Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Fiona

Procès Fiona : le procureur requiert 30 ans de réclusion contre Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf

vendredi 25 novembre 2016 à 11:52 - Mis à jour le vendredi 25 novembre 2016 à 16:18 Par Géraldine Marcon et Olivier Vidal, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu

Devant la cour d'assises de Riom dans le Puy-de-Dôme, le procureur a requis 30 ans de réclusion criminelle ce vendredi matin à l'encontre de Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, et Berkane Makhlouf, son ex-compagnon. Le verdict est attendu tard ce vendredi soir.

L'avocat général Raphaël Sanesi de Gentile avec maître Fribourg
L'avocat général Raphaël Sanesi de Gentile avec maître Fribourg © Maxppp - Rémi Dugne

Riom, France

A l’issue d’un long réquisitoire, une heure de et demi, ce vendredi matin devant la cour d’assises du Puy-de-Dôme, l’avocat général a requis la peine maximale à l’encontre de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf. Rapaël Sanesi de Gentile a demandé à la cour de les condamner tous les deux à une peine de réclusion criminelle de 30 ans avec une peine de sûreté de 20 ans. Il requiert également un suivi socio-judiciaire de 20 ans pour les deux, avec une peine de sept ans d’emprisonnement en cas de non observation de cette obligation.

L’avocat général a également réclamé que les accusés soient interdits de droits civiques et de famille pendant 10 ans et il demande à ce que soit prononcé pour Cécile Bourgeon le retrait total de l’autorité parentale qu’elle détient sur ses deux autres enfants.

L'avocat général ne croit pas à la version de l'enterrement

Dans son réquisitoire, l’avocat général à souligné l’enjeu de ce procès, sa responsabilité dans un dossier où l’opinion publique attend beaucoup de la justice. Un dossier d’autant plus difficile pour l’accusation qu’il n’y a pas de corps dans cette affaire, et que l’on ne connaît donc pas les causes de la mort de la petite fille. Raphaël Sanesi de Gentile le dit, il ne croit pas à la version des accusés sur l’enterrement de la fillette près d’Aydat, pour lui ils se sont débarrassé du corps dans une poubelle.

L’avocat général reprend les faits en détails, il retrace les derniers jours de Fiona, l’hématome, car il en est convaincu, il y a bien eu des coups donnés à Fiona dans les jours qui précèdent sa mort et l’avocat général considère que les deux accusés en sont responsables. Il reproche à Cécile Bourgeon d’avoir donné "un blanc seing" à son ex-compagnon en n’agissant pas pour faire cesser la violence. Et pas question pour lui de croire à la femme soumise qui aurait subi sans agir, "c’est vous la patronne" lance-t-il à Cécile Bourgeon.

La même peine pour les deux accusés

Pour l’avocat général, la coaction des deux protagonistes ne fait aucun doute dans cette affaire, ils sont liés dans la violence, dans le crime et désormais dans leur destin judiciaire. "Votre choix a été fait à deux dans la violence" lance Raphaël Sanesi de Gentile à Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf. Il demande donc la même peine pour les deux "peu importe s'il a mis trois coups, l'autre un seul, ils ne font plus qu'un dans une même responsabilité."

Tout au long de ce réquisitoire, Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf sont restés immobiles, imperturbables, aucune émotion ne transparaît de leur visages au moment où l’avocat général demande la peine maximale à leur encontre.

"Faites barrage à cette émotion et résistez, résistez et n'utilisez que la raison" - Maître Renaud Portejoie

A la reprise de l'audience en début d'après-midi ce vendredi, Renaud Portejoie, un des avocats de cécéile ourgeon entame les plaidoiries de la défense. L'avocat commence par exhorter les jurés à ne pas se laisser influencer par l’opinion publique et sa volonté de vengeance dans cette affaire. Il cite des propos lus cette semaine sur les réseaux sociaux et s’exclame "je suis effrayé par l’hystérie de la rue, par les réactions de haine contre Cécile Bourgeon." Il s'oppose à ce qu’il nomme le "fantasme de l’enfance maltraitée" dans ce dossier, pour lui les faits sont clairs et ils les rappelle ; personne n’a remarqué de marques de violence sur la petite fille avant ce fameux 8 mai 2013.

