la Haute-Loire pendant deux semaines, ce mardi, la journée sera consacrée à l'examen de la personnalité des deux accusés.