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Faits divers – Justice

Procès pour viol en récidive à Montpellier : "Je ne suis pas un malade sexuel"

lundi 28 janvier 2019 à 21:24 Par Salah Hamdaoui, France Bleu Hérault

Christophe Penaud, 48 ans, est jugé aux assises pour viol en récidive, agressions sexuelles et séquestration. Il s'en est pris à trois jeunes femmes, courant 2015, à Montpellier et à Pérols. Malgré une attirance flagrante pour les pieds et les collants, il refuse d'être qualifié de "malade sexuel".

Christophe Penaud risque la perpétuité
Christophe Penaud risque la perpétuité © Radio France - Salah Hamdaoui

Montpellier et Pérols, France

À l'ouverture de son procès devant la cour d'assises de l'Hérault, l'accusé a promis de dire toute la vérité après avoir reconnu, pour la première fois, tous les crimes qui lui sont reprochés. Ancien chauffeur livreur de 48 ans, il est jugé pour viol, agressions sexuelles et séquestration. Incarcéré pendant 10 ans pour viol avec violence, Christophe Penaud a récidivé moins d'un an après sa libération. Courant 2015, il s'en est pris à trois jeunes femmes, à Montpellier et à Pérols.  

J'ai un fils qui a leur âge et j'en ai marre de porter tout ça. J'ai envie de parler, je leur dois la vérité"- Christophe Penaud en parlant des trois victimes

Une question qui taraude tout le monde lui est posée par l'avocate d'une des victimes, Me Péchevis: "qu'est ce qui a déclenché ces passages à l'acte criminels à répétition, avec un modus operandi identique?" "J'ai fait un gros travail sur moi même mais je n'ai pas trouvé la cause" confie l'accusé. Le crâne rasé, tatouage dans le cou et le visage émacié, Christophe Penaud a le verbe facile, parle avec assurance. "J'ai beaucoup de mal à comprendre, à me comprendre". Il raconte le suivi en prison et après la prison, psychiatre, psychologue qui ne lui ont rien apporté. 

Malade ou non?

Il refuse de donner du sens à l'attirance sexuelle qu'il semble avoir pour les pieds et les collants. Et malgré la répétition des passages à l'acte, il est sûr d'une chose : il n'est pas un malade sexuel. Même son avocat, Me Jimenez, s'en étonne : "C'est effectivement une interrogation que j'ai moi-même, évidemment. Il est non pas dans une forme de déni mais de secret. Il aurait peur de s'avouer qu'il a un trouble quelconque, une maladie, peut-être tout simplement pour ne pas se faire peur à lui-même".

C'est quelqu'un de violent, agressif, je dirais dangereux et qui manipule les gens"- L'ex-compagne de l'accusé avec qui elle a eu un garçon

Christophe Penaud refuse le mot fétichiste et préfère dire qu'il se "tape des délires sexuels". Il refuse le mot fantasme et préfère dire qu'il a des pulsions, qu'il est dominateur, en mettant parfois cela sur le compte du cannabis qu'il fume depuis qu'il a 15 ans. Il refuse de parler de viol pour une fellation imposée "La loi dit que oui, c'est vrai, mais pour moi c'est une agression sexuelle". Dans le même temps, il assure avoir bien conscience de la gravité de ses gestes, même s'il ne fait pas ça "pour faire du mal". Mais quand une avocate de la partie civile lui demande "si vous n'aviez pas été interpellé, vous auriez continué?", il répond sans hésiter "sûrement".

Elle s'est dit qu'elle n'allait pas sortir de là vivante

Christophe Penaud n'aura pas un seul regard pour la première des ses victimes à la barre : Nathalie (le prénom a été changé, ndlr), une étudiante britannique de 22 ans qui, un soir d'octobre 2015 à Pérols, a été projetée dans les ronces par un inconnu. Pieds et poings liés avec un collant, les yeux bandés, enfermée dans un coffre de voiture pendant toute une nuit, ils ont roulé sans avoir où elle se trouvait. Après son enlèvement, grâce à son portable, elle a pu prévenir sa sœur, ses parents et un ami qui ne l'a pas prise au sérieux. Son agresseur lui a imposé deux fellations et des pénétrations digitales avant de l'abandonner à Montpellier.

Elle ne veut pas être cataloguée comme étant sa victime. Elle veut pouvoir reprendre la contrôle de sa vie, elle veut pouvoir avancer. Elle est très fière de ce qu'elle est devenue maintenant même si elle sait qu'à un moment, il faudra qu'elle se soigne, c'est inéluctable. Mais pour l'instant, on enferme tout dans une petite boîte"- Me Chaigneau, l'avocat d'une des victimes

Le récit de son calvaire a pu dérouter : empreint d'une certaine légèreté ou de sarcasme. La présidente de la cour lui a même fait remarquer que parfois elle avait le sourire. Nathalie assume : "cette personne m'a suffisamment gâché la vie et je refuse que ça continue plus longtemps que ça". Son avocat, Me Chaigneau, décrypte : "elle sa manière à elle de se reconstruire et de se protéger, c'est de mettre tout ce qui s'est passé dans une petite boîte. Et de construire des murs autour de cette petite boîte pour continuer à vivre".