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Faits divers – Justice DOSSIER : Procès Jacques Rançon

Procès Rançon : deux parties civiles tentent d'agresser l'accusé à l'issue d'une audience insoutenable

mercredi 14 mars 2018 à 14:17 Par François David, France Bleu Roussillon et France Bleu

À l’issue d’une matinée d’audience insupportable, où la cour d'assises des Pyrénées-Orientales s’est penchée sur le meurtre de Marie-Hélène Gonzales et les mutilations pratiquées sur son corps, les deux frères de la victime ont tenté ce mercredi d’agresser l'accusé dans son box.

© Maxppp - Michel Clementz

Perpignan, France

Ce mercredi midi, le couvercle a explosé. Trop de souffrance, trop de douleur. Au moment où le président  de la cour d'assises suspendait l’audience, les deux frères de Marie-Hélène Gonzales ont bondi de leur chaise, sauté par-dessus le banc de la défense, et tenté de frapper Jacques Rançon à travers l’orifice du box vitré. 

« Leur réaction est humaine, épidermique et compréhensible », tente d’expliquer leur avocat Maître Etienne Nicolau, qui parle d’un comportement "presque prévisible" tant l’audience de la matinée a tourné à la séance de torture.

Du côté de la défense, l’avocat de Jacques Rançon, Maître Xavier Capelet, veut également jouer l’apaisement. « Leur réaction est logique. On ne peut pas leur reprocher. La tension aujourd'hui était à son paroxysme » 

L’audience tourne au supplice pour les parties civiles

Car ce mercredi matin, la Cour se penchait sur le meurtre et le viol de Marie-Hélène Gonzales, 22 ans, retrouvée en juin 1998 sur un terrain vague de Perpignan, décapitée, amputée des mains, et totalement éviscérée. 

Debout dans son box, Jacques Rançon raconte l’agression. « Je l’ai prise en stop. Je l’ai emmenée tant bien que mal sur un terrain vague. Comme elle protestait, d’une main je conduisais, de l’autre je la maintenais sur son siège. »

Une fois arrivé sur les lieux, « j’ai mis son siège en position couchette. Je l’ai forcée à se déshabiller. J’ai essayé de lui faire l’amour. Elle se débattait, elle criait. Alors, j’ai attrapé un fil électrique dans la boîte à gants, je l’ai étranglée. »

« Puis je l’ai sortie de la voiture, je l’ai traînée sur le terrain vague. Je lui ai coupé la tête et les mains ». Jacques Rançon tente de dissimuler le corps sous des déchets, « un tapis, des branchages » qu’il ramasse aux alentours. Puis il place la tête et les mains dans un sac-poubelle, dont il va se débarrasser dans un fossé, vingt kilomètres plus loin, à Saint-Jean-Lasseille. « Et après, je crois que je suis rentré à l’hôtel ».

Rançon donne 50 francs pour les obsèques

Quelques semaines plus tard, la découverte du cadavre mutilé provoque un électrochoc à Perpignan, six mois après le meurtre similaire de Moktaria Chaïb. Au marché Saint-Charles, où travaille la mère de Marie-Hélène, une collecte est organisée pour financer les obsèques. Jacques Rançon donne 50 francs.

« Comment est-ce possible de participer à la gerbe d’obsèques de la personne que l’on a soi-même découpée », demande le président. « C’était pour détourner les soupçons » avoue Jacques Rançon.

La question des mutilations

Jacques Rançon répète devant la Cour ce qu’il a déjà expliqué devant les enquêteurs. S’il a découpé la tête et les mains de sa victime, c’était pour « empêcher l’identification du corps ».  Mais pourquoi avoir aussi découpé les parties génitales (qui n’ont jamais été retrouvées) ? Et qu’en est-il de l’éviscération ?

Devant la Cour, le médecin-légiste livre un insupportable compte-rendu. « Une éviscération complète comme celle-ci, je n’en ai jamais vu d’autre dans ma carrière. Tous les organes ont été prélevés, cœur, foie, reins, rate et intestins. Il ne restait que la vessie. Ces actes ont nécessité de la détermination, de la persévérance et du temps. Ils n’ont pu être réalisés que par quelqu’un ayant certaines connaissances en anatomie» 

La piste d’un troisième meurtre ?

Étrangement, alors que Jacques Rançon dit ne plus se souvenir avoir éviscéré sa victime, en revanche il est persuadé –à tort- de lui avoir découpé les pieds. Il l’avait dit lors de la reconstitution, il l’a redit devant la cour d’assises. Comme si les souvenirs se mélangeaient dans sa tête, comme s’il confondait avec un autre événement…

Soudain, le président l’interroge : « le 30 août 1998, à 17h15, vous êtes contrôlé pour défaut de ceinture à Remoulins dans le Gard. Que faisiez-vous là-bas ? ». Jacques Rançon est incapable de donner une explication rationnelle. Il n’a dans la région ni amis ni famille. 

Mais le président ferme la parenthèse, sans pousser plus loin les questions.  Comme s’il avait seulement voulu entrouvrir une porte, sans regarder pour l'instant ce qu'il y a derrière.