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Faits divers – Justice

Procès Fiona : les avocats des parties civiles ont livré leurs plaidoiries ce jeudi devant les Assises

jeudi 24 novembre 2016 à 19:32 Par Géraldine Marcon et Olivier Vidal, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu

Après les dernières auditions des accusés ce jeudi matin, c'était au tour des avocats des parties civiles d'intervenir pour leur plaidoiries devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme. Le procès de l'affaire Fiona se poursuit jusqu'à ce vendredi, le verdict est attendu tard dans la nuit.

Maître Grimaud et maître Fribourg, deux des avocats des parties civiles dans le procès de l'affaire Fiona.
Maître Grimaud et maître Fribourg, deux des avocats des parties civiles dans le procès de l'affaire Fiona. © Maxppp - Rémi Dugne

Puy-de-Dôme, France

Ce jeudi après-midi, les 10 avocats des parties civiles se sont succédé à la barre pour leurs plaidoiries devant la cour d’assises du Puy-de-Dôme. Au total, huit associations de protection des droits de l’enfant se sont portées partie civile dans le procès de l'affaire Finoa. Maître Vian, avocate du père de Cécile Bourgeon a été la première à s’exprimer au nom du père de Cécile Bourgeon qui regrette, comme tous les acteurs de ce drame, que le corps n’ait pas été retrouvé.

Maître Crespin intervient ensuite au nom de deux associations, l’Enfant bleu et La voix de l’enfant. Il commence par rappeler que deux enfants meurent chaque jour de maltraitances. Il pointe la responsabilité des accusés dans cette affaire mais relève "on est tous responsables. Comment aucune aide n’a pu leur être apportée ?" Pour lui, c’est la société entière qui a failli, "c’est une obligation de dénoncer les sévices. Il y a un vide sidéral dans lequel Fiona est tombée. Notre système ne fonctionne pas !" Et d’ajouter que dans cette affaire le doute doit profiter à l’enfant.

Maître Portal avocat de la fédération des comités Alexis Danant regrette "le comportement déplorable des deux accusés" qui n’en ont pas dit plus sur la mort de Fiona, ni sur le lieu où pourrait se trouver son corps. "Du couple Bourgeon-Makhlouf, on en attendait tout mais on n’en espère rien" dit-il.

"c'est difficile de rentrer chez soi avec l'image de cette petite enfant qui agonise, seule" - Maître Costentino

C’est au tour de l’avocat de l’association Enfance et partage Maître Costentino de se lever pour entamer une plaidoirie grave et juste. Il revient sur la fausse disparition et le comportement des accusés depuis, "je n'ai jamais vu un mensonge si travaillé, on est dans le comble du mensonge : mentir pour faire croire qu'on a menti." Maître Costentino poursuit, "c'est difficile de rentrer chez soi avec l'image de cette petite enfant qui agonise, seule." Le ton est lourd quand l’avocat explique "le poids de l’effroi a écrasé la tristesse. Juger, c’est comprendre mais ici la souffrance est partout." Il termine en regardant les jurés et en leur demandant de "glisser sur Fiona un voile de vérité judiciaire, qui servira de linceul à cette fillette laissée nue."

Une petite fille seule et silencieuse

C’est au tour de maître Grimaud de prendre la parole. L’avocate d’Innocence en danger a marqué le procès en réussissant à atteindre Cécile Bourgeon à plusieurs reprises. Elle transporte la cour dans le quotidien de Fiona avec sa mère et son beau-père ; l’appartement en désordre, la drogue qui traîne partout, la petite fille seule pendant des heures, pas un bruit ne s’élève de la salle d’audience. L’avocate évoque aussi le silence de Fiona sur les coups qu’elle reçoit, "la seule fois où elle parle, elle est privée de son papa, elle comprend qu’il ne faut plus jamais parler." Le père de Fiona n’avait pas revu ses filles depuis plusieurs mois, il s’était disputé avec le couple et ne voulait plus croiser Berkane Makhlouf. Les deux hommes avaient eu une violente altercation après que la fillette lui ait confié que son beau-père lui avait fait mal.

"Le pardon arrivera… mais pas tout de suite." - Maître Fribourg, l'avocat du père de Fiona

Maître Fribourg clôture ces plaidoiries, le conseil du père de Fiona parle au nom de son client qui ne connaît toujours pas la vérité sur la mort de sa fille. "C’est invivable de ne pas savoir comment son enfant est parti, de ne pas connaitre la vérité" constate l’avocat. Il rappelle que Nicolas Chafoulais n’avait pas vu Fiona depuis plusieurs mois avant son décès, qu’il était "victime des coups, du calcul de Cécile Bourgeon et de Berkane Maklhouf." Puis Maître Fribourg revient à la petite fille, à sa vie avec les deux accusés, "elle a un drame Fiona, c’est de ressembler à son père et d’avoir une mère qui n’en est pas une. Berkane Makhlouf c’est ce père qui n’en est pas un. Il n’a pas pu recevoir Fiona. Il n’a pas pu transmettre ce qu’il n’avait pas reçu." Il termine son intervention en évoquant la petite sœur de Fiona, aujourd’hui âgée de 6 ans et qui vit avec son père, "elle, c’est l’avenir. Un jour, il faudra qu’elle voit sa mère, ce jour n’est pas arrivé. Le pardon arrivera… mais pas tout de suite."

L’audience reprend ce vendredi matin avec la suite les réquisitions et les plaidoiries de la défense.

→ A lire aussi : l'affaire Fiona sur France Bleu