Faits divers – Justice

Quatre hommes condamnés à perpétuité pour le lynchage de Sébastien Judalet

Par Samuel Aslanoff, France Bleu Paris Région et France Bleu vendredi 9 octobre 2015 à 23:07

Octobre 2013, rassemblement devant l'ambassade de Madagascar pour S. Judalet
Octobre 2013, rassemblement devant l'ambassade de Madagascar pour S. Judalet © Maxppp - Humerto De Oliveira

Quatre hommes ont été condamnés ce vendredi aux travaux forcés à perpétuité pour le lynchage de d'un Français, d'un Franco-italien et d'un Malgache. Parmi les victimes, Sébastien Judalet, un chauffeur de bus de la RATP de 38 ans. Père d'une fille de 11 ans, il habitait Montreuil.

Deux ans pratiquement après le lynchage de trois hommes sur une plage de Madagascar, quatre hommes ont été condamnés ce vendredi aux travaux forcés à perpétuité par le tribunal d’Antananarivo. En tout 37 personnes comparaissaient pour le meurtre d'un touriste français, Sébastien Judalet, d'un résident franco-italien Roberto Gianfala et d'un Malgache en octobre 2013. Vingt-cinq des accusés ont été libérés "au bénéfice du doute" et un a été formellement acquitté.  Par ailleurs, un accusé a été condamné à sept ans de travaux forcés et les autres à des peines de prison entre six mois avec sursis et trois ans ferme.

Il y a deux ans, les deux Européens avaient été roués de coups et leurs corps brûlés sur une plage de Nosy Be  par une foule déchaînée qui les accusait d'avoir tué un enfant et les soupçonnait de pratiques pédophiles. Le troisième homme, l'oncle malgache du garçonnet, avait subi le même sort. Selon un enregistrement audio, Sébastien Judalet, un conducteur de bus de la RATP de 38 ans qui faisait du tourisme à Madagascar avait tenté de prouver son innocence face à une foule en colère avant d'être roué de coups.

Plusieurs images très crues avaient circulé, montrant Sébastien Judalet et Roberto Gianfa, un résident franco-italien, à différents moments du lynchage, habillés puis dévêtus, saufs puis ensanglantés et enfin brûlés au milieu d'une centaine de personnes. En parallèle à l'enquête des autorités malgaches menée pour tenter d'identifier les auteurs du lynchage, une enquête menée par la police française avait conclu que la rumeur n'avait rien de fondée et que Sébastien Judalet,  père d’une fille de 11 ans et habitant de Montreuil, ne pouvait être soupçonné d'actes pédophiles. Après sa mort, ses amis, ses collègues  s'étaient mobilisés pour que justice lui soit rendue. Ils avaient notamment manifesté près de l'ambassade de Madagascar à Paris.