Il poursuit en parlant de sa cliente, "vous allez la condamner parce qu’elle vous ment ? elle est coupable parce qu’elle a menti à la France entière ?" Il souligne que le seul élément qui l’accable dans l’enquête ce sont les déclarations de son ancien compagnon, "on vous demande de condamner Cécile bourgeon à 30 ans de prison sur une parole de Berkane Makhlouf qui dit qu’elle a donné deux gifles et deux coups de pieds au fesses à Fiona" lance-t-t-il. La plaidoirie de Renaud Portejoie est forte, il demande une nouvelle fois aux jurés de ne pas se baser sur les hypothèses mais seulement sur leurs certitudes, bien minces dans ce dossier avant de conclure "faites barrage à cette émotion et résistez, résistez et n'utilisez que la raison, vous rendrez la justice."

"On attend de vous une décision équilibrée" - Maître Gilles-Jean portejoie

C’est ensuite maître Gilles-Jean Portehoie, égaiement défenseur de Cécile Bourgeon, qui s’avance devant les jurés. Comme son fils juste avant, il parle avec énergie et conviction, et conteste les violences reprochées à sa cliente "les coups mortels non, parce qu’il n’y a eu aucun coup et parce que vous n’avez pas la certitude que les coups, si il y en a eu, sont à l’origine de la mort de Fiona." "On attend de vous une décision équilibrée" dit-il aux jurés en rappelant une affaire similaire, celle du petit Loan - Des faits qui se sont produits en 2015 dans la Creuse et pour lesquels les parents ont été condamnés à 12 et quatre ans de réclusion. Il termine en s’adressant à la mère de Cécile Bourgeon et grand-mère de Fiona ;" mon dernier mot pour vous. Vous incarnez l'espérance Madame, parce que vous avez pardonné. Le pardon est le chemin, pour vous aussi l’heure du repos n’est pas arrivée."

"On n’est pas loin d’un risque d’erreur judiciaire, c’est tune vraie possibilité" - Maître Mohamed Khanifar

Maître Mohamed Khanifar conclut ces plaidoiries, le défenseur de Berkane Makhlouf, revient sur aussi sur la pression populaire qui pèse sur les jurés au moment de rendre le verdict dans ce dossier. Puis, le défenseur de Berkane Makhlouf revient sur la personnalité de son client, son enfance, son placement en foyer à 13 ans, la rue à 16 ans. Il souligne à propos des deux accusés, "Ils les aimaient mal, mais il y avait de l'amour dans cette famille, ne leur demandez pas ce qu’ils ne peuvent pas apporter." Comme son confrère un peu plus tôt, l’avocat rappelle à la cour que la seule personne à mettre directement en cause son client c’est Cécile Bourgeon. Maître Khanifar termine sa plaidoirie en mettant en garde les jurés ; "on n’est pas loin d’un risque d’erreur judicaire, c’est tune vraie possibilité. Ce ne sont pas des assassins, la loi recommande la prudence de canaliser nos émotions qu’elles viennent de l’extérieur ou de nous-mêmes."

Le jury s'est retiré pour délibérer

Les deux accusés sont ensuite invités à s’exprimer une dernière fois, Cécile Bourgeon n’a rien à ajouter. Berkane Makhlouf souhaite prendre la parole "Fiona sait que je ne l’ai pas frappé. Je m’excuse auprès de tous ceux à qui il a fait du mal et menti." Il ajoute "je fais confiance à la justice". Les jurés se sont retirés pur délibérer, ils devront répondre au total à 16 questions. Le verdict est attendu tard dans la soirée devant la cour d’assises de Riom.

► A lire aussi : Procès Fiona, suivez la dernière journée en direct.

L'affaire Fiona sur France Bleu