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Faits divers – Justice

Quatorze ans de prison pour le meurtrier de Mohammed El Hanch

vendredi 13 avril 2018 à 21:02 Par Cyrille Ardaud, France Bleu Orléans

Cette semaine à la cour d'Assises du Loiret, se tenait le procès des quatre hommes accusés de l'assassinat de Mohammed El Hanch. En 2012, il avait été abattu d'une balle dans le quartier de la Source, alors qu'il déménageait avec sa famille.

La cour d'assises, où ont été jugés les quatre hommes
La cour d'assises, où ont été jugés les quatre hommes © Radio France - Cyrille Ardaud

Orléans, France

L'acquittement pour l'un, quatorze ans de prison pour l'autre. Ils étaient jugés ensemble mais leur peine sont pour le moins très différentes. La cour d'assises du Loiret jugeait entre ce mardi 10 avril et ce vendredi 13 avril, l'affaire de l'homicide de Mohammed El Hanch. Cet habitant de la Source avait été abattu d'une balle, lors d'un déménagement avec sa famille. C'était il y a six ans, le 24 mars 2012.

Quatre accusés,  un acquittement

Dans cette affaire, quatre hommes comparaissaient pour assassinat et complicité assassinat. Le principal accusé, Hatim Saboh, a été condamné à 14 ans de prison. Les jurés n'ont pas retenu la qualification d'assassinat, c'est-à-dire un homicide avec préméditation. Yassin Ben Ali et Oubeil Ben Abderrahmane, accusés d'avoir frappé la victime à coups de matraque ont été condamnés à trois années de prison chacun. C'est la qualification de violences volontaires avec arme qui a finalement été retenue.

Enfin, le quatrième accusé, Nour-Eddine Ben Abderrahmane, a été acquitté. C'était la réquisition de l'avocat général, et la demande de son avocat. Ils estimaient qu'il n'y avait pas d'élément à charge contre lui.

"Espèce de chien !"

Après l'annonce du verdict, à la sortie de l'audience, quelques injures ont fusé de la part de la famille de la victime, à l'encontre des condamnés et de l'acquitté. "Espèce de chien !", "C'est Dieu qui vous jugera de toute façon." Mais plusieurs policiers étaient présents tout au long de la semaine. Ils ont directement calmé le jeu.  Mis à part cet incident, cette dernière journée a été à l'image des quatre jours de procès : sans trop d'accroc.

Malgré tout durant tout le procès, beaucoup de larmes ont coulé de la part de la famille de Mohammed El Hanch. Ils étaient une trentaine à se constituer partie civile.

Jeudi après-midi, l'épouse de la victime, mais aussi son père, et plusieurs de ses sœurs ont longuement témoigné à la barre. Parlant d'un homme "patient", d'un père "présent, qui s'occupait très bien de ses enfants", d'un frère qui "adorait les câlins. Le plus doux de la famille." Durant sa plaidoirie, l'avocate de la famille des victimes, Maître Toby, a évoqué : "Une personne qui déménageait avec sa famille, qui l'emmenait dans un appartement plus grand pour leur offrir plus de confort. Un homme qui ne voulait pas se battre, qui voulait vivre !"

Le "sauvage"

Mais loin de cette image de père-modèle et de mari idéal, il y a une autre description de Mohammed El Hanch. Dépeint parfois comme le caïd de la cité. Un homme surnommé le "sauvage", et qui souhaitait étendre son influence sur la Source. 

L'homme avait en effet un passé judiciaire plutôt chargé : 11 condamnations pour vols et violences, et trois ans passés en prison. Mais Maître Caroline Toby affirme à la barre que "depuis son mariage et la naissance de ses enfants, il s'était rangé. Il était devenu un homme sans histoire."

Un affrontement de cité, ça peut démarrer sur un rien

Avant le procès de l'homicide de Mohammed El Hanch, de nombreuses zones de flous demeuraient. Notamment sur la chronologie des faits et sur le mobile de l'homicide. Pendant longtemps on soupçonnait des rivalités communautaires, à l'origine des tensions qui ont mené au crime. En réalité il n'en est rien. L'affaire serait partie de pas grand-chose. "Un affrontement de cité, ça peut démarrer sur un rien" rappelle l'avocat général lors de son réquisitoire. 

C'est probablement un regard en coin, une parole de travers, une question d'honneur, qui déclenche la première bagarre entre l'un des accusés : Yassin Ben Ali, et la victime Mohammed El Hanch. 

Je me suis pris une grosse branlée, j'étais fou de rage

Quelques coups, une semaine avant l'homicide."Je me suis pris une grosse branlée, j'étais fou de rage" affirmera plusieurs fois Yassin Ben Ali à la barre. Pendant plusieurs jours, il reste chez lui, la colère monte. 

Ses amis et lui décident alors de se procurer des matraques, pour se venger. L'un d'eux, Hatim Saboh sera interpellé en possession de l'arme, le soir juste avant le drame. Il passera la nuit en garde à vue, et sortira le lendemain midi, sans sa matraque. Avant de rentrer à la Source , il fait un détour par la forêt d'Ardon où il récupère un pistolet qu'il avait enterré quelques mois plus tôt.

Plusieurs coups de feu

L'après-midi, la confrontation semble inéluctable. Les accusés croisent plusieurs fois la future victime. Les insultes, les provocations fusent. Peu avant 17 heures, la situation dégénère. Alors que Mohammed El Hanch se réfugie dans sa voiture, deux agresseurs le rouent de coups de matraques. El Hanch se saisit de son arme. Hatim Saboh, posté à quelques mètres de là, tire, une seule et unique balle. Elle sera fatale. Les agresseurs prennent la fuite. Dans un dernier souffle, la victime sort de son véhicule et tire deux ou trois balles en l'air, sans toucher personne, avant de s'effondrer au sol. Il décédera peu après des suites de sa blessure.

Quid de l'arme de El Hanch ?

Une question reste toutefois en suspens : si Mohammed El Hanch était réellement ce père de famille-modèle, pourquoi avait-il une arme ? L'avocate de la famille répond simplement : "Quand on s'appelle Mohammed El Hanch, qu'on habite à la Source, et qu'on se sait menacer, on se protège comme on peut."

L'avocat général ne fera pas appel du verdict, les avocats de la défense souhaitent prendre le temps de la réflexion.