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Faits divers – Justice
Dossier : Affaire "du bébé dans le coffre"

Procès Serena à Limoges : un psychiatre évoque un "syndrome de choc post-traumatique" chez l'accusée

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Par , France Bleu Limousin, France Bleu

Un seul témoignage a occupé la cour d'assises de la Haute-Vienne ce vendredi, pour le cinquième jour du procès Serena. Un psychiatre cité par la défense a parlé de ses travaux sur le déni de grossesse. Il estime que Rosa Da Cruz a subi un "syndrome de choc post-traumatique."

Le procès en appel de l'affaire Serena se déroule devant la cour d'assises de la Haute-Vienne.
Le procès en appel de l'affaire Serena se déroule devant la cour d'assises de la Haute-Vienne. © Radio France - Nathalie Col

Limoges, France

Durant cinq heures ce vendredi, le docteur Michel Libert a partagé son expérience et répondu à de nombreuses questions sur le déni de grossesse devant la cour d'assises de la Haute-Vienne. Ce psychiatre et pédo-psychiatre était cité comme témoin par l'avocate de Rosa Da Cruz, jugée en appel pour dissimulation et maltraitance de Serena, découverte à presque deux ans dans le coffre de sa voiture. 

Après avoir expliqué le phénomène du déni de grossesse, le docteur Libert a donné des exemples piochés dans la centaine de cas qu'il a étudié au fil des années. Il estime tout à fait possible que pendant 23 mois, Rosa Da Cruz n'ait pas réalisé que Serena était une enfant. Il parle d'un état de confusion et de dissociation. Ça expliquerait qu'elle a pu la nourrir et la maintenir en vie, sans pour autant prendre conscience de la réalité. Par ailleurs, le déni de cette enfant par sa mère aurait pris plusieurs formes au fil des mois.

"Ce sont des hypothèses" précise le psychiatre qui n'a pas examiné Rosa Da Cruz, mais apporte un éclairage sur ce dossier en se basant sur son expérience. Un point qui fait justement bondir les avocats des parties civiles, puisqu'en tant que simple témoin, le psychiatre n'a pas non plus connaissance des pièces du dossier. L'avocat général s'en étonne aussi et s'agace ensuite de devoir reformuler plusieurs fois une question à laquelle le médecin semble avoir du mal à répondre. "Est-ce que priver un enfant de soin et l'enfermer, c'est de la maltraitance ?" Très mal à l'aise, le témoin finit par dire prudemment que "sur le plan médical, c'est de la maltraitance, mais ça n'induit pas forcément la responsabilité de la mère." 

Agacée à son tour de voir son témoin malmené, l'avocate de la défense rappelle qu'elle a fait venir le docteur Libert comme témoin et non comme expert. Elle l'interroge ensuite sur un cas qu'elle juge sans précédent, puisque Rosa Da Cruz a fait trois dénis de grossesses, avec trois enfants qui ont vécu même si le cas de Serena est effectivement très particulier. Le psychiatre estime que l'accusée a subi plusieurs traumatismes avec ses deux précédents dénis de grossesse, pour lesquels elle n'a jamais été suivie. Il évoque un "syndrome de choc post traumatique, car elle a été confrontée à une somme d'émotions incompréhensibles et intenses que son psychisme n'est pas capable d'absorber." Dans cette affaire, il estime que la mère est autant victime que l'enfant et qu'elle n'est "pas une manipulatrice."

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