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Procès pour arnaque aux travaux de rénovation : des méthodes agressives pour forcer la main aux clients

Deux entrepreneurs sarthois et sept de leurs salariés comparaissent pour pratiques commerciales trompeuses et agressives. Une escroquerie qui aurait fait pas moins de 110 victimes. Le procès qui s'est ouvert ce 2 juillet au Mans met en lumière un système généralisé de manœuvres frauduleuses.

Les commerciaux utilisaient un logiciel bidouillé pour convaincre les clients de rénover leur habitat
Les commerciaux utilisaient un logiciel bidouillé pour convaincre les clients de rénover leur habitat © Maxppp - Jean-François FREY

Un vaste procès pour escroquerie s'est ouvert ce jeudi 2 juillet au Mans. Deux entrepreneurs sarthois et sept de leurs salariés comparaissent pour pratiques trompeuses et agressives. Ils sont soupçonnés d'avoir forcé la main d’au moins 110 clients pour réaliser des travaux de rénovation de leur habitat. Les plaignants, pour la plupart, sont dans la Sarthe, les autres vivent en Mayenne, dans l'Orne, le Calvados, la Seine-Maritime et le Maine-et-Loire.

Cette première journée d'audience a mis en lumière un système généralisé de manœuvres frauduleuses et une méthode bien huilée. 

Un argumentaire bien rodé 

Première étape : le démarchage téléphonique. Depuis un call-center de Tunisie, les opératrices ciblent des retraités et se font passer non pas pour une entreprise, mais  pour un "cabinet" ou une "agence" qui dépendrait du Ministère de l’Ecologie. Lors de la discussion, la menace d'une augmentation de 25% de la taxe foncière est agitée si le logement des propriétaires n’est pas aux normes.

Un argumentaire "malhonnête" de l’aveu même d’un des commerciaux. Des commerciaux qui n’hésitent pas à reprendre certains de ces éléments de langage sur le terrain. Eux aussi, se font passer pour un "cabinet" et sont incités à "dramatiser" la situation, selon une note retrouvée dans la voiture de fonction d'un responsable du recrutement.

Les commerciaux utilisaient un logiciel bidouillé

Pour autant, les vendeurs ont d’autres outils de persuasion dans leur sac. Par exemple, ce logiciel bidouillé qui affiche une note, forcément médiocre, pour évaluer la performance énergétique du logement. Le gérant d'une des deux entreprises mises en causes se défend de toute escroquerie et préfère parler d’un système "ludique".

"Ludique pour qui?", s’agace la présidente du tribunal. "On est juste en train de dire à quelqu’un que sa baraque est pourrie!". Dans l’audience, les têtes blanches et grises des plaignants acquiescent. La plupart ont entre 60 et 80 ans et ont cédé face à ces méthodes douteuses.

Le train de vie bling-bling des prévenus

Des méthodes qui visiblement ont permis aux neuf prévenus de mener la grande vie. Les salariés qui travaillaient pour les entreprise de Dany Fournier (Envir, Strike Management) étaient choyés : des séminaires de travail à Cannes, Amsterdam, la location d'un yacht pour 14.000 euros, du beau matériel informatique et des Iphones dernière génération.

"Il y avait beaucoup de voitures dans votre société et beaucoup de belles voitures", souligne avec ironie la présidente du tribunal en listant la dizaine de Mercedes de fonction.

A la barre, le patron, Dany Fournier, la trentaine, cheveux gominés et col roulé bleu marine ne voit pas les choses de la même manière. Avec aplomb, il met en avant un marché hyper concurrentiel et des avantages qui permettaient, selon lui, de fidéliser ses commerciaux.

"Ma mère m'a toujours dit que j'étais trop généreux", affirme l'un des chefs d'entreprise

De jeunes commerciaux de 25 ans en moyenne, peu voire pas diplômés, recrutés dans un cercle d'ami ou sur le site Le Bon coin et dont la rémunération mensuelle s'élevait à 5.000 euros par mois en moyenne. 

"Ma mère m'a toujours dit que j'étais trop généreux", se targue le chef d'entreprise. Une générosité qui visiblement ne s'appliquaient pas à ses clients à qui l'ensemble des produits étaient systématiquement surfacturés.

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