Faits divers – Justice

Profanation du cimetière juif de Sarre-Union : cinq jeunes comparaissent devant le tribunal

Par Romane Porcon et Olivier Vogel, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu mercredi 13 septembre 2017 à 22:15

Un an après la profanation, le cimetière juif de Sarre-Union n'est pas rénové
Un an après la profanation, le cimetière juif de Sarre-Union n'est pas rénové © Radio France - Aude Raso

A partir de ce jeudi 14 septembre, le tribunal pour enfants de Saverne juge les auteurs présumés de la profanation du cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin) en 2015. 250 tombes avaient été renversées ou fracassées, les familles concernées attendent ce procès avec impatience.

En février 2015, plus de 200 tombes étaient profanées dans le cimetière juif de Sarre-Union en Alsace. Cinq jeunes, à l'époque âgés de 15 à 17 ans, sont interpellés au lendemain de la découverte des faits. Ils sont jugés à huis clos les 14 et 15 septembre au tribunal pour enfants de Saverne. Un procès très attendu par les familles dont les sépultures ont été profanées.

Les cinq adolescents ont toujours nié tout antisémitisme

Pas d'antisémitisme, aucune motivation idéologique : ce devrait être la ligne de défense de ces cinq prévenus. C'est en tout cas ce qu'ils avaient déclaré en garde à vue. Le problème, c'est qu'ils ont aussi précisé qu'au moment de la profanation, ils avaient craché sur des étoiles de David, fait des saluts hitlériens et hurlé des Heil Hitler. Un monument à la mémoire des victimes de la Shoah avait également été fracassé à l'entrée du cimetière.

Qu'on laisse nos morts tranquilles et qu'enfin leurs sépultures soient réhabilitées" - Jacques Wolf, représentant de la communauté juive à Sarre Union.

De nombreuses familles de victimes ont prévu d'assister à ce procès. Elles attendent les explications des auteurs présumés. Jacques Wolf est le représentant de la communauté juive à Sarre-Union, la tombe de ses parents a été profanée : "Il faut qu'on reconnaisse notre statut de victime et que les adolescents responsables reconnaissent leurs actes, afin qu'on puisse passer à autre chose. On attend tous la même chose que ce genre d'actes ne se reproduisent plus et qu'on laisse nos morts tranquilles et qu'enfin leurs sépultures soient réhabilitées. "

Le rabbin de Saverne, Claude Heymann, qui a rencontré les jeunes mis en cause, estime qu'il y a "un déficit de paroles, un déficit de culture, un déficit de connaissance..."

Plus de deux ans après les faits, les 250 stèles sont restées dans le même état qu'au lendemain du 12 février 2015.

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