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Faits divers – Justice DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

Qui sont ces "gilets jaunes" jugés ce lundi par le tribunal de Sarreguemines ?

lundi 3 décembre 2018 à 20:48 Par Magali Fichter et François Pelleray, France Bleu Lorraine Nord

Cinq personnes comparaissaient, ce lundi après-midi, devant le tribunal correctionnel de Sarreguemines, après les affrontements de samedi en marge de la manifestation des "gilets jaunes" à Saint-Avold, certains pour violences, d'autres pour dégradations et pillages. Quatre ont été condamnées.

Des gilets jaunes aux environs de Saint-Avold, samedi 1er décembre
Des gilets jaunes aux environs de Saint-Avold, samedi 1er décembre © Radio France - Arthur Blanc

Sarreguemines, France

Après les affrontements de ce samedi, notamment aux environs de Saint-Avold, cinq personnes comparaissaient, ce lundi après-midi, devant le tribunal correction de Sarreguemines, trois hommes et deux femmes.

Deux hommes arrêtés pour violences : l'un écope de sursis, l'autre est relaxé

Il y a d'abord deux hommes de 47 et 39 ans, interpellés lors des affrontements avec les forces de l'ordre sur le rond point de Cora de Longeville-Lès-Saint-Avold. Le plus jeune est père de trois enfants, et c'est la première fois de sa vie qu'il a affaire à la justice. Il s'est présenté à la barre avec son manteau jaune fluo et un pansement à la joue, un point de suture à cause d'un tir de flashball. Il est électricien, sans travail depuis deux ans, ce qui étonne d'ailleurs le juge, et sa femme est secrétaire médicale.

J'ai déconné grave (un gilet jaune à la barre)

Il a été arrêté avec des cailloux dans les poches et de l'alcool dans le sang. Il s'est filmé en direct sur son compte Facebook, en proférant de nombreuses menaces de mort à l'encontre des policiers et des gendarmes, "désignés comme des ennemis à abattre" a dénoncé la représentante du procureur. Mais lui assure qu'il était là pour "défendre son pouvoir d'achat" tout en reconnaissant avoir "déconné grave". Il promet de ne pas y retourner, et écope de six mois de prison avec sursis.

L'autre prévenu, 47 ans, est un voisin et ami du premier. Lui conteste toute violence. Il est soudeur de profession, lui aussi au chômage. Célibataire, il vit chez ses parents. Il a déjà été arrêté plusieurs fois pour conduite en état d'ivresse ou sous l'emprise de cannabis. Ce samedi après-midi, il avait "tellement bu de bière" qu'il s'est "endormi sur un parking". Sauf qu'ensuite, il était en première ligne, "un bâton à la main", lui oppose-t-on, "non, un drapeau de l'OM enroulé", corrige-t-il. Il sera relaxé.

Trois personnes interpellées pour des pillages et des dégradations

Un homme et deux femmes ont ensuite comparu. Ils devaient répondre des dégradations et des pillages qui ont suivi dans le centre de Saint-Avold, notamment dans l'enseigne Levy Blum, un grand magasin de vêtements dont les vitrines ont été cassées. 

La prévenue la plus jeune n'a que 18 ans depuis trois mois. Elle est sortie de l'école sans diplôme, aujourd'hui inscrite à pôle emploi. Son casier judiciaire affiche plusieurs faits de violences. 

Tous à poil (une gilet jaune)

A ses côtés, habillée pareil, tout de noir, une maman de 33 ans, son fils a trois ans. Elle est coiffeuse tout près du magasin vandalisé, qu'elle fréquente d'ailleurs. Leurs explications sont les mêmes. Les mannequins des vitrines se trouvaient déjà sur le trottoir quand elles ont saisi vêtements et sac à main. "Je voulais en déshabiller un" raconte la jeune maman, "pour symboliser le slogan : Tous à poil". Elle se présente comme une vraie manifestante. Elle regrette la tournure des événements, mais elle insiste, "le mouvement des gilets jaunes est sain". Elle écope de 1.000 euros d'amende avec sursis. Le tribunal a pris en compte le fait qu'elle avait protégé, avec d'autres, un policier municipal menacé. 

Un lourd préjudice à indemniser

La jeune majeure a présenté ses excuses et promis de ne plus aller aux manifestations "à cause des casseurs". Elle devra effectuer 140 heures de travaux d’intérêt général. Mais les deux jeunes femmes devront payer solidairement le préjudice du magasin, et la facture risque d'être très lourde. Le montant sera établi lors d'une nouvelle audience le 20 mars.

Enfin, un homme de 41 ans a été condamné à six mois de prison avec sursis. Alcoolisé, il avait lancé des pierres sur des policiers en les insultant, dégradé du mobilier urbain et participé au pillage du même magasin de vêtements, Levy Blum. L'homme a déjà été condamné plusieurs fois dans le passé.