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Procès du décès de Mila : 20 ans de prison pour la belle-mère qui a secoué à mort la fillette de 2 ans

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Par , France Bleu Roussillon, France Bleu

Une femme de 35 ans a été condamnée ce mercredi à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir provoqué la mort de la petite Mila, 2 ans, en 2016 à Trouillas, près de Perpignan. La fillette était décédée d'une hémorragie cérébrale, après avoir été violemment secouée par sa belle-mère.

Palais de justice de Perpignan.
Palais de justice de Perpignan. © Radio France

La petite Mila ne reviendra jamais. Mais aux yeux des parties civiles, justice lui a enfin été rendue, plus de quatre ans après son terrible décès. La fillette de 2 ans s'est éteinte en août 2016 au bloc opératoire du centre hospitalier de Perpignan, alors qu'elle était dans le coma et souffrait d'une hémorragie cérébrale. Ce mercredi, sa belle-mère a été condamnée à 20 ans de réclusion criminelle pour "violences répétées ayant entrainé la mort sans l'intention de la donner" par la cour d'assises des Pyrénées-Orientales. Elle écope aussi de 10 ans d'interdiction de ses droits civiques, civils et familiaux.

Malgré la condamnation, le procès n'a pas été à la hauteur des attentes des parties civiles. De nombreuses questions restent sans réponse. Pour l'avocate générale, qui avait réclamé 20 ans de réclusion, ce procès est "un rendez-vous totalement manqué avec la vérité". Dans son réquisitoire, elle a fustigé la lâcheté de cette femme, qui n'a jamais assumé ses actes, qui n'a fait que baisser la tête pour ne pas "faire face à ses juges", et qui pendant des années, est allée jusqu'à accuser sa propre fille de 11 ans d'être la responsable des violences.

Des aveux minuscules

Si l'accusée a fini par craquer à l'audience après quatre années de dénégations, c'est qu'elle y a été acculée. Mardi soir, à 19 heures, est arrivé le moment de se présenter à la barre pour la dernière fois. Après trois journées d'audience où tous les experts et tous les témoins ont livré des récits accablants pour cette femme, la présidente de la cour lui a lancé un ultimatum : "c'est la dernière fois que vous aurez la parole dans ce procès, et c'est le moment de vous en saisir. Dites-nous ce qui s'est passé, Madame !"

D'une voix chevrotante, en empruntant mille détours dans son récit, l'accusée a fini par reconnaitre qu'elle avait effectivement secoué l'enfant. "Je l'ai secouée, mais sans mesurer que je lui faisais mal", tempère-t-elle immédiatement. Et malgré le flot de questions, elle n'en dira pas plus sur les circonstances. De même, elle ne donnera aucune explication pour la cinquantaine d'ecchymoses relevées sur le corps de la fillette par les médecins-légistes.  

Des parties civiles ravagées

Dépitées de ne pas avoir les réponses qu'elles attendaient, les parties civiles sont submergées d'émotions quand vient leur tour de s'exprimer à la barre. La tristesse côtoie la haine et la rage. "Jamais je n'aurais imaginé un jour enterrer ma petite-fille", lâche l'une des deux grand-mère d'une voix étranglée. Et dans la foulée, elle se tourne vers l'accusée pour la couvrir d'insultes dans une voix de tonnerre.

Puis arrive à la barre la deuxième grand-mère. Elle porte sous le bras un grand portrait de Mila, "sa petite princesse". Cette femme raconte sa douleur depuis le drame, elle évoque son impossibilité de se rendre au cimetière pour fleurir la tombe, car "lui reviennent les images insupportables de la fillette dans son petit cercueil". Soudain, la salle d'audience se fige : la grand-mère a laissé échapper le cadre-photo qui tombe au sol et se fracasse. Comme le symbole de cette petite vie qui, un soir de 2016, a volé en éclat.

"Cette femme n'est pas un monstre".

Juste avant que les jurés ne partent délibérer, les avocats de la défense ont tenté de dresser un portrait plus nuancé de l'accusée. "C'est une mauvaise mère, tout le monde est d'accord là-dessus", admettent-ils, mais elle n'est pas 'le monstre' décrit par la plupart des témoins : "c'est un être humain au parcours fracassé". 

En toute fin d'audience, la belle-mère finira par marmonner, pour la première fois, quelques mots d'excuses, en se tordant les doigts : "je sais que ce n'est pas pardonnable, mais je demande quand même pardon, à Mila, à sa famille et à mes enfants". Malgré tout, elle repart en prison avec la plupart de ses secrets, qu'elle aura refusé de livrer.

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