Faits divers – Justice

Il a renversé et tué une collégienne