Faits divers – Justice DOSSIER : L'affaire Merah

Procès Merah : la communauté juive de Bordeaux toujours meurtrie cinq ans après la tuerie

Par Thomas Biet, France Bleu Gironde dimanche 1 octobre 2017 à 16:37

La synagogue de Bordeaux est aujourd'hui sous surveillance renforcée près de 6 ans après les attaques à Toulouse
La synagogue de Bordeaux est aujourd'hui sous surveillance renforcée près de 6 ans après les attaques à Toulouse © Maxppp -

Cinq ans et demi après la tuerie de Toulouse, le procès du frère de Mohamed Merah s'ouvre devant la Cour d’assises terroriste de Paris. Un procès suivi par la communauté juive de Bordeaux. Jonathan Sandler, l'une des victimes de l'école Ozar-Hatorah enseignait à Bordeaux.

Le procès d'Abdelkader Merah et de l’homme qui a fourni des armes à son frère Mohamed Merah s'ouvre ce lundi devant la Cour d’assises terroriste de Paris. Le frère de Mohamed Merah, Abdelkader, est poursuivi pour complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, et Fettah Malki, un délinquant toulousain, renvoyé pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Abdelkader Merah est soupçonné d'avoir été associé à des actes préparatoires aux tueries, notamment au vol du scooter utilisé par Mohamed Merah pour ses crimes, quelques jours avant les tueries. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

On parle beaucoup de la famille Merah, beaucoup moins des victimes

Plus de cinq ans après les tueries de Montauban et Toulouse, au cours desquelles trois militaires, trois enfants et un enseignant juifs ont trouvé la mort, ce procès rouvre de douloureuses plaies dans la communauté juive de Bordeaux. Jonathan Sandler, l'enseignant juif tué par Mohamed Merah avec ses deux enfants devant l'école Ozar-Hatorah enseignait à Bordeaux au sein de la communauté.

"Il était très apprécié notamment des jeunes. Ils étaient vraiment sous le choc, même lorsqu'on a célébré le premier anniversaire du deuil" raconte Emmanuel Valency, le rabbin de Bordeaux arrivé quelques mois après la tuerie. Il craint que ce procès ne donne trop d'écho aux terroristes : "On parle beaucoup de la famille Merah, mais beaucoup moins des victimes aujourd'hui, et c'est regrettable. D'autant que la tradition juive est de chasser ceux qui nous attaquent de nos mémoires".

Sentiment en partie partagé par Albert Roche, le président du CRIF de Bordeaux : "On a besoin de ce procès pour comprendre. Pour l'histoire. En même temps, revoir ces images très douloureuses, cela va être vraiment difficile". La communauté juive de Bordeaux célébrait ce samedi la fête religieuse de Yom Kipour. Des festivités qui ont lieu sous surveillance renforcée.