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Faits divers – Justice

"Quelque chose ne tournait pas rond chez lui" : les voisins du principal suspect du meurtre de Johanna racontent

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Par , France Bleu Gascogne, France Bleu

Un habitant de Saint-Pierre-du-Mont, dans les Landes, a été mis en examen ce samedi pour le meurtre de Johanna Blanes. La jeune femme de 24 ans a été tuée la semaine dernière. France Bleu Gascogne est allé dans le quartier où vivait le suspect. Ses voisins témoignent.

La porte de l'appartement du suspect, à Saint-Pierre-du-Mont, a été scellée.
La porte de l'appartement du suspect, à Saint-Pierre-du-Mont, a été scellée. © Radio France - Fanette Hourt

Mont-de-Marsan, France

Il était surnommé "le Syrien" dans le quartier. Un homme de 32 ans, de nationalité syrienne, réfugié en France, qui vit dans les Landes depuis 2016. Il était en effet installé à Saint-Pierre-du-Mont. Il a été mis en examen ce samedi pour meurtre précédé d'un viol.

Cet homme est suspecté d'avoir tué Johanna Blanes, une jeune femme de 24 ans dont le corps nu a été retrouvé sur le tunnel piéton qui relie Saint-Pierre-du-Mont à Mont-de-Marsan dimanche dernier. Son ADN a en effet été prélevé sur la scène de crime mais aussi sur la dépouille de la victime. Par ailleurs, plusieurs des affaires personnelles de Johanna Blanes ont été retrouvées dans son appartement, dont son téléphone portable, et les forces de l'ordre ont aussi mis la main sur la carte SIM de la jeune femme dans la poche du suspect.

"J'ai du mal à y croire"

"Vous m'auriez dit qu'il avait volé son portable, je vous aurais cru. Mais un meurtre... j'ai du mal à y croire", assure, un peu choqué, un commerçant de ce quartier de Saint-Pierre-du-Mont. Au pied de petites barres d'immeubles des années 1960, plusieurs modestes magasins se sont installés : un bureau de tabac, un pressing, une pâtisserie et une boucherie. Ces quelques échoppes assistent au quotidien à la vie du quartier. Ce commerçant voyait donc le suspect quasiment tous les jours. "Il était gentil mais bizarre, quelque chose ne tournait pas rond chez lui", explique-t-il.

Régulièrement, "le Syrien" demandait à ces magasins de lui faire une fleur, de lui faire crédit de quelques euros. Au début, ils étaient plusieurs à lui dire oui. Mais au bout d'un moment ils ont dit stop. "On a arrêté quand on a vu qu'il utilisait cet argent pour acheter des jeux à gratter, de l'alcool, de la drogue...", poursuit le commerçant.

"Vous m'auriez dit qu'il avait volé son portable, je vous aurais cru. Mais un meurtre... j'ai du mal à y croire." — Un commerçant

L'homme avait vraisemblablement l'habitude de traîner tard le soir pour fumer et "trafiquer je ne sais quoi", décrit une habitante. Ce que confirment trois jeunes qui tuent le temps devant un immeuble. Dans un sourire provocateur, ils l'assurent : "Il était fou lui. Une fille était déjà venue nous voir en pleurs pour nous dire qu'il l'avait agressée. Il s'en était aussi pris à une assistante sociale."

Rumeurs ou réalité, en tout cas, celui qui est suspecté du meurtre de Johanna Blanes faisait "peur" à cette mère de famille. Sa fille est inscrite dans la même crèche que la fille du suspect. Elle connaît aussi sa femme, qui a d'ailleurs porté plainte en 2018 pour violences conjugales et qui est actuellement sous protection policière. Ainsi, cette mère qui vit dans le même quartier dit tout net qu'il s'agit de quelqu'un de "méchant". "Il m'a fait des avances plusieurs fois, il était insistant". Elle ajoute qu'elle n'est pas du tout étonnée qu'il soit arrêté. Elle a même été soulagée

Il nie les faits

Le suspect pour le moment nie les faits. Il a été placé en détention provisoire. Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Mont-de-Marsan et, étant donné la gravité des faits, le dossier a été confié à deux juges d'instruction.

Pendant un temps, les enquêteurs se demandaient s'il n'y avait pas plusieurs personnes derrière ce meurtre et ce viol. Finalement, cette piste est écartée, et dans la foulée, trois hommes sont sortis de garde à vue ce samedi. Ils vivaient dans le même logement que le principal suspect, mais aucune charge n'est retenue contre eux. Cependant, ils sont tous les trois sans papiers, de nationalité marocaine, algérienne et tunisienne, et ils se sont vu notifier des arrêtés préfectoraux d'obligation de quitter le territoire français et ont été placés en centre de rétention