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Producteur tabassé : quatre policiers mis en examen, les syndicats de police font front

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu, France Bleu Paris

Dans l'affaire du producteur tabassé à Paris la semaine dernière, les quatre policiers mis en cause ont été déférés ce dimanche devant la justice. Conformément aux réquisitions, les quatre policiers ont été mis en examen dans la nuit, deux sont placés en détention provisoire.

Quatre policiers sont mis en cause dans le passage à tabac d'un producteur de musique samedi 21 novembre.
Quatre policiers sont mis en cause dans le passage à tabac d'un producteur de musique samedi 21 novembre. © AFP - MICHEL ZECLER / GS GROUP / AFP

En garde à vue depuis vendredi, les quatre policiers mis en cause dans le passage à tabac d'un producteur de musique noir le 21 novembre à Paris, ont été déférés devant la justice. Le juge d'instruction a décidé de la mise en examen des quatre policiers déférés pour violences sur Michel Zecler, ce lundi 30 novembre. 

Ils sont poursuivis pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" et "faux écriture publique". Dimanche soir déjà, un premier fonctionnaire, soupçonné d'avoir lancé la grenade lacrymogène dans le studio, avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. 

Deux policiers placés en détention provisoire

Le juge d'instruction a donc suivi les réquisitions du parquet de Paris sur les mises en examen. Deux policiers sont écroués, le brigadier et le gardien de la paix ce lundi matin, ont été placés en détention provisoire. Deux autres sont sous contrôle judiciaire.

Placer en détention certains des agents soupçonnés d'avoir infligé une pluie de coups au producteur doit permettre "d'éviter un risque de concertation" entre eux "ou de pressions sur les témoins", avait argué Rémy Heitz, procureur de la République, en expliquant ses réquisitions de détention provisoire.

Le policier soupçonné d'avoir jeté la grenade lacrymogène dans le studio de musique du 17e arrondissement où s'est produite l'agression a lui été mis en examen plus tôt dans la soirée principalement pour des "violences volontaires" par personne dépositaire de l'autorité publique sur Michel Zecler et sur les neuf jeunes qui se trouvaient dans le sous-sol du studio.

Les policiers admettent que les coups "n'étaient pas justifiés"

Dans un premier temps, les policiers mis en cause sont restés sur leur première version des faits. "Ils ont maintenu le déroulé des faits tels qu'ils ont été mentionnés dans le procès-verbal, rédigé le jour des faits", a indiqué l'un de leurs avocats à France Télévisions.

D'après ce récit rédigé le lendemain de l'intervention par les forces de l'ordre, Michel Zecler les a entrainés à l'intérieur du bâtiment et a porté de nombreux coups en direction de ces policiers, essayant de se saisir de leur arme et de leur matraque télescopique. Des éléments qui ne figurent pas sur les vidéos diffusées jeudi par Loopsider, et qui sont contestés par la victime.

En garde à vue, les trois policiers ont reconnu lui avoir porté des coups mais "expliquaient ceci par l'attitude" du producteur "et les circonstances de l'intervention", a souligné Rémy Heitz. "Ils indiquaient avoir été dans l'incapacité de maîtriser monsieur Zecler qui se débattait et expliquaient les coups par la panique qui les avait saisis dans ce local, dont ils ne parvenaient pas à s'extraire en raison tant de la résistance de l'intéressé, que de la configuration des lieux, très exigus", a précisé le procureur. 

Cependant, ces trois fonctionnaires ont fini "par admettre que les coups portés n'étaient pas justifiés et qu'ils avaient agi principalement par l'effet de la peur ressentie dans le sas". En revanche, accusés par la victime de l'avoir qualifiée de "sale nègre" à plusieurs reprises, ils contestent "avoir tenu les propos racistes" pourtant "corroborés par l'un des jeunes derrière la porte du sas".

D'après le procureur, quatre des neufs personnes présentes dans le studio, outre le producteur, ont déposé plainte pour "violences" contre les forces de l'ordre.

Le profil des fonctionnaires mis en cause

Rémy Heitz est également revenu sur le profil des policiers. Il s'agit d'un brigadier de 44 ans et de trois gardiens de la paix, âgés de 23 ans, 31 ans et 35 ans. Selon le procureur de la République, "ils présentent de bons voire de très bons états de service". Et aucun incident particulier n'a émaillé leur carrière.

