Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Quatre mois de prison ferme pour l'incendiaire du Clos Gaultier à Poitiers

-
Par , France Bleu Poitou

A Poitiers, le jeune homme qui a allumé dix feux dans un même immeuble HLM de Poitiers écope de quatre mois de prison ferme. Jugé en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Poitiers, il s'est excusé mais n'a pas su expliquer son geste. Ce soir, il dormira en prison à Vivonne.

Le palais de justice de Poitiers
Le palais de justice de Poitiers © Radio France - Baudouin Calenge

Quatre mois de prison ferme et une interdiction de remettre les pieds au 7 de la rue du Clos Gaultier à poitiers. Le jeune homme soupçonné d'avoir allumé des incendies à répétition dans cet immeuble HLM des Trois-Cités a été jugé en comparution immédiate ce vendredi et reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés. 

Entre le 10 mai et le 18 juin derniers, cet homme de 27 ans, hébergé par un locataire d'Ekidom depuis début mai,  a allumé dix incendies dans les parties communes de la bâtisse et au pied des portes d'appartements semant angoisse et psychose chez les habitants de l'immeuble. 

Pas une vengeance entre voisins

Un locataire de l'immeuble appelé à la barre pour se porter partie civile  l'interpelle : 

"Pourquoi tu nous as fait ça. On t'avait accueilli. On parlait bien ensemble. On rigolait. Tu descendais dehors avec nous la nuit après les incendies."

Le jeune homme baisse la tête et répète deux fois "Je suis désolé". Pas de vengeance, ni de personne visée en particulier, même si l'une des locataires a dû éteindre six feux sur sa porte d'entrée. 

Un comportement inexpliqué

Agé de 27 ans, cet habitant de Chauvigny venait de trouver un emploi dans une boulangerie de Chasseneuil du Poitou. N'ayant plus de permis pour avoir été conduit après avoir bu, le prévenu a trouvé refuge chez un ancien collègue, vivant au Clos Gaultier. A la question pourquoi avez allumé non pas un mais tous ces feux, le jeune homme, jean et t-shirt gris et kaki répond d'une voix claire :

" Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça, c'est ma tête qui déraille". 

Des précédents impliquant l'usage du feu

L'expertise psy démontre pourtant qu'il n'a pas d'altération du jugement. Pas de trouble psychotique non plus. "D'ailleurs, explique-t-il, quand j'allumai les feux je retourner aussitôt dans mon appartement sans m'occuper de ce qu'il se passait ensuite". Pas de fascination pour le feu a priori. Pourtant quand il menace ses ex-compagnes, c'est en disant "Je vais tout brûler", énonce la présidente du tribunal. Lors d'une dispute, c'est un briquet qu'il jette sur sa copine. Et puis, dans le dossier, il y a aussi ce témoignage d'une ancien petite amie qui raconte qu'elle reçoit un SMS de menace et que le soir même son garage prend feu. 

Alcool et drogue tous les soirs

Pour oublier que son fils lui a été enlevé par son ancienne compagne et placé en famille d'accueil, il "boit", dit-il. Seul. Tous les soirs après le travail. "Ca peut être entre trois et quatre litres de bières", précise-t-il. Sans compter la résine de cannabis qu'il fume. Quatre à cinq joints tous les soirs là-aussi. "L'alcool et la drogue, c'est loin d'être une circonstance atténuante", lui rappelle la présidente du tribunal. A propos de ces feux, elle lui demande : 

"C'est quoi que vous vouliez ? Un suicide collectif ? partir en emmenant plusieurs personnes avec vous ?"

Car il est là l'enjeu et le procureur l'a rappelé avant de requérir deux ans de prison dont quatre mois ferme à l'encontre du prévenu :  " Il n'y a pas eu de drame cette fois, mais il y a un an quelqu'un a mis le feu dans un immeuble à poitiers et il y a eu un mort", rappelle-t-il à l'assemblée. 

Des excuses qui n'ont pas convaincu

Il ne croit pas non plus aux excuses du jeune homme en début d'audience. D'une part parce qu'il a eu l'opportunité de se rendre lorsque les policiers sont venus l'interroger le 18 mai dernier dans l'appartement de son ancien collègue, d'autre part, parce qu'il a reconnu les faits avant de tenter de les nier, accusant les policiers de l'avoir "bousculé" pour qu'il avoue. 

"Ce n'est que parce qu'il a été interpellé qu'il a arrêté de mettre le feu", insiste le représentant du ministère public.

Une enquête approfondie

Lorsqu'ils arrivent au 7 de la rue du Clos Gaultier vers 2 heures du matin dans la nuit du 18 au 19 juin dernier, les policiers découvrent des habitants rassemblés dehors. des habitants excédés car c'est le le second feu de la nuit dans cet immeuble. Et qu'il y en a eu d'autres avant. En remontant leurs fichiers, les enquêteurs retrouvent le premier feu le 10 mai. Dans les résidus de l'incendie, ils trouvent deux petits morceaux de papier en partie carbonisés avec sur l'un "une recette de pain" et sur l'autre "la mention d'un examen de CAP boulangerie".  Outre l'enquête de voisinage, les policiers répertorient également tous les numéros qui ont appelé les secours les soirs des incendies. Ils identifient les habitants inquiets qui ont donné l'alerte, et un numéro inconnu. En l'appelant, ils tombent sur le suspect  qui explique qu'il vit chez un ami. Entre temps ekidom, le bailleur social a fait installer des caméras de vidéosurveillance. Sur l'un des films, on voit la silhouette d'une jeune homme de type caucasien, entre 20 et 30 ans, cheveux courts qui descend les escaliers et allume quelque chose avant de souffler dessus pour attiser les flammes". ce n'est qu'en recoupant toutes ces informations, et en comparant les silhouettes des riverains que les policiers ont resserré l'étau. Il y a les antécédents judiciaires du suspect. Dès sa mise en garde à vue d'ailleurs, le jeune homme reconnait les faits. 

Faire en sorte qu'il garde son travail

L'avocat de la défense,  rappelle que son client revient de loin. "Il a réussi à trouver un emploi en plein confinement. Et bien que vivant à Chauvigny, il s'est arrangé pour trouver un logement sur Poitiers en attendant de s'installer avec sa future fiancée. "Après avoir perdu son fils, après le divorce de ses parents, après le décès de son père, ne lui retirez pas son emploi. il en aura besoin pour indemniser les victimes notamment." Maître Dia réclame au moins des aménagements de peine pour que son client conserve son travail.

Le prévenu dort en prison à Vivonne

Après délibération, la décision de justice tombe : quatre mois de prison ferme avec placement sous mandat de dépôt, une interdiction de port et détention d'arme pendant cinq ans, obligation d'indemniser Ekidom, le bailleur social, les deux familles de locataires qui se sont portées parties civiles ainsi que le service départemental d'incendie et de secours qui demandait notamment 7.109,47 pour le préjudice de sollicitation abusive des secours. Quant aux habitants, ils vont enfin retrouver le sommeil. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu