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Faits divers – Justice

Quintuple infanticide de Louchats : la mère condamnée à huit ans de prison

La cour d'assises de la Gironde a condamné à huit ans de réclusion criminelle, une mère de famille de 37 ans jugée depuis le début de la semaine pour cinq infanticides chez elle à Louchats entre 2009 et 2015.

Le palais de justice de Bordeaux
Le palais de justice de Bordeaux © Radio France - Stéphanie Brossard

Le ministère public avait requis 12 ans de réclusion. La cour d'assises de la Gironde a été plus clémente en infligeant ce vendredi midi après deux heures de délibéré et quatre jours et demi de débats, une peine de huit années de réclusion assortie d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans.

Juste avant que la cour parte délibérer, l'accusée s'était adressée aux jurés, leur demandant d'avoir "à l'esprit que sa nouvelle vie est entre leurs mains" désormais. Un discours émouvant dans lequel elle expliquait espérer parvenir un jour à considérer "ces bébés comme mes enfants". Elle avait demandé pardon à "ces bébés", à la société "que j'ai heurtée, choquée pour ces terribles actes" et à ses filles "à qui j'ai infligée cette douleur".

Une peine "porteuse d'espoir"

Une peine "porteuse d'espoir pour que cette femme retrouve une vie" a commenté maître Dupin l'un des avocats de Ramona Canete. "C'est peut-être un commencement pour elle, le commencement de sa vie de femme".

Maître Dupin : "le commencement de sa vie de femme"

Elle a déjà effectué trois ans de détention provisoire à la maison d'arrêt de Gradignan et pourrait bénéficier d'une libération conditionnelle avant le terme de sa peine. Sa famille, ses filles de 17 et 19 ans l'attendent. Un travail également. Son employeur ne l'a jamais licencié. "Il est prêt ainsi que toute l'équipe à la retrouver, mais ce sera à elle de décider si elle souhaite continuer dans ce contexte, cet environnement qui a été aussi douloureux."

Maître Lhospital : "son employeur n'a jamais rompu son contrat"

Une peine "qui laisse une possibilité d'existence à une femme qui en a été privée"

Pour les parties civiles et maître Jean Gonthier, qui défendait les parents et frères et sœurs de l'accusée, c'est "une véritable peine qui signifie la gravité des faits mais qui prend en considération l'environnement et la personnalité de l'accusée. C'est une peine qui laisse une existence à cette femme qui jusqu'ici en avait été privée. Elle a exprimé et expliqué ce qu'elle pouvait mais je crois qu'il y a une dose d'incompréhensible qui demeurera. La famille en tous cas est très heureuse de l'audience."

Maître Gonthier : "elle a exprimé ce qu'elle peut expliquer"

Ramona Canete a décrit, durant son procès, "l'enfermement" qu'elle vivait, ce "mari jaloux et violent qui lui interdisait tout". Elle n'a pas fait un déni de grossesse mais un déni de maternité ont expliqué les experts à la barre : "ce n'était pas mes enfants. C'est comme s'il n'y avait rien dans ma tête."

C'est le 19 mars 2015 que la macabre découverte avait été faite à Louchats - Maxppp
C'est le 19 mars 2015 que la macabre découverte avait été faite à Louchats © Maxppp -

"Un procès bouleversant"

C'était "un procès humainement bouleversant" selon maître Nathalie Bucquet pour l'association Innocence en danger. "L'accusée paraissait murée et au fur et à mesure des débats, a accepté de s'ouvrir et à eu un mots pour ces bébés. Ce qui est un premier pas vers la reconnaissance de l'existence de ces enfants. Il y avait deux écueils à éviter : l'excès de compassion ou en faire un monstre. Et on est dans le juste milieu. Finalement, il y a une prise en compte du contexte, comme pour l'affaire Courjault et Cottrez et c'est ce qui fait aussi qu'on a souvent des peines similaires".

Maître Bucquet : "ni excès de compassion, ni en faire un monstre"

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