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Procès pour traite d'êtres humains en Champagne : la décision sera rendue le 11 septembre

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Par , France Bleu Champagne-Ardenne, France Bleu

Au troisième jour du procès à Reims de 6 personnes et 3 entreprises champenoises, les avocats des prestataires ont dénoncé les raisons économiques des dérives de la sous traitance des vendanges. Un sous traitant était jugé pour traite d'êtres humains. Le tribunal rendra sa décision le 11 septembre.

Caisses de raisin lors des vendanges 2018.
Caisses de raisin lors des vendanges 2018. © Radio France - Olivier Cattiaux

Dernier jour d'audience ce vendredi 3 juillet à Reims au procès pour "traite d'êtres humains" en Champagne. Six personnes et trois entreprises de prestation viticoles sont jugées depuis mercredi pour travail dissimulé, conditions d'hébergement indignes et traite d'êtres humains lors des vendanges 2018 en Champagne pour les gérants de l'un des sous traitants. Plus de 120 vendangeurs étrangers -pour la plupart des migrants- avaient été découverts par les gendarmes dans des lieux insalubres, dans l'Aube et la Marne, en août 2018. Des travailleurs afghans notamment, ont témoigné leurs conditions de vie, mais aussi de l'absence totale de contrats de travail. 

Les prestataires devenus des "fusibles" ? 

Au lendemain des réquisitions de la procureure qui a réclamé des peines allant de 6 mois avec sursis à 3 ans de prison ferme, les avocats de la défense ont invoqué les dérives des vendanges en Champagne liées aux contraintes économiques. "Aujourd'hui les maisons de Champagne ne veulent plus s'embarrasser avec le logement, les prestataires fleurissent et comme tous mon client est dépendant des maisons : en haut de la pyramide vous avez les maisons de Champagne, en bas les malheureux, et au milieu les prestataires qui sont des fusibles", a estimé Maître Nicolas Brazy, qui défend l'un des gérants du prestataire Viti-Chenille jugé entre autres pour travail dissimulé et soumission de personnes vulnérables à des conditions d'hébergement indignes. 

Je regrette, j'ai honte d'avoir été dans un système qui a abusé d'êtres humains -- le cadre de Veuve Clicquot ce vendredi

"Un procès comme ça, ça manque de couleur sans une grande maison, il faut un grand méchant, mais les vignerons qui ont travaillé avec la société Rajviti et qui apparaissent dans le dossier ne sont pas à la barre du Tribunal", déplore quand à lui Maître Gérard Chemla, l'avocat d'un cadre de la maison de champagne Veuve Clicquot, qui dit n'avoir pas su que ses prestataires faisaient eux mêmes de la sous-traitance. Au total, une quinzaine de donneurs d'ordres auraient travaillé avec la société Rajviti lors des vendanges 2018

"Le système repose sur des coûts toujours plus pressés, qui font qu'il y a de la sous traitance, mais sur le banc des prévenus depuis mercredi il n'y a que des seconds couteaux et des troisième couteaux... La maison fait pression sur le sous traitant qui fait pression sur le sous traitant", Maître Patrick Berdugo, l'avocat du couple qui gère le sous traitant Rajviti, jugé pour traite d'être humains lors des vendanges 2018. "Mes clients sont des anciens vendangeurs, ils ont crée leur société en 2016 et l'entreprise a trop grossi trop vite : en 2018, ils ont des saisonniers sur 12 sites en Champagne, ils sont 3 personnes pour gérer, il y a une désorganisation totale et tout repose sur les chefs d'équipes", affirme l'avocat. Au total, la société Rajviti a employé 420 personnes pour les vendanges en 2018, dont près de 120 pour lesquels il n'y a pas eu de contrat, ou régularisation tardive

Préjudice estimé pour la Mutualité sociale agricole : 95.000 euros 

Maître Patrick Berdugo s'est indigné ce vendredi qu'on puisse parler d'esclavagistes des temps modernes dans ce dossier. "Il n'y a pas de contrainte, dans ce dossier on a des abus, des conditions indignes mais pas d'esclavage, l'Histoire a un sens". Et de défendre ses clients : "c'est qui les monstres décrits à l'audience ? ce sont des anciens réfugiés sri lankais, qui ont une entreprise familiale, 5 enfants, une vie modeste... Ils ont eux même été abusés car les gens qui devaient leur fournir de la main d'oeuvre, ont fait des promesses que mes clients ne pouvaient pas tenir, comme l'hébergement pour le groupe de 36 afghans découverts dans l'Aube"

Or au total, ce sont plus de 120 vendangeurs qui ont été découverts par les gendarmes dans des logements insalubres lors des contrôles en août 2018 à Dolancourt dans l'Aube et à Oiry dans la Marne. D'autres lieux d'hébergement ont été mis à jour par les enquêteurs. Et la procureure a rappelé jeudi l'existence d'une facture qui atteste que les gérants de Rajviti ont acheté 200 matelas à l'été 2018

La décision du Tribunal sera rendue le 11 septembre.

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