Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice DOSSIER : Affaire Pastor

Procès Pastor : "J’ai perdu ma mère et j’ai perdu l’homme de ma vie"

samedi 22 septembre 2018 à 6:35 Par Marion Chantreau, France Bleu Azur, France Bleu Provence et France Bleu

Les parties civiles étaient entendues, vendredi, par la cour d’assises au procès des dix accusés après les meurtres d’Hélène Pastor et de son chauffeur à Nice en 2014. Parmi elles, la fille de la milliardaire monégasque et ex-compagne du commanditaire présumée, très émue, s’est dite anéantie.

Sylvia Pastor, partie civile au procès des dix accusés impliqués dans une association de malfaiteurs et le meurtre de sa mère
Sylvia Pastor, partie civile au procès des dix accusés impliqués dans une association de malfaiteurs et le meurtre de sa mère © Maxppp - PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Nice, France

Sylvia Ratkovsky se présente à la barre, vêtue d’un tailleur veste-pantalon à petits carreaux noir et blanc, la gorge serrée, la voix basse, "pour commencer, je voulais dire que j’ai perdu ma mère et j’ai perdu un mari que j’adorais". Après un long silence, quelques larmes coulent sur ses joues, elle évoque d’abord Hélène Pastor

"On a eu ensemble un parcours un peu chaotique" 

Elle présente sa mère comme une héritière, une femme cheffe d’entreprises avec des responsabilités, "dans le sud les femmes doivent faire leurs preuves et ma mère a dû se forger une carapace". Elle et son frère Gildo travaillaient avec elle pour gérer le patrimoine immobilier familial, estimé à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Les décisions se prennent à trois, c'est parfois houleux. "J’avais un caractère plus tranché, plus rigide, mon frère ça passait mieux avec ma mère, il était plus doux avec elle." Elle décrit une femme seule, "sa vie sociale c’était nous, les vacances c’était avec ses enfants, c’était une maman qui essayait toujours de me protéger". 

"Je voulais dire que ma mère était très belle"

Le jour des tirs devant l’hôpital L’Archet à Nice, Hélène Pastor venait de rendre visite à son fils Gildo, comme tous les jours depuis qu'il avait été victime d'un AVC au mois de janvier. "Je devais venir avec elle ce jour-là et suis finalement restée avec ma fille à Monaco". Un coup de téléphone dans la soirée l’avertit qu’il y a eu une fusillade. "A 20h20, j’étais à l’hôpital Saint-Roch, ma mère est en soins intensifs, intubée. Je la vois, elle avait des impacts partout, un morceau de visage coupé, c’était tellement monstrueux que la seule chose que j’ai reconnu, c’est ses cheveux et son nez. Je voulais dire que ma mère était très belle. Je ne comprends pas pourquoi elle est dans cet état si elle a pris une balle perdue." Finalement, on l’informe des circonstances, sa mère ainsi que son chauffeur ont été pris pour cibles, lui aussi est très gravement blessé. "A l’hôpital, maman était très inquiète, déjà c’était une femme pétocharde, j’ai demandé à une société de sécurité privée de surveiller sa chambre pendant quinze jours. Elle est décédée le 21 mai."

"J’attends la vérité de lui, de tous"

Elle rencontre Wojciech Janowski lors d’une soirée caritative à Monaco organisée par son oncle. Il est polonais comme son père, ça leur fait un point commun. "On ne s’est jamais plus quittés" dit Sylvia qui a vécu 28 ans à ses côtés. Ils ont eu une fille ensemble, "c’était un père très très attentif". 

Wojciech Janowski gérait des sociétés, en Pologne notamment. Sylvia l’aidait financièrement "je pensais que ses affaires marchaient bien, je ne suivais pas vraiment, mais il avait pris un bureau plus grand, c’était bon signe", confie-t-elle. C’est lui qui gérait les dépenses courantes, "il me disait combien cela coûtait et je lui faisais un chèque".

Interrogée sur les aveux de son conjoint durant un entretien qu’ils ont eu au commissariat à Nice, à la demande de Wojciech Janowski, elle raconte : "c’était un tournis dans ma tête, il me dit qu’il est le commanditaire mais je ne sais plus quels termes il a utilisé, je lui demande s’il a pensé aux enfants, il me répond que non. Je ne comprends pas, ma mère avait 77 ans, cela faisait 28 ans qu'on était ensemble, s’il ne l’avait pas supporté il n’avait qu’à prendre la porte. 

J’ai une rage terrible. Je me souviens qu’ensuite j’ai fait un malaise

Elle dit attendre aujourd’hui la vérité "de lui, de tous", parle de "tout un monde qui s’est écroulé." A la question de maître Giaccardi, autre avocat de la partie civile qui défend son frère Gildo Pallanca, "estimez-vous que Wojciech Janowski a commandité ce meurtre ?" Elle répond "Je suis anéantie, j’ai perdu ma mère, j’ai perdu l’amour de ma vie, je n’ai plus rien. C’est tellement hallucinant que je ne sais plus quoi penser, c’est tellement immense, violent, j’aimerais que la cour me donne des réponses(…)  Je ne lui pardonnerai jamais oui, car il m’a menti, et si en plus il est le commanditaire…"