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Faits divers - Justice

Quadruple meurtre de Noël 2016 en Drôme et Vaucluse : Fissenou Sacko sera-t-il renvoyé devant les Assises ?

La chambre de l'instruction a tenu une audience ce lundi au Palais de Justice de Grenoble en présence des familles de victimes. Elle dira le 17 décembre si elle renvoie Fissenou Sacko devant les Assises ou si elle le déclare pénalement irresponsable en suivant les rapports des experts psychiatres.

Salle de Cour d'Assises au palais de justice de Grenoble
Salle de Cour d'Assises au palais de justice de Grenoble © Radio France - Nathalie Rodrigues

Drôme, France

C'est une audience particulière qui s'est tenue ce lundi au Palais de Justice de Grenoble. Les familles des victimes du périple meurtrier de Fissenou Sacko sont dans la salle. Une soixantaine de personnes : enfants, petits-enfants, proches des trois retraités drômois et de la sexagénaire vauclusienne tués à Chabeuil, Montvendre et Orange dans la nuit du 25 au 26 décembre 2016.

Quelques mots seulement de Fissenou Sacko

L'auteur des faits, Fissenou Sacko, est lui en visioconférence depuis l'hôpital de Villejuif où il est soigné pour schizophrénie. Il ne réagit pas tout au long de l'audience. La parole lui est donnée brièvement : "au moment des faits, j'étais malade. J'ai eu beaucoup de mal à comprendre moi-même ce qui m'arrivait. J'avais des hallucinations, un sentiment de persécution." C'est tout ce qu'il dira en quatre heures et demi d'audience.

"J'étais malade" - Fissenou Sacko

En entendant ce "j'étais malade", les familles des victimes réagissent bruyamment dans la salle. Pour elles, l'excuse est trop facile. Une des filles de Renée Chevalier, tuée à Orange, explique à la barre : "notre vie s'est arrêtée ce 26 décembre. On ne vit plus. Il faut qu'il y ait une justice." Hervé Philibert, fils du couple tué à Montvendre, exprime la même idée : "tous ces milieux médicaux qui arrivent à soutenir des gens qui font tant de mal, je ne sais pas comment ils font."

Fissenou Sacko a été examiné par des psychiatres. Trois rapports d'experts successifs, ce qui est rare, et qui concluent tous à l'abolition du discernement de l'auteur des faits, schizophrène, en proie à une bouffée délirante, entendant des voix au moment des faits.

"En France, nous ne jugeons pas les déments"

"En France, nous ne jugeons pas les déments" résume l'avocate générale. Elle demande à ce que la chambre de l'instruction déclare Fissenou Sacko pénalement irresponsable et prononce son hospitalisation judiciaire : son internement durera jusqu'à ce qu'une double expertise et une autorité préfectorale donne un avis contraire. 

Elle demande aussi une mesure de sûreté pour 20 ans : interdiction d'entrer en contact avec les familles des victimes, de séjourner en Drôme, Vaucluse et Bouches-du-Rhône et de détenir une arme.

Des stupéfiants et des moments de cohérence dans le périple meurtrier

Mais les avocats des victimes demandent eux un renvoi devant la Cour d'Assises de la Drôme. Me Alain Fort par exemple, avocat de la famille Philibert, avance plusieurs arguments : Fissenou Sacko fume un mélange cannabis/cocaïne le 25, alors qu'il sait que "ça lui retourne la tête. N'y a t'il pas là une part de responsabilité?"

Le meurtrier a bien des moments de lucidité, de cohérence dans ce que les experts qualifient de "bouffée délirante" : chez le couple Philibert, il fouille la maison pour trouver les clés de la voiture mais aussi de l'argent pour du carburant, "au moment où il commet ces faits, il n'est pas délirant et malade". Et pour Me Fort, il a bien un mobile puisque son errance entre l'hôpital de Valence et Montvendre a un but : trouver une voiture. "C'est un dossier qui a anéanti une famille. Nous vous demandons de renvoyer M. Sacko devant la Cour d'Assises de la Drôme" conclut Me Fort. Les trois magistrats de la chambre de l'instruction rendront leur décision le 17 décembre.

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