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Quatre ans après l'explosion de la rue de Trévise à Paris, les victimes toujours pas indemnisées

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La signature d'un accord-cadre début 2022 leur avait donné l'espoir de tourner la page. Mais alors que ce jeudi 12 janvier, ils commémorent les quatre ans de l'explosion de la rue de Trévise à Paris qui a fait quatre morts et 66 blessés, les victimes attendent toujours de toucher des indemnisations.

La cérémonie de commémoration de l'explosion de la rue de Trévise à Paris, le 12 janvier 2022. La cérémonie de commémoration de l'explosion de la rue de Trévise à Paris, le 12 janvier 2022.
La cérémonie de commémoration de l'explosion de la rue de Trévise à Paris, le 12 janvier 2022. © Maxppp - Christine Henry

Inès ne sera pas à la commémoration des quatre ans de l'explosion qui a gâché sa vie, ce jeudi 12 janvier, rue de Trévise à Paris. Elle a rendez-vous à l'hôpital pour une énième opération de sa jambe abîmée dans le drame. Quatre ans plus tard, elle paye elle même une partie de ses soins et attend toujours un chèque d'indemnisation.

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Mais la jeune fille n'est pas la seule à attendre. Sur les quelques 400 victimes directes ou indirectes reconnues, seules huit ont reçu de l'argent depuis la mise en place de l'accord-cadre encadrant leur indemnisation. Huit dossiers, pour une somme totale de 107.000 euros. Pas de quoi vider le fonds d'indemnisation auquel ont abondé les principaux acteurs du dossier, dont la Ville de Paris pour 20 millions d'euros.

Très long, trop long pour les associations de victimes

La signature, dans la douleur, de l'accord-cadre en février 2022 et sa mise en application rapide dès le printemps, avait pourtant donné beaucoup d'espoirs aux victimes qui voyaient dans cette étape, l'occasion de tourner une page, enfin se reconstruire, se reloger définitivement. "Pour les victimes c'est beaucoup trop long", confirme Linda Zaourar, présidente du VRET, l'association des victimes et rescapés du drame. "Tout est compliqué, l'assureur envoie des refus, remet même en cause la qualité de victimes de certains. Une victime grièvement blessée qui a été éventrée par l'explosion s'est entendue dire que parce que les rapports ne stipulent pas clairement que son genou a été touché dans l'explosion, son aggravation de blessure est rejetée", rapporte notamment la représentante des victimes. "C'est insupportable pour des gens qui ont été touchés dans leur chair, dont la vie a basculé. On a l'impression que l'assureur pinaille sur tout."

Pourtant l'argent est là déjà. Bien provisionné par les différents payeurs sur un fonds d'indemnisation spécial. 20 millions d'euros ont été déposés par la Ville de Paris par exemple, rappelle Emmanuel Grégoire, le premier adjoint à la maire, qui partage le constat des victimes : "Nous souhaitons que l'assureur chargé d'instruire les dossiers soit facilitateur et pas bloquant pour définir les indemnisations. Nous, à la Ville de Paris, nous liquidons les dossiers le plus vite possible, quitte parfois à passer par des procédures d'urgence en conseil de Paris mais nous reconnaissons que c'est trop long."

Du côté de l'enquête, la perspective d'un procès prochainement s'éloigne aussi

Les victimes devront-elles alors attendre le procès pénal pour être enfin indemnisées ? De ce côté aussi, il va falloir être patient. Car l'instruction, censée être terminée l'année dernière, a repris avec un nouveau recours de la Ville de Paris et du syndic de copropriété. Les deux mis en examen pour homicides et blessures involontaires ont demandé et obtenu une nouvelle contre-expertise technique qui pourrait balayer les conclusions des premiers enquêteurs spécialisés sur les raisons de l'explosion, et donc les responsabilités.

À cette occasion, une nouvelle juge d'instruction a été nommée et la perspective de renvois depuis un tribunal s'éloigne. Les victimes espéraient un procès en 2024.

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