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Faits divers – Justice

Quadruple meurtre de Saint-Paul-Trois-Châteaux : perpétuité pour l'accusé, absent à son procès

jeudi 9 novembre 2017 à 15:47 Par Nathalie Rodrigues, France Bleu Drôme Ardèche

Abdel Karim El Kadaoui a été condamné ce jeudi à la réclusion criminelle à perpétuité par la Cour d'Assises de la Drôme. Il est reconnu coupable du meurtre de sa femme et de leurs trois enfants fin juin 2013. En fuite depuis les faits, il était absent à son procès.

Cour d'Assises de la Drôme
Cour d'Assises de la Drôme © Radio France - Nathalie Rodrigues

Le procès n'a duré qu'une matinée. L'accusé Abdel Karim El Kadaoui n'était pas là pour se défendre et expliquer le quadruple meurtre de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Sa femme, qui avait entamé une procédure de divorce, a été retrouvée dans une marre de sang, le corps lardé de 47 coups de couteaux le 24 juin 2013. Leurs trois enfants de 2, 8 et 9 ans ont été découverts le lendemain matin, morts dans la voiture du père, étranglés et asphyxiés. Le père est en fuite.

Un déguisement et des complicités familiales pour quitter Saint-Paul-Trois-Châteaux

Il a quitté la France dans les jours qui ont suivi le drame. D'après des témoins interrogés sous couvert de l'anonymat par les enquêteurs tellement ils craignent le "caïd du quartier", Abdel Karim El Kadaoui s'est déguisé en femme pour quitter Saint-Paul-Trois Châteaux. Il s'est caché à Bollène, puis a filé en Espagne et a pris le bateau pour le Maroc, pays dont il est originaire. La famille y possède plusieurs propriétés et pour les enquêteurs, il ne fait pas de doute que des proches l'ont aidé à fuir. Ces proches ne peuvent pas être poursuivis en justice, ils bénéficient de l' "immunité familiale".

Deux frères auraient joué un rôle important. Ils ont fait de longs séjours au Maroc dans les mois qui ont suivi le drame. L'un d'eux, Mimoun, y a créé une société de téléphonie dont les recettes permettraient de faire vivre Abdel Karim sur place. Il aurait aussi acheté une voiture en France, en donnant une fausse identité au vendeur, voiture qu'il a ensuite acheminée au Maroc par bateau.

Mimoun El Kadaoui a été entendu comme témoin au procès. Il nie avoir aidé son frère à fuir et assure ne pas avoir eu de contact avec lui depuis le 24 juin 2013. Quand le Président de la Cour le provoque en lui demandant: "il va bien votre frère?", Mimoun répond "bah j'en sais rien, moi je n'ai aidé personne".

Les enquêteurs avaient réussi à localiser précisément Abdel Karim El Kadaoui au Maroc. Mais une crise diplomatique entre le Maroc et la France a éclaté en mars 2014, et ils n'ont pas pu se rendre sur place avec le juge d'instruction.

La décision de la Cour d'Assises doit relancer la coopération internationale

Sur le banc des parties civiles, la famille de la trentenaire poignardée et les enfants du premier mariage d'Abdel Karim El Kadaoui n'ont pas obtenu toutes les réponses qu'ils attendent.

"Cela m'a apporté un peu de justice, mais tant qu'on n'en a pas fini avec lui...J'attends qu'on l'arrête. Tous les jours, 24 heures sur 24, j'attends, j'attends, j'attends" - Habiba, la mère de Fouzia, l'épouse poignardée

Habiba, la mère de Fouzia, n'a eu "qu'un peu de justice" avec ce procès sans accusé dans le box

La Cour d'Assises de la Drôme a condamné Abdel Karim El Kadaoui à la réclusion criminelle à perpétuité. Cette décision va être signifiée au Ministère de la Justice dans l'espoir que la coopération avec le Maroc soit relancée, que l'accusé soit interpellé et extradé en France où un second procès devra se tenir. Le mandat d'arrêt à l'encontre d'Abdel Karim El Kadaoui court toujours.

Nadia El Bouroumi, l'avocate des parties civiles: "un procès tronqué mais utile".