Faits divers – Justice

Quatre mois de prison ferme pour un mari violent

Par Naïs Esteves et France Bleu Besançon, France Bleu Besançon lundi 14 septembre 2015 à 20:17

Tribunal de Besançon
Tribunal de Besançon © Max PPP

Un ressortissant turc de 28 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Besançon à 9 mois de prison dont 5 avec sursis pour des violences sur sa femme et des menaces de mort.

Sa femme, 39 ans, est dans la salle. Les deux époux s'échangent des regards et des gestes affectueux. D'entrée, elle annonce vouloir retirer sa plainte. "Ça n'excuse pas ses actes, mais j'ai grossi les faits", déclare-t-elle. Pourtant, lors de son audition, la victime raconte une nuit cauchemardesque. Les gifles pleuvent, les trois enfants de la victime sortent par la fenêtre et son aîné va prévenir la police.

Ce vendredi 11 septembre, vers 23 heures, l'homme attache sa femme, "le temps d'une discussion", avoue-t-il devant le tribunal de Besançon.

L'épouse défend son mari à la barre

Le mari la menace avec un couteau de cuisine, mis sous la gorge. "J’ai menti sur ça", poursuit l'épouse de 39 ans à la barre du tribunal correctionnel de Besançon, "le couteau servait à éplucher des noix et des noisettes." Mais devant les policiers, samedi matin, elle rapporte les menaces : "Écris à qui tu veux laisser tes enfants parce que je vais te tuer. Je vais te tuer. Tu as gâché ma vie." Le prévenu nie ces propos. Il a quitté un bon travail en Turquie, dans l'imprimerie de son père, pour venir en France retrouver celle qu'il aime.

Écris à qui tu veux laisser tes enfants parce que je vais te tuer."

Mais depuis son arrivée en France il y a trois mois, "il est bouleversé par le changement de culture, déclare sa femme. Il ne sort pas, il ne parle que le turc alors il ne communique qu'avec moi." Alors, l'homme boit. Les policiers relèvent 1,2 gramme d'alcool par litre de sang la nuit des faits.

Le procureur de la république requiert plus de neuf mois de prison dont six avec sursis, le maintien en détention et l'interdiction de séjour en Franche-Comté, "vu les circonstances aggravantes" : l'alcool, la grossesse de sa femme, enceinte de trois semaines.

Finalement, l'homme est condamné à quatre mois de prison ferme et cinq avec sursis. Il devra se soigner, trouver du travail, et suivre un stage de sensibilisation contre les violences conjugales. Il est reparti, menottes aux poignets, vers la maison d'arrêt de Besançon.