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Faits divers – Justice

Au premier jour de son procès devant les assises à Nice, le bijoutier Stéphan Turk mis en difficulté

mardi 29 mai 2018 à 6:26 Par Marion Chantreau, France Bleu Azur et France Bleu

Stéphan Turk est jugé cette semaine devant la cour d'Assises des Alpes-Maritimes pour meurtre et détention illégale d'arme. Le commerçant est accusé d'avoir tué un braqueur de 19 ans, qui venait de le cambrioler sous la menace d'une arme, le 11 septembre 2013.

Stéphan Turk comparait libre devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour le meurtre d'un braqueur en 2013
Stéphan Turk comparait libre devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour le meurtre d'un braqueur en 2013 © Maxppp - Frantz Bouton

Nice, France

Un des faits marquants du premier jour du procès, lundi, c'était la diffusion des images de vidéosurveillance de la bijouterie, le jour du braquage. On y voit le commerçant ouvrir sa boutique, il est 8H45 et quelques secondes plus tard, deux hommes casqués, armés de fusils font irruption et lui intiment l'ordre d'ouvrir le coffre, tout en le violentant.  L'un des braqueurs met en joue Stéphan Turk, l'autre vide le coffre. L'agression est relativement longue, elle dure 2 minutes et 43 secondes. 

Reportage - compte rendu d'audience

Stéphan Turk tente se défendre : "J'ai tiré instinctivement par peur de mourir"

Les deux braqueurs sortent de la boutique, puis le bijoutier apparaît, marchant calmement en direction du rideau métallique, au seuil du commerce. Il s'agenouille, un pistolet caché derrière son dos. Le scooter démarre et une fois le deux-roues à sa hauteur, il tire à trois reprises. 

Stéfan Turk dit qu'il a tiré "instinctivement, par peur de mourir, sans réfléchir". A 72 ans, il comparait libre, parle dans un français difficilement compréhensible. D'origine Libanaise, il est arrivé en 1983 et ouvre la boutique rue d'Angleterre en 2001. 

"Pourquoi n'avez-vous pas appelé la police, ou prévenu quelqu'un", interroge le président. "J'ai réagi à chaud" répond Stéphan Turk.  "Un an avant,  j'ai vécu un braquage à la disqueuse en pleine nuit. Je craignais qu'ils reviennent avec des complices tente-t-il de se défendre. J'ai aussi perdu ma vie, je suis un mort vivant. "  

Il explique avoir voulu parlementer avec les braqueurs pour récupérer le butin, mais il a vu l'un des malfaiteurs se retourner sur le scooter et le viser avec le fusil à pompe. Une version contestée par les parties civiles, et qui ne peut être validée par la vidéo-surveillance, ni pas les témoins très versatiles. 

"Il n'y a pas légitime défense" répètent les parties civiles 

Pour Philippe Soussi, l'avocat des parties civiles,  les images sont édifiantes : "Stéphan Turk a la ferme intention de ne pas laisser repartir les braqueurs. Trois tirs volontaires, successifs, à courte distance sur des personnes qui s'enfuient, ça ne peut pas être de la légitime défense. Il nous dit qu'il voulait discuter avec eux pour récupérer ses biens mais il a tiré." 

Sur le banc des parties civiles, les deux sœurs d'Anthony Asli, le braqueur de 19 ans décédé, un frère, et sa compagne, enceinte de 4 mois au moment des faits. Devant les images, les sœurs de la victime fondent en larmes. Alexandra Asli, à la sortie de la salle d'audience explique qu'il est "difficile de se replonger 5 ans en arrière. C'est une vidéo violente, et je conteste ce qu'a fait mon frère, mais voilà la seule chose que j'ai vu sur ces images ce sont les derniers mouvements de mon frère en vie."

Quelques secondes après les tirs,  le corps de la victime tombe à terre, rue d'Italie, le passager du scooter âgé de 19 ans a été blessé mortellement, d'une balle à l'omoplate.