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Faits divers – Justice

Procès Tarnac : Julien Coupat et Yldune Levy relaxés

jeudi 12 avril 2018 à 10:51 Par Valentine Joubin, France Bleu Paris, France Bleu Creuse, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure), France Bleu Limousin et France Bleu

Le tribunal correctionnel de Paris relaxe les deux principaux prévenus dans l'affaire de Tarnac. Ils étaient poursuivis pour la dégradation d'une ligne SNCF en 2008, en région parisienne."L'audience a permis de comprendre que le groupe de Tarnac était une fiction", estime la présidente du tribunal.

Le corrézien Julien Coupat à l'ouverture du procès Tarnac, à Paris.
Le corrézien Julien Coupat à l'ouverture du procès Tarnac, à Paris. © Maxppp - Maxppp

Corrèze, France

Un seul prévenu condamné sur les huit poursuivis

Dix ans après le sabotage de lignes TGV, les deux principaux prévenus dans l'affaire de Tarnac ne retourneront pas en prison. Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le corrézien Julien Coupat et Yldune Levy, son ex-compagne, pour les faits les plus graves qui leur étaient reprochés : la dégradation d'une ligne SNCF dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 à Dhuisy, en Seine-et-Marne. La présidente du tribunal a estimé que le procès verbal de surveillance comportait trop d'erreurs et d'imprécisions.

Benjamin Rosoux, gérant du Magasin Général, et seul prévenu résidant encore dans le village corrézien, échappe, lui aussi, à une condamnation pour refus de prélèvement ADN. Des huit personnes poursuivies, seule une est condamnée. Il s'agit de Christophe Becker qui écope de 4 mois de prison avec sursis, pour "recel de vol", "tentative de falsification d'un document administratif" et "refus de prélèvement ADN". 

Le procureur avait requis jusqu'à six mois de prison ferme

Le procureur avait demandé entre 1.000 euros avec sursis et 6 mois de prison ferme. Des peines "symboliques" qui devaient éviter la prison aux huit prévenus, dont certains ont connu des mois de détention provisoire.  "Il faut prendre en compte le temps passé et (leur) personnalité. Et la société n'aurait rien à gagner à ce qu'ils soient condamnés à des peines qui les ramèneraient en prison", avait expliqué le procureur Olivier Christen. Les avocats de la défense avaient, eux, plaidé une relaxe générale en demandant notamment au tribunal de refuser d'avaliser "les méthodes" employées par l'antiterrorisme dans ce dossier.

Un procès transformé en tribune politique

Le procès Tarnac, qui s'est tenu du 13 au 30 mars, aura été hors norme à plus d'un titre. Des militants qui arrivent masqués devant le palais de justice, des prévenus qui n'hésitent pas à manger pendant l'audience. Julien Coupat et ses camarades libertaires ont désorganisé, accaparé les débats, assurant eux-mêmes leur défense. Pendant trois semaines, ils se sont efforcés de démontrer les failles d'une enquête souvent qualifiée de fiasco judiciaire. Evènement rarissime, le tribunal s'est déplacé en pleine nature pour vérifier la conformité d'un procès-verbal contesté.

L’impressionnant déploiement policier à Tarnac en Corrèze le 11 novembre 2018 lors de l'arrestation de cinq suspects. - AFP
L’impressionnant déploiement policier à Tarnac en Corrèze le 11 novembre 2018 lors de l'arrestation de cinq suspects. © AFP - Thierry Zoccolan

Dix ans de procédures et de polémiques

L'affaire avait spectaculairement débuté le 11 novembre 2008 par l'arrestation devant les caméras de télévision d'une dizaine de membres d'une communauté libertaire installée à Tarnac, un petit village de Corrèze, par 150 policiers cagoulés. Quelques jours plus tôt, les 7 et 8 novembre, des caténaires de lignes SNCF avaient été sabotées dans l'Oise, l'Yonne et en Seine-et-Marne, provoquant une véritable pagaille avec plus d'une centaine de TGV bloqués et 20.000 voyageurs en rade. Ces faits, initialement considérés par l'accusation comme terroristes ont finalement été rétrogradés en délits de droit commun par la justice, après l'abandon de la première qualification par la Cour de cassation au terme de neuf ans d'enquête et de polémiques.