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Faits divers – Justice

Procès pour viol conjugal aux assises de Mont-de-Marsan : "Il y a du déni" sur ce sujet

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Par , France Bleu Gascogne

Un affaire de viol conjugal est jugée à partir de ce mardi aux assises de Mont-de-Marsan. Me Cathy Garbez-Chambat est l'avocate de la victime, et elle raconte à France Bleu Gascogne les difficultés pour traiter ce genre de procès.

Le procès commence ce mardi aux assises de Mont-de-Marsan.
Le procès commence ce mardi aux assises de Mont-de-Marsan. © Maxppp - Maxppp

Mont-de-Marsan, France

Un procès pour viol conjugal s'ouvre ce mardi aux assises de Mont-de-Marsan. La victime, qui vivait à Campet-et-Lamolère, s'est faite violée à sept reprises par son conjoint. Celui-ci a d'ailleurs reconnu les faits lors de ses premières auditions. Me Cathy Garbez-Chambat est l'avocate de la victime.

France Bleu Gascogne : On parle très peu finalement de viol conjugal ? 

Cathy Garbez-Chambat : On en parle peu parce que je pense que généralement, les hommes sont poursuivis (généralement, ce sont les hommes qui sont poursuivis pour des violences conjugales) pour l’ensemble de leur œuvre, pour tout ce qu’ils ont commis sur leur épouse ou leur compagne sans que la compagne verbalise ces viols. Parce que je pense que ça fait partie du quotidien de nombreuses femmes battues. J’imagine mal une épouse que l’on bat l’après-midi qui consente le soir même à une relation sexuelle avec le plus grand bonheur du monde. Donc, voilà, je pense que ça fait partie du packaging, mais les femmes ont du mal à verbaliser cet aspect-là qui est quand même relativement intime. 

Il y a l’aspect intime, mais est-ce qu’il y a aussi le fait peut être que c’est entre conjoint, donc avoir des relations sexuelles, c’est normal donc le viol est tabou ? 

Il y a un postulat de départ qui est qu’entre époux, on est consentants. Et d’ailleurs, ce qui extrêmement surprenant, c’est de voir que la loi sur la répression du viol entre époux date de 1980. Dans le code civil, on appelait ça le devoir conjugal et qu’on le veuille ou pas, on devait consentir à des relations sexuelles. Donc, c’est assez symptomatique quand même de la difficulté pour une femme de dire "non, je n’étais pas d’accord, c’est mon mari ou c’est mon compagnon de vie mais je n’avais pas envie d’avoir une relation sexuelle"

Dans l’esprit commun, on aurait plutôt tendance à croire que c’est une circonstance atténuante. Parce que c’était l’épouse." — Me Garbez-Chambat

Ce qui est aussi notable dans l’affaire qui nous intéresse, c’est que nous ne sommes pas dans le schéma classique de la violence physique quotidienne, de la femme battue... 

Exactement. Ce n’était pas quelqu'un qui était violent au quotidien. Alors ce n’était pas le meilleur compagnon qui soit, puisqu'il y avait des agressions verbales… quand on dit à sa compagne "t’es qu’une conne", on ne peut pas dire que ce soit un mot doux... mais physiquement, il n’y avait pas eu de violences auparavant. Et ça lui est tombé dessus à ma cliente, une nuit où il est rentré et il a voulu assouvir un besoin sans prendre en considération le "non" qui lui était opposé. 

Et ce n’est pas arrivé qu’une seule fois ? 

C’est arrivé sept fois au total. 

Et la difficulté pour votre cliente aujourd'hui de témoigner, d’en parler, surtout qu’il y a le jugement de la famille, des amis, des proches ? 

C’est ça ! C’est ça puisque la famille de monsieur se plaît à dire que ce n’est pas complètement de la faute de monsieur. 

Il y a du déni quand on parle de viol conjugal ? 

Oui il y a du déni. Moi j’ai entendu même des confrères dire "oh, ça peut être correctionnalisé, c’est entre époux".

Quand on parle de correctionnalisé, ça veut dire que ce n’est pas considéré comme un crime mais comme un délit au même titre qu’une infraction routière...

Exactement, cela aurait signifié que l’on aurait poursuivi monsieur que pour des agressions sexuelles, mais il n’y a pas eu que des agressions sexuelles. Il y a vraiment eu un viol, il y a véritablement eu un crime qui a été commis contre ma cliente. Alors que le code pénal en fait une circonstance aggravante. Dans l’esprit commun, on aurait plutôt tendance à croire que c’est une circonstance atténuante. Parce que c’était l’épouse.