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Faits divers – Justice
Dossier : Affaire "du bébé dans le coffre"

Procès Serena à Limoges : une première passe d'armes autour du déni de grossesse

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Par , France Bleu Limousin, France Bleu

Le procès en appel de l'affaire Serena s'est ouvert ce lundi devant les assises de la Haute-Vienne. Rosa Da Cruz est rejugée pour avoir dissimulé durant 23 mois l'existence de sa fille et l'avoir privée de soins, au point de causer des dégâts irréversibles. La défense invoque le déni de grossesse.

Des jouets souillés et un biberon font partie des scellés présentés au procès en appel de l'affaire Serena, devant les assises de la Haute-Vienne.
Des jouets souillés et un biberon font partie des scellés présentés au procès en appel de l'affaire Serena, devant les assises de la Haute-Vienne. © Radio France - Nathalie Col

Limoges, France

La cour d'assises de la Haute-Vienne a été le théâtre d'un débat enflammé ce lundi après-midi autour de la question du déni de grossesse, sujet central du procès en appel de Rosa Da Cruz. Cette mère de famille de Brignac-la-Plaine, en Corrèze, comparaît pour avoir caché la naissance et l'existence de la petite Serena durant près de deux ans, jusqu'à sa découverte en octobre 2013 dans le coffre de sa voiture. 

La fillette est aujourd'hui lourdement handicapée, ce qui a valu à sa mère une condamnation à cinq ans de prison dont deux ferme, en première instance devant la cour d'assises de Tulle. Et comme lors de ce premier procès, sa défense s'articule autour de cette délicate notion de déni de grossesse et déni d'enfant. 

Avant d'aborder ce point, l'accusée a d'abord été priée de raconter sa vie et son parcours par la présidente de la cour d'assises. Rosa Da Cruz a ainsi évoqué son enfance, sa scolarité interrompue à la fin de la troisième et ses petits boulots de saisonnière agricole, puis en intérim dans des usines, puis en maison de retraite. Elle a aussi parlé de ses trois premiers enfants. 

Pour l'aîné, la grossesse s'est déroulée normalement. En revanche son deuxième garçon est né lors de vacances au Portugal, alors qu'elle ignorait qu'elle était enceinte. Deux jours plus tôt, elle avait conduit d'une seule traite entre la Corrèze et le Portugal. "1.200 kilomètres, 18 heures sans m'arrêter" explique-t-elle à la barre. "A l’hôpital on me l'a mis sur le ventre, j'ai eu du mal à l'accepter." A son retour, elle assure que tout le monde a pris cette histoire à la rigolade, même son médecin généraliste qui ne lui aurait proposé aucun accompagnement sur le plan psychologique. 

Tout le problème est là selon le Professeur Delcroix, cité par la défense. Ce spécialiste de gynécologie obstétrique a livré une charge virulente contre le manque de suivi et d’accompagnement de Rosa Da Cruz, non seulement après ce premier déni de grossesse, mais aussi après la découverte tardive de sa troisième grossesse, trois mois seulement avant la naissance de son troisième enfant, une fille née deux ans avant Serena.

A chaque fois, elle a demandé de l’aide. Elle n’a eu au mieux qu’une médecine vétérinaire ! - Professeur Delcroix

Selon cet expert, le déni de grossesse est encore trop méconnu dans le corps médical alors que c'est "un fait médical avéré qui touche 80 femmes par an en France et qui peut exceptionnellement, comme dans ce cas, se prolonger en déni d'enfant." De leur côté, les avocats des parties civiles estiment que cette thèse ne correspond pas à ce qui s'est passé pour Serena et ils reprochent à l'expert de ne pas avoir tenu compte de tous les éléments dans le dossier. L'avocat général estime pour sa part que le professeur, qui parle avec beaucoup de fougue, "outrepasse" sa mission par moments. Il l'interroge : "Que diriez-vous si un psychiatre faisait une expertise gynécologique ? Vous lui diriez de s'occuper de ses affaires ?" La tension est alors à son comble et conduit l'expert à réaffirmer vigoureusement son impartialité. "Je ne suis pas l'avocat d'une partie et d'une cause" assure le Professeur Delcroix qui dit aussi n'avoir jamais vécu un procès où l'on mettait ainsi en doute son expertise. La question du déni de grossesse fera sans aucun doute l'objet d'autres débats durant ce procès.

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