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Procès Mediator : des condamnations insuffisantes pour une victime haut-viennoise

- Mis à jour le -
Par , France Bleu Limousin

Les laboratoires Servier sont reconnus coupables de tromperie aggravée et d'homicides et blessures involontaires dans le scandale du Mediator, médicament jugé responsable de centaines de morts. En Haute-Vienne, il a aussi rendu malade Joy Ercole, 72 ans, qui trouve le jugement trop clément.

La pneumologue Irène Frachon, première à dénoncer le scandale du Médiator, a suivi toutes les audiences du procès et assisté au délibéré annonçant la condamnation des Laboratoires Servier.
La pneumologue Irène Frachon, première à dénoncer le scandale du Médiator, a suivi toutes les audiences du procès et assisté au délibéré annonçant la condamnation des Laboratoires Servier. © Maxppp - Vincent Mouchel

Essoufflée par le moindre effort et même par chaque conversation, Joy Ercole attendait avec impatience le dénouement du procès du Mediator, dont le jugement a été rendu ce lundi matin. Cette habitante de Rilhac Rancon, en Haute-Vienne, fait partie des plus de 6.500 personnes qui s'étaient portées parties civiles dans cette affaire, car elle-même subit de lourdes séquelles depuis qu'elle a pris ce médicament prescrit comme un coupe-faim. Elle est satisfaite que le groupe pharmaceutique soit reconnu coupable de tromperie aggravée et d'homicides et blessures involontaires. En revanche, elle déplore des peines bien trop légères à ses yeux.

Je trouve qu'ils s'en sortent bien ! - Joy Ercole

Le groupe pharmaceutique devra verser 2,7 millions d'euros et le tribunal de Paris condamne aussi Jean-Philippe Seta, l'ancien n°2 du laboratoire Servier à quatre ans de prison avec sursis. C'est moins que les 10 millions d'euros d'amende et cinq ans de prison (dont deux avec sursis) requis par le  Parquet. Et pour Joy Ercole, ce n'est surtout pas grand chose par rapport aux souffrances endurées. "Ma vie a basculé, je ne peux plus rien faire. Je trouve qu'ils s'en sortent bien !" résume-t-elle dans un soupir.

Joy Ercole, victime haut-viennoise du Mediator, réagit à la condamnation des Laboratoires Servier dans ce scandale sanitaire.

Un traitement très lourd et une vie d'angoisses

Elle a également une pensée très émue pour toutes les autres victimes, notamment une amie de Limoges qui est malheureusement décédée. Elle-même a été touchée par une valvulopathie après avoir pris ce médicament durant quelques mois, jusqu'à son retrait du marché, en 2009. Les experts ont reconnu que sa maladie cardiaque était liée au Mediator. "Depuis c'est les hôpitaux, les hôpitaux, les hôpitaux. Je suis partie à la catastrophe et j'ai un traitement assez lourd et effrayant. Je n'arrive plus à me relever, maintenant je n'attends que la mort..." 

Un jugement en demi-teinte pour son avocat

L'état de santé de Joy Ercole ne lui a pas permis d'assister au procès-fleuve ouvert en septembre 2019 à Paris et clos en juillet 2020. Elle est toutefois en contact régulier avec son avocat Maître Charles-Joseph Oudin, qui représente notamment une dizaine de victimes en Limousin.  Comme ses clients, il réagit de façon mitigée à ce résultat. 

Le Mediator reste une affaire très juteuse pour les Laboratoires Servier - Maître Charles-Joseph Oudin, avocat de victimes en Limousin

D'une part, il y a la satisfaction de voir Servier condamné "pour des faits d'une énorme gravité : avoir tué, avoir blessé et avoir délibérément trompé et mis en danger la vie des patients, en ne précisant pas la toxicité du produit." Par contre, Maître Oudin comprend et partage la déception de ses clients sur le montant des amendes et des dommages et intérêts. Les parties civiles réclamaient un milliard d'euros de dommages et intérêts, mais la justice leur accorde 160 millions d'euros. 

"C'est très faible au regard de la gravité des faits et au regard du caractère lucratif des infractions. Le Mediator reste une affaire très juteuse pour les Laboratoires Servier. Ils ont réalisé des profits très importants et ces profits restent dans leurs poches." L'avocat et ses clients réfléchissent donc très sérieusement à faire appel pour obtenir des dommages et intérêts plus importants.

La réaction en demi-teinte de Maître Charles-Joseph Oudin, avocat d'une dizaine de victimes du Limousin.

Dans cette affaire, le groupe pharmaceutique Servier a par ailleurs été relaxé du délit d'escroquerie. Quant à l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), jugée pour avoir tardé à suspendre la commercialisation du Mediator, elle a été condamnée à 303.000 euros d'amende.

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