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Faits divers - Justice
Dossier : L'affaire Élodie Kulik

Procès Kulik : condamné à 30 ans de réclusion, Willy Bardon est "en réanimation" après avoir ingéré un produit

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu, France Bleu Picardie, France Bleu Nord

Condamné ce vendredi à 30 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de la Somme pour enlèvement et séquestration suivis de mort et le viol d'Elodie Kulik en 2002, Willy Bardon a été hospitalisé "dans un état grave" après avoir ingéré un produit à l'énoncé du verdict.

Elodie Kulik, jeune employée de banque de 24 ans, avait été enlevée, violée, étranglée, puis brûlée dans la Somme en 2002
Elodie Kulik, jeune employée de banque de 24 ans, avait été enlevée, violée, étranglée, puis brûlée dans la Somme en 2002 © Maxppp - Dominique Touchart

Amiens, France

Après deux semaines de procès, Willy Bardon a été condamné ce vendredi à 30 ans de réclusion criminelle par les assises de la Somme. Les jurés l'ont reconnu coupable de l'enlèvement, de la séquestration et du viol d'Elodie Kulik en 2002 mais pas du meurtre de la jeune femme de 24 ans. La condamnation n'est pas assortie d'une peine de sûreté. 

Directrice d'une agence bancaire à Péronne, Elodie Kulik avait été retrouvée violée, étranglée, le corps en partie calciné au bord d'une route départementale à Tertry dans la Somme, à une vingtaine de kilomètres de Saint-Quentin dans l'Aisne. Après 17 ans d'enquête, Willy Bardon a été renvoyé devant les assises pour enlèvement et séquestration, viol en réunion et meurtre. 

Sa voix a été reconnue par des proches sur l'enregistrement d'un appel au secours d'Elodie Kulik reçu par les pompiers le soir de sa mort. Un autre homme est suspecté d'avoir participé au crime, Gregory Wiart, identifié par son ADN en janvier 2012 mais il est mort dans un accident de la route peu de temps après. 

Willy Bardon hospitalisé dans un état grave 

À l'énoncé du verdict, Willy Bardon a avalé quelque chose. Apparemment, il a bu un verre d'eau juste après. Les policiers l'ont évacué de la salle en urgence. Il est "en réanimation, à l'hôpital, dans un état grave et préoccupant", a indiqué le procureur de la République d'Amiens dans la soirée. 

"On ne sait pas quel est le produit qu'il a ingéré", ni "comment il a pu cacher ça" alors qu'il avait "été fouillé", a ajouté Alexandre de Bosschère, précisant qu'un proche de Willy Bardon avait "dit qu'il attenterait à ses jours s'il était condamné".

Son pronostic vital "est engagé", ont précisé ses avocats à France Bleu Picardie.  Selon nos informations, Willy Bardon aurait absorbé de la mort-aux-rats, un produit en vente libre destiné à tuer des rongeurs. 

Les jurés n'ont pas complètement suivi les réquisitions

Après cinq heures de délibération, les jurés ont donc rendu leur verdict. Et ils n'ont pas complètement suivi les réquisitions de l'avocate générale. Dans la matinée, Anne Laure Sandretto avait réclamé 30 ans de réclusion criminelle, assortis d'une peine de sûreté des deux tiers, à l'encontre de Willy Bardon. 

Elle avait demandé la condamnation pour l'enlèvement et la séquestration, suivis de la mort d'Elodie Kulik, mais l'acquittement au bénéfice du doute pour le viol et le meurtre de la jeune femme. "Je n'ai aucun doute sur la participation de Willy Bardon", avait déclaré l'avocate générale avant de prononcer ses réquisitions. 

"Je n'y étais pas, je suis innocent, je vous le jure"

Les avocats de Willy Bardon avait plaidé l'acquittement de leur client. "Douter, c'est se grandir. Pesez chacun des témoignages et si vous ne savez pas, n'hésitez pas. Juger, c'est être humble", avait lancé Stéphane Daquo aux jurés. "Quand on a trouvé le timbre de la voix, c'est l'Euromillions. Hier on vous a dit, le timbre c'est le visage de la voix. Très bien, vu la qualité de l'appel, c'est donc un visage flou qu'on a vu de manière furtive", avait critiqué l'avocat.

"Le goût pour les scénarios pervers, relations à trois, prostituées ne fait pas de lui une personnalité perverse. Willy Bardon n'a pas d'antécédents judiciaires", avait plaidé pour sa part Me Marc Bailly, deuxième avocat de la défense à s'exprimer devant les jurés. Et c'est Me Gabriel Duménil qui avait clos la plaidoirie. 

"Pour condamner, il faut une preuve, elle vous enserre, elle vous dit que c'est certain. Mais ici, le ver est dans le fruit. Même l'avocate générale a reconnu qu'elle n'avait vu ces méthodes. On franchit la ligne jaune", avait-il clamé aux jurés. 

Me Gabriel Duménil avait jugé l'enquête déloyale. "Il a fallu trouver un coupable, un coupable vivant. Quitte à en fabriquer un parce que c'est trop dur de dire à M.Kulik qu'on n'a plus rien", avait dit l'avocat. Et d'enfoncer le clou : "Élodie Kulik est la victime incontestée mais Willy Bardon est la victime collatérale de ce dossier parce qu'il est innocent".

Les derniers mots étaient revenus à Willy Bardon. Très marqué, les épaules voûtées, il avait lancé la voix brisée : "M. Kulik, je n'y étais pas, je suis innocent, je vous jure, je n'y étais pas." 

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