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Faits divers – Justice

Procès USO foot : lourdes réquisitions contre Claude Fousse, plus clémentes pour Philippe Boutron

jeudi 11 octobre 2018 à 18:43 Par François Guéroult et Christophe Dupuy, France Bleu Orléans

Lors du procès cet après-midi autour des fausses factures à l'USO foot, le procureur a requis de la prison ferme pour Claude Fousse, l'ancien président du club. En revanche, il n'a demandé que du sursis pour l'actuel président Philippe Boutron, sans interdiction de gérer.

Claude Fousse aux côtés de son avocat Me Jérôme Wedrychowski
Claude Fousse aux côtés de son avocat Me Jérôme Wedrychowski © Radio France - Christophe Dupuy

Orléans

3 ans dont 18 mois de prison ferme, 200 000 euros d'amende et une interdiction de gérer une entreprise ou une association à caractère sportif : voilà ce qu'a requis cet après-midi devant le tribunal correctionnel d'Orléans Nicolas Bessone, le procureur de la République, à l'encontre de Claude Fousse, l'ancien président de l'USO foot, dans le procès des fausses factures du club de Ligue 2. Les réquisitions ont en revanche été moins sévères à l'encontre de Philippe Boutron, l'actuel président de l'USO foot : 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d'amende, et surtout, aucune interdiction de gérer - si les juges suivent ces réquisitions, Philippe Boutron pourra donc rester à la tête du club de Ligue 2.

250 000 euros de fausses factures

Au cœur de cette affaire : une somme de 250 000 euros qui a transité à l’automne 2014 des comptes de l’USO Foot à ceux de sociétés de Claude Fousse, en tant que promoteur immobilier.  La justice reproche à Claude Fousse de s’être servi dans les caisses du club de football pour renflouer ses sociétés de constructions de maisons individuelles qui connaissaient alors des difficultés financières. L’USO vient alors d’accéder en Ligue 2 : Claude Fousse, à l'époque co-président du club, fait lui-même un chèque de 250 000 euros pour une de ses sociétés. Le commissaire aux comptes de l’USO tire la sonnette d’alarme, Claude Fousse rembourse mais quelques jours plus tard 4 fausses factures sur de prétendus travaux de rénovation du stade de la Source sont émises par le directeur financier de son groupe pour récupérer la somme... Et, selon les enquêteurs, en toute connaissance de cause de la part de l'autre co-président du club, Philippe Boutron, aujourd'hui seul à la tête de l'USO.

Des acrobaties financières

Pour le procureur, il ne fait aucun doute : les deux hommes savent pertinemment que ces 4 factures étaient fausses. "Ces fausses factures, c'est une reprise de volée dans la lucarne !" s'est écrié Nicolas Bessone. Et le magistrat poursuit dans la métaphore sportive : "On n'est plus dans le football, on est dans le patinage artistique". Des "acrobaties financières", donc, car "la danseuse" - le club de foot - a coûté cher. Les deux hommes ont mis beaucoup d'argent pour que l'USO foot accède à la Ligue 2, mais, en parallèle, leurs sociétés respectives ont battu de l'aile : une totale déconfiture pour Claude Fousse, mais aussi des difficultés pour Philippe Boutron qui s'est lui aussi fait un chèque (d'un montant de 180 000 euros) avec l'argent de l'USO pour renflouer ses sociétés. Mais à la différence de Claude Fousse, Philippe Boutron, lui, a remboursé intégralement, et un peu plus tard, le club... Au final, un jeu trouble avec la comptabilité - jusqu'à ce que le commissaire aux comptes de l'USO ne siffle la fin du match : c'est lui qui écrit au procureur, en avril 2015, estimant que les pratiques au sein du club sont devenues trop graves.

Le tribunal correctionnel d'Orléans rendra son jugement le 6 décembre prochain