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Faits divers – Justice

5 hommes condamnés dans la première affaire de "proxénétisme des cités" jugée à Créteil

vendredi 6 avril 2018 à 19:47 Par Valentin Dunate, France Bleu Paris et France Bleu

Pour la première affaire de "proxénétisme des cités" jugée à Créteil, des peines 2 à 6 ans de prison ferme ont été prononcées à l'encontre de 5 hommes jugés, ce vendredi, pour proxénétisme aggravé. Les filles devenues dépendantes à la cocaïne effectuaient jusqu'à 10 passes par jour.

Illustration Escort
Illustration Escort © Maxppp - PQR/Dépêche du midi

Créteil, France

Ces cinq hommes avaient entre 19 et 27 ans au moment des faits. Ils ont été reconnus coupable d'avoir prostitué dans des chambres d'hôtels de région parisienne (Haut-de-Seine et Val-de-Marne) au moins six filles pendant plusieurs mois en 2012. Des filles rendues dépendantes à la cocaïne par les proxénètes. 

La première affaire de proxénétisme de cité jugée à Créteil" - Procureure 

Pour la procureure de la République, "cette affaire tombe au moment où se développe en banlieue et notamment dans le Val-de-Marne" ce qu'elle définit comme "un proxénétisme de cité". C'est, selon elle, "le premier dossier de ce type qui est jugé à Créteil". Certaines des filles travaillaient 7 jours sur 7 et effectuaient jusqu'à dix passes par jour. L'une d'entre elle dira rapporter 48.000 euros par mois. Selon les mots de la procureure de la République, ces cinq hommes "vivaient à l’œil" grâce aux revenus que leur rapportaient les filles. 

Je n'aurai pas pu résister sans la cocaïne"- Nancy, prostituée

Ce réseau rapportait plus de 120.000 euros par mois. A sa tête, le seul qui n'était pas présent à l'audience. Il est toujours recherché et sous le coup d'un mandat d'arrêt.  Son adjoint avait les codes internet et il était chargé de réserver les chambres d'hôtels. Les trois derniers devaient surveiller les filles. Ils formaient un binôme avec Lucie, Nisrine et Nancy. (Les trois filles "principales"). Chacune avait un homme pour assurer sa sécurité et lui fournir la nourriture, les préservatifs, les lubrifiants et la cocaïne. L'une des prostituées, Nancy, dira que pour tenir le rythme, une dizaine de passe par jour, elle pouvait consommer "jusqu'à 6 grammes par jour".  

Ces filles étaient libres" - Prévenu 

A la barre, les quatre hommes, très décontractés, reconnaissent les faits de proxénétisme mais n'admettent pas la séquestration. "Ces filles étaient libres" dira l'un d'entre eux qui ajoutera : "on vivait comme une communauté, on partageait l'argent, on dormait ensemble à l'hôtel". Enfin, sur les violences physiques et psychologiques que ces femmes ont relaté aux enquêteurs : "des bleus, des ecchymoses, des menaces" que des clients ont également constaté. Là encore, aucun ne reconnaît les faits. 

Dépendance affective, économique et à la drogue" - Association partie civile 

Les trois prostituées, "semble t-il consentantes", ne sont pas venues à l'audience et ne se sont pas constituées partie civile. Ce qui est habituel selon les associations qui se sont portées partie civiles, l'ACPE (Agir contre la prostitution des enfants) et l'EACP (Equipe d'action contre le proxénétisme). Ces associations parlent de "dépendance affective, économique, technique et à la drogue". Deux d'entres elles étaient en couple avec leur proxénète et l'une d'elle était mineure au moment des faits.