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Faits divers – Justice

Procès sur fond de rivalité entre quartiers à Reims : des peines lourdes requises

mercredi 27 mars 2019 à 18:26 Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne

Dix hommes sont jugés depuis mardi devant le tribunal correctionnel de Reims pour violences aggravées pour des faits qui se sont produits en mars 2018 dans le quartier Croix rouge à Reims. Jusqu'à 8 ans de prison ferme ont été requis ce mercredi 27 mars.

Les avocats de la défense ont démonté point par point la version de la victime.
Les avocats de la défense ont démonté point par point la version de la victime. © Radio France - Sophie Constanzer

Reims, France

Pour les huit hommes accusés d'avoir tendu un guet-apens à l'entraîneur de basket, des peines allant de un an à 7 ans de prison ferme ont été requis ce mercredi 27 mars par la procureur de la République. Ils sont accusés d'avoir tabassé un entraîneur de basket sans histoires le 16 mars 2018 dans le quartier Croix rouge à Reims. Quant aux deux frères accusés d'avoir tiré des coups de feu dans le quartier Croix rouge, le lendemain de l'agression, la procureur de la République a demandé à leur encontre 7 et 8 ans de prison ferme

Des peines lourdes pour envoyer un message à la jeunesse des quartiers -- Amandine Boyer, procureur de la République

Car si l'enquête n'a pas permis de dire pourquoi l'entraîneur de basket s'est fait tabassé, c'est semble t-il "une guerre entre quartiers Croix rouge et Wilson" à Reims qui serait à l'origine de cette flambée de violence des 16 et 17 mars 2018. "Les violences ont franchi un seuil inédit en 2018 dans ces deux quartiers", rappelle la procureur de la République. "23 jeunes enfants étaient présents au gymnase au moment de l'agression qui a duré 3 minutes et qui causé 36 jours d'ITT : il a fallu frapper vite et fort ! Et le seul tort de la victime est d'avoir un frère connu dans le trafic de drogue et de venir du quartier Wilson!", souligne Amandine Boyer qui ajoute que c'est bien la loi du silence qui a été observée durant l'enquête. 

Manque de preuves matérielles et fragilité de la vidéo au coeur des débats

Il ne faudrait pas en faire un "procès pour exemple", selon Maître Nicolas, qui défend trois frères accusés d'avoir participé à l'agression de l'entraîneur de basket, au gymnase Lapique. Certes, le lieu des faits se situe à 500 mètres de leur domicile et leur alibi est "précaire", mais il manque des éléments "indiscutables" selon l'avocat. "La vidéo qui a permis de les identifier est bancale, et le témoignage de la victime manque de précision. Qui est responsable de quoi et comment ? on a pas la réponse!", plaide Maître Nicolas. 

Manque de preuves matérielles, c'est que plaide également Maître Miravete,qui défend deux autres prévenus accusés d'avoir participé au guet-apens : "ils sont encapuchonnés, à moitié cagoulés, c'est donc impossible de reconnaître des individus en capuches à 140 mètres quand ils sont devant le magasin Spar. Et ensuite l'agression a lieu dans le local à ballons, un espace réduit, et aucune trace ADN n'a été retrouvée sur les vêtements". Les avocats ont demandé la relaxe pour les 8 prévenus accusés de violences aggravées à l'encontre de l'entraîneur. 

Les coups de feu le 17 mars c'est la version 2 d'un mauvais film -- la procureur de la République

La relaxe, c'est aussi ce que demande l'avocat des deux frères, originaires du quartier Wilson et accusés d'avoir tiré des coups de feu devant le magasin Spar le 17 mars 2018. "Quatre impacts de balles ont été découverts dans la supérette ! ", rappelle la procureure, pour dire que c'est un miracle s'il n'y a pas eu de victime. Ce jour là, un témoin voit trois individus sortir d'une voiture, traverser la voie ferrée, et s'engouffrer dans une maison. C'est là que les deux frères sont interpellés, mais ils nient en bloc. 

Les résidus de tir retrouvés sur leurs mains des deux individus ? "Quelqu'un s'est introduit chez moi", a clamé l'un des deux frères. La carte clé de la Megane brûlée retrouvée au domicile ? "Rien ne dit que la carte correspond à la Renault Megane qui a servi à commettre les coups de feu", souligne Maître De la Roche. L'avocat qui estime que les peines requises sont démesurées au vu des conséquences des violences -personne n'a été blessé par les coups de feu-. 

La décision du tribunal doit être rendue ce jeudi 28 mars.