Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Faits divers – Justice

Quintuple infanticide de Louchats : douze ans de prison requis

L'avocat général a requis douze ans d'emprisonnement à l'encontre de cette mère de 37 ans, poursuivie pour avoir tué les cinq bébés qu'elle venait de mettre au monde à son domicile de Louchats, entre 2009 et 2015. Le verdict de la Cour d'Assises de Gironde est attendu vendredi.

Le ministère public a requis 12 ans de réclusion
Le ministère public a requis 12 ans de réclusion © AFP -

Bordeaux, France

Les réquisitions sont tombées ce jeudi après-midi dans le procès de cette mère de famille, poursuivi pour avoir tué les cinq bébés qu'elle venait de mettre au monde, dans sa maison de Louchats, en Sud-Gironde. L'avocat général a réclamé à son encontre, douze ans de réclusion criminelle. 

Pas un monstre

"Tuer un enfant, c'est monstrueux, mais ce n'est pas un monstre", a souligné Xavier Chavigné dans son réquisitoire, qui a duré une demi-heure, parlant de "faits à haute charge symbolique". L'avocat général a invoqué comme circonstance atténuante "l'enfermement psychique" dans lequel se trouvait l'accusée, avec un mari "violent et jaloux". Mais, a-t-il insisté, "cette excuse n'efface pas tout", avant d'ajouter : "ces cinq grossesses n'étaient pas une fatalité, pas plus que la mort de ces enfants. Ce n'était pas une fatalité, car elle n'avait pas pris de moyen de contraception, et qu'elle avait pas déjà eu recours à une IVG en 2006. L'infanticide ne peut être considéré comme un moyen de contraception".

Le procès moral du mari

Plus tôt dans la matinée, maître Joinau-Dumail qui représente le mari de l'accusée (qui a bénéficié d'un non-lieu à l'issue de l'instruction et qui est partie civile dans ce procès) a expliqué dans sa plaidoirie "avoir eu la fâcheuse impression d'assister au procès du mari, pas pénal mais moral. Il n'est pas exempt de tout reproche. Mais _tout mettre sur le dos du mari, c'est trop facile_."

"Ce qu'on comprend aujourd'hui, c'est qu'elle vivait _un amour étouffant_. Elle se trouvait dans une prison invisible. Son existence a été confisquée depuis son adolescence. Elle a vécu un huit-clos à deux, qui est devenu un huit-clos avec elle-même", a plaidé maître Gonthier, l'avocat des parents et frères et sœurs de l'accusée, parties civiles dans ce procès, qui a ciblé son mari. Il a également expliqué que ses clients n'attendaient "ni une condamnation ni une absolution", mais "comprendre pourquoi Ramona, leur Ramona avait commis l'impensable".

Bien comprendre pour juger

"Juger c'est comprendre" avait dit le président de la cour d'assises à l'ouverture des débats. Quatre jours plus tard, l'un des avocats de la défense, maître Dupin ajoute "mais il faut bien comprendre pour juger". "Il faut se mettre à la hauteur de cette femme et s'extraire de la logique rationnelle, sinon, vous vous éloignez de la vérité" avait également plaidé en écho, l'autre avocate de l'accusée, maître Lhospital. "Elle s'est éteinte par cette rencontre amoureuse précoce à 15 ans, réduite à l'état d'objet, plongée dans le silence, jusqu'à ce 19 mars 2015. Alors rendre justice, ce n'est pas accabler cette maman de deux jeunes filles bien vivantes". Douze ans requis. L'enfermement dans cette affaire a-t-il du sens ? Question posée également par maître Dupin qui rappelle "la tristesse de sa vie. Oui elle a tué cinq bébés. Mais elle a sombré parce qu'il en avait fait sa chose, dans cette vie conjugale destructrice et abominable. Elle est en réalité en prison depuis 2009 (NB : dans son couple, et avec ces grossesses cachées et des relations sexuelles "subies") ! Vous avez déjà entendu quelqu'un, comme elle, dire, qu'elle a retrouvé sa liberté derrière les barreaux de sa cellule ?"

Le verdict de ce procès, qui a débuté lundi, est attendu vendredi. 

Juste avant les plaidoiries ce jeudi, l'accusée avait été interrogée une dernière fois sur les cinq infanticides. Le président de la cour lui a demandé si elle avait pu regarder les photos projetées dans la salle d'audience, des quatre bébés congelés et du cinquième dans le sac isotherme. Elle a répondu : "ici non. Mais en détention, j'ai eu l'occasion oui. _J'ai vu des petits poupons. C'était horrible et j'ai vomi_". Preuve d'un début de prise de conscience, selon l'avocate de l'association Innocence en danger, maître Bucquet.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu