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Faits divers - Justice
Dossier : L'affaire Élodie Kulik

Procès Kulik : "Un frère, ça reconnaît la voix de sa sœur", les proches d'Élodie témoignent aux assises

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu, France Bleu Picardie, France Bleu Nord

Au procès du meurtrier présumé d'Elodie Kulik devant les assises de la Somme, les proches de la jeune femme assassinée en janvier 2002, son frère et son père, ont pris la parole ce mercredi 4 décembre 2019. Deux témoignages poignants.

Jacky Kulik, le père d'Elodie Kulik enlevée, violée et assassinée en 2002, au procès du meurtrier présumé de sa fille devant les assises de la Somme à Amiens.
Jacky Kulik, le père d'Elodie Kulik enlevée, violée et assassinée en 2002, au procès du meurtrier présumé de sa fille devant les assises de la Somme à Amiens. © Radio France - Elodie Touchais

Amiens, France

Depuis dix-sept ans, le père d'Élodie Kulik, Jacky Kulik, n'a jamais cessé de se battre pour connaître la vérité sur la mort de sa fille. Toute sa famille a été touchée par le drame, le père d'Élodie et son frère, Fabien, ont témoigné ce mercredi 4 décembre 2019 devant la cour d'assises de la Somme qui juge l'un des meurtriers présumés de la jeune femme depuis onze jours

On nous prenait pour des jumeaux

C'est le frère d'Élodie qui prend la parole en premier. C'est la première fois qu'il s'exprime publiquement depuis que sa sœur a été retrouvée assassinée en janvier 2002. "Je suis venu parler de ma sœur, je ne vais pas vous raconter qu'elle était belle ou intelligente, ni vous parler de notre enfance, de notre adolescence. Je vais partager avec vous deux souvenirs, mon premier et mon dernier avec Élodie Kulik." Fabien et sa sœur avaient 13 mois d'écart, "on nous prenait pour des jumeaux." Le premier souvenir de Fabien : "C'est un peu à cause d'elle que j'ai appris à lire. je la soupçonnais de tricher au jeu des sept familles. On avait trois-quatre ans." 

Aujourd'hui Fabien est gendarme. Son dernier souvenir avec sa sœur : "J'étais gendarme à la Garde républicaine, au tribunal de Paris. Élodie avait fait des études de droit, on lui avait dit qu'elle ne verrait jamais la cour de cassation. Je l'y ai emmenée. Elodie s'est assise dans le siège de la présidente et j'ai vu la fierté dans son regard, je me suis dit que c'était peut-être grâce à elle que j'étais là." Et à propos de l'enregistrement de l'appel au secours d'Élodie sur lequel la voix de l'accusé, Willy Bardon, a été reconnue : "Moi, _je reconnais une voix, celle d'Élodie_. Un frère reconnait la voix de sa sœur. Je vais vous dire ce qu'elle dit : «On m'assassine, au secours, il me tuent.»" En quittant la barre, Fabien, livide, a ravalé ses larmes ce mercredi midi. 

Willy Bardon m'a insulté

C'est au tour de Jacky Kulik de prendre la parole. Des notes à la main, il commence : "Willy Bardon m'a insulté. Il a dit qu'il regrettait mais il ne s'est pas excusé. Il ne sait pas _la rage qui m'étreint depuis 18 ans_. Je ne dors presque plus, revoyant le corps calciné de ma fille." Jacky Kulik a été confronté à une succession de malheurs dans sa vie : "Comment vous parler d'Elodie sans parler de ma femme, Rose-Marie ? Une force de caractère hors du commun, elle m'a aidé à me relever (NDLR, après l'accident de voiture dans lequel les deux premiers enfants du couple sont morts en 1977)." Sa femme, Rose-Marie, est morte depuis le décès d'Élodie. 

Élodie avait tout ce que ces monstres n'avaient pas

Jacky Kulik ne mâche pas ses mots pour évoquer l'accusé : "A ma famille, à Rose-Marie, à Elodie, à Fabien j'ai promis que je traquerai les criminels jusqu'à mon dernier souffle. Ma vie à moi depuis 18 ans, c'est la recherche de la vérité et je me heurte à cette omerta dans l'Aisne. _Je ne reviendrai pas sur les larmes de Willy Bardon, je ne crois pas à sa sincérité_, ni à celle de ses témoins de pacotille. Monsieur Bardon, je l'appelle Monsieur même si ça me fait mal, par respect. Le respect c'est quelque chose que je connais. Lui dire qu'il me fait honte. Et vis a vis de la gente féminine, j'ai presque honte aujourd'hui d'être un homme. La gentillesse, la réussite, Élodie avait tout ce que ces monstres n'avaient pas. C'est pour ça qu'ils l'ont tué". Et de conclure en se tournant vers les témoins : "Celle que vous appelez « la fille », « la pauvre fille », c'était Élodie. Courage et dévouement (NDLR, Jacky Kulik cite la devise des pompiers)."

Jacky Kulik le confiait au micro de France Bleu Picardie avant le début du procès, il s'était préparé comme un sportif pour l'épreuve de ce procès tant attendu mais il espérait des aveux de l'accusé sans y croire. Pour l'instant, effectivement, au fil des jours, Willy Bardon a maintenu face aux jurés qu'il n'avait rien à voir avec le meurtre et le viol de la jeune femme. Le procès se poursuivra ce mercredi après-midi avec l'interrogatoire de Willy Bardon.

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