Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

"Maman voulait en finir et nous demandait de l'aider" : un frère et une sœur jugés à Caen

-
Par , France Bleu Normandie (Calvados - Orne)

Un homme de 48 ans et sa sœur de 58 ans sont jugés par la cour d'assises du Calvados pour avoir tenté à Bayeux en 2017 de mettre fin aux jours de leur mère. Lourdement handicapée après deux AVC, elle ne cessait de le leur demander. Il n'y a aucune partie civile au procès qui doit durer deux jours.

Les jurés de la cour d'assises du Calvados jugent un frère et une sœur accusés d'avoir à Bayeux en 2017 tenté de tuer leur mère.
Les jurés de la cour d'assises du Calvados jugent un frère et une sœur accusés d'avoir à Bayeux en 2017 tenté de tuer leur mère. © Radio France - Nolwenn Le Jeune

Elle est l'aînée et il est le cadet d'une fratrie de cinq. Aujourd'hui âgés de 58 et 48 ans, une sœur et un frère comparaissent pendant deux jours à Caen. Ils sont jugés pour tentative d'assassinat sur leur mère âgée à l'époque de 81 ans. Face à ses demandes répétées d'en finir, ils lui avaient administré une dose massive de somnifères le soir du 2 décembre 2017. L'octogénaire a survécu. Ses enfants encourent la réclusion criminelle à perpétuité. 

"Maman ne supportait pas d'être à ce point diminuée et n'arrêtait pas de nous demander d'en finir avec la vie"

Tous les deux comparaissent libres, sans personne en face d'eux puisqu'aucun membre de la famille ne s'est constitué partie civile. Ils assument ce geste commis il y a trois ans. "La semaine avait été terrible, raconte la fille, maman ne supportait pas d'être à ce point diminuée, elle n'arrêtait pas de pleurer". Deux AVC en 2012 et 2017 l'ont laissée aveugle et paralysée. "Elle nous demandait sans cesse de l'aider à en finir, à mon frère et moi, nous étions les plus proches d'elle".

Ce jour là, "c'est pire que tout, poursuit-elle, elle était dans un état déplorable". "Quand on est partis de chez nos parents avant midi, reprend le fils, il n'y a pas eu de parole entre nous pour se dire qu'on allait le faire, mais j'ai suggéré qu'on prenne l'apéritif avec papa le soir même. Et pendant ce moment, il y a un échange de regard entre nous deux". 

"Maman nous aidait en ouvrant la bouche pour prendre les somnifères et nous remerciait"

Ils administrent alors une dose massive de somnifère "pour qu'elle s'endorme et ne se réveille pas". La boite entamée trouvée dans le placard, 16 ou 17 comprimés. "Maman nous aidait en ouvrant la bouche, elle nous disait merci mes chéris". En partant, ils pleurent dans l'ascenseur, ne trouvent pas le sommeil. Lui revient vers 2 heures du matin et constate que sa mère respire et dort profondément. "On a eu peur, raconte la fille, peur qu'elle ne garde des séquelles encore plus graves".

Le matin, le fils appelle le Samu et avoue son geste. Le médecin régulateur lui assure que sa mère a passé la nuit et qu'elle est tirée d'affaire. Pour le reste, il le renvoie vers le médecin traitant. C'est l'hôpital de Bayeux où la mère est admise quelques jours plus tard pour d'autres problèmes médicaux qui fera le signalement au procureur.

Ont-ils prémédité leur geste ? La question est centrale dans ce procès

Un récit bouleversant qui n’élude pas la question de la préméditation, au cœur de ce procès puisque les deux sont jugés pour tentative d’assassinat. Ils disent avoir agi ce soir là sans avoir réfléchi. L'aide soignante intervenue le lendemain matin dit le contraire, parle de recherches sur internet. L’auxiliaire de vie intervenue ce matin là également ne se souvient de rien de tel. Mais elle indique que la maman qui est toujours vivante et chez qui elle va encore, continue d’exprimer son désir de mourir.  

Choix de la station

À venir dansDanssecondess