Faits divers – Justice

Six salariés interpellés après les violences à Air France

Par Julien Baldacchino, France Bleu lundi 12 octobre 2015 à 9:00 Mis à jour le lundi 12 octobre 2015 à 12:30

Une enquête interne est aussi ouverte par Air France (illustration)
Une enquête interne est aussi ouverte par Air France (illustration) © Maxppp

Six salariés d'Air France ont été interpellés ce lundi matin. Ils sont soupçonnés d'avoir pris part aux violences qui ont marqué le Comité central d'entreprise de la compagnie, lundi dernier.

Les arrestations ont eu lieu ce lundi matin : six hommes ont été interpellés "sans incident" chez eux aux alentours de 6h, dans le Val-d'Oise, dans les Yvelines, en Seine-et-Marne et dans l'Aisne. Cinq d'entre eux auraient un mandat syndical. Certains travaillent pour la branche Cargo de la compagnie, ou parmi les magasiniers. Ils ont tous été placés en garde à vue.

Ces arrestations ont eu lieu dans le cadre de l'enquête judiciaire sur les violences qui ont perturbé le Comité central d'entreprise (CCE) d'Air France, lundi dernier, au cours duquel la direction avait annoncé un vaste plan de restructuration. Plusieurs centaines de salariés avaient fait irruption dans le siège de l'entreprise, et deux dirigeants de la compagnie avaient été molestés

Rassemblement de soutien à Roissy

Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête judiciaire, confiée à la police aux frontières, après qu'au moins dix plaintes ont été déposées, dont neuf pour "violences", par six vigiles et trois cadres de l'entreprise, et une pour "entrave au CCE" et "dégradations" déposée par Air France. Une autre enquête, interne cette fois-ci, a été ouverte : elle aurait d'ores et déjà permis d'identifier une dizaine de salariés impliqués dans les violences. 

Chacun de son côté, sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon et Cécile Duflot ont dénoncé ces arrestations :

Un rassemblement de soutien aux cinq gardés à vue a eu lieu lundi après-midi à Roissy. 

Reprise des négociations

Après les images choc des incidents, la compagnie a lancé vendredi une campagne sur les réseaux sociaux, avec un clip montrant Xavier Broseta (le DRH violenté) déclarant "ce que vous avez vu lundi, ce n'est pas le vrai visage d'Air France". La direction a aussi renoué vendredi le dialogue avec les syndicats de pilotes au cours d'une réunion qui s'est "très bien passée", selon le SNPL, le principal syndicat. 

Cette semaine, elle va reprendre langue avec les autres organisations, à commencer lundi avec les stewards et hôtesses. Ces rendez-vous constituent un premier pas avant une reprise des négociations pour éviter d'appliquer la totalité des 2.900 suppressions de postes. Les négociations ont jusqu'à présent échoué sur la principale demande de la compagnie: faire voler les navigants une centaine d'heures de plus par an (+14% à 18% selon les vols), à salaire égal.