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Faits divers – Justice

Quintuple infanticide de Louchats : un début d'explication ?

Ce n'est "pas un déni de grossesse mais un déni de maternité" est venu expliquer l'expert psychologue devant la cour d'assises de la Gironde ce mercredi, au troisième jour du procès du quintuple infanticide de Louchats révélé en 2015. L'accusée a également tenté de mettre des mots sur ses actes.

Après la personnalité de l'accusée, les faits ont commencé à être examinés devant les assises de la Gironde
Après la personnalité de l'accusée, les faits ont commencé à être examinés devant les assises de la Gironde © Radio France - Stéphanie Brossard

Après la personnalité de l'accusée, et le contexte du quintuple infanticide de Louchats, la cour d'assises de la Gironde a commencé mercredi à examiner les faits à proprement parler, et l'enquête :  comment et pourquoi de 2009 à 2015, cette mère de famille de 37 ans déjà maman de 2 filles adolescentes, a mis au monde, puis a tué cinq bébés avant de les cacher (dans le congélateur pour les 4 premiers et dans un sac isotherme pour le dernier) ?

"Ce n'était pas mes enfants"

L'accusée se fait violence face à la cour. Cela transpire dans son attitude. Elle se triture les mains, avec nervosité, et lâche. "Ce n'était pas mes enfants. _Dans ma tête, c'est comme s'il n'y avait rien_. Alors oui, là maintenant, quand j'entend les experts, je réalise que ce sont des enfants, mais il n'y a pas le côté affectif de ma part". Une tentative d'explication qui intervient après la projection quelques instants plus tôt, de photos des 4 bébés congelés (après les photos du bébé retrouvé dans le sac isotherme la veille) et du détail des autopsies. C'étaient trois garçons et deux filles, nés viables et morts asphyxiés.

"Un mari qui lui interdisait tout et ne s'interdisait rien"

Elle se souvient vaguement "par flashes" des accouchements; d'un en particulier, sans pouvoir le dater, où "ça été dur, où elle s'est dit qu'elle allait mourir et que ce serait fini!" Terminé cet "engrenage", et cet "enfermement" qu'elle décrit. Avec mari "qui lui interdisait tout" dit-elle (y compris choisir son propre médecin), "alors que lui ne s'interdisait rien" (référence à ses actes d'exhibitionnisme qui ont déclenché un dégoût pour elle). C'était en 2008. Et c'est un point de bascule, confirme l'expert psychologue. En 2006, enceinte, elle a recours a une IVG en accord avec son mari, parce qu'elle vient d'obtenir un CDI dans la société d'horticulture qui l'emploie. "A ce moment là, il y a encore un peu de dialogue dans le couple. Ensuite c'est terminé", relève la psychologue.

Pas de déni de grossesse mais de maternité

C'est ce contexte de relation conjugale "délétère avec un mari violent, qui lui impose des relations", auxquelles "se soumet" qu'il faut avoir à l'esprit pour expliquer les cinq infanticides. Il faut aussi prendre en compte que c'est "une personnalité effacée qui s'est encore plus éteinte quand elle a rencontré son mari à 15 ans".  Elle s'est enfermée dans un mensonge dont elle ne savait plus comment se sortir. "Je savais que j'étais enceinte. Je ne voyais pas d'issue. Je ne pouvais pas, je ne voulais pas y penser". Ce n'est "pas un déni de grossesse mais un déni de maternité". Pour elle, conclut la psychologue, "ces enfants n'étaient pas attendus. Ils n'existaient pas".

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