Des images qui "nous font honte" pour Emmanuel Macron

L'affaire est devenu un fait de société majeur sur les violences policières. Emmanuel Macron a réagi, parlant de "honte". Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a lui annoncé jeudi "la révocation" des policiers mis en cause, "dès que les faits seront établis par la justice". Il les a accusés d'avoir "sali l'uniforme de la République".

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé encore une fois ce samedi sur fond de défiance de la police et d'opposition à la loi "sécurité globale", et son article 24 qui pénalise la diffusion malveillante d'images de policiers.

Michel Zecler "très soulagé"

L’avocate de Michel Zecler, Hafida El Ali, jointe par franceinfo, se dit "satisfaite" ce lundi des quatre mises en examen "parfaitement justifiées" et du placement en détention provisoire pour deux des policiers soupçonnés d'avoir passé à tabac le producteur de musique. Michel Zecler est "très soulagé" également, car sans "les images de vidéosurveillance" et "sans les interventions diverses", il "serait actuellement en détention", poursuit-elle.

Le producteur de musique doit se faire opérer au niveau du bras en fin de semaine, indique Me Hafida El Ali. Elle représente également l'ensemble des neuf jeunes présents ce soir-là et qui vont se constituer parties civiles, pour accéder au dossier.

Les syndicats de police font front

Si certains syndicats ont déploré ces violences policières, d'autres, comme Unité SGP-Police jugent "beaucoup trop dure" la mise en détention de deux policiers. "L'incarcération doit rester l'exception (...) Ils avaient déjà été écartés du service, ils ne présentaient de danger potentiel pour personne", justifie Rocco Contento, porte-parole du syndicat en Ile-de-France.

Une réaction que l'avocate de Michel Zecler trouve "scandaleuse" et "pas à l'image de la police qu'on aurait aimé". Elle aurait préféré "qu'ils s'émeuvent pour mon client qui est actuellement souffrant". Que les syndicats de police préfèrent soutenir des "personnes violentes, des délinquants, c'est surprenant", ajoute-t-elle.

Ça ne correspond en aucun cas à la réalité des trois millions d'interventions par an

Le tabassage du producteur Michel Zecler est exploité par certains militants pour faire du "police-bashing", dénonce Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergies-Officiers, interrogé par l'AFP. "Il y a une fable des violences policières", "ça ne correspond en aucun cas à la réalité des trois millions d'interventions par an", ajoute-t-il.

"Des militants travaillent à faire en sorte" que le taux de confiance des Français dans la police "baisse", abonde Linda Kebbab du syndicat Unité SGP police FO sur BFM TV. Elle craint que cette "affaire dramatique, exceptionnelle", ne soit banalisé afin "de faire croire que la police est systématiquement violente et raciste".

"La justice est-elle vraiment indépendante ?" a pour sa part réagi le syndicat Alliance dans un tract sur le placement en détention provisoire des deux des policiers mis en cause. "Ils ont servi d'exemple", a ajouté auprès de l'AFP Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat, dénonçant un "traitement devenu médiatique et politique".

"J'attends que Macron aille voir nos blessés", a ajouté M. Vanhemelryck. "Il appelle le producteur, par contre les blessés de ce week-end, avec des bras cassés, des dents en moins, il ne les appelle pas", a-t-il dit. Près d'une centaine de policiers et gendarmes ont été blessés samedi lors des manifestations contre la loi "Sécurité globale", selon le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

"Ce que l'on espère, c'est que la décision qui a été retenue ne tienne pas compte de la pression médiatique et que seuls les éléments du dossier ont été pris en compte", a également réagi ce lundi matin Thierry Clair, secrétaire national de l’UNSA Police.

Généralisation des caméras-piétons ?

Le syndicat des commissaires de la police nationale, de son côté, réclame la généralisation des caméras-piétons pour mener "la bataille de l'image"

"On est dans une société de contestation et on a perdu la bataille de l'image", estime David Le Bars, secrétaire général du syndicat. "Cette image-là, il faut qu'on soit en mesure la fournir pour montrer le travail que 99% des nôtres font au mieux", grâce à la généralisation des caméras-piétons.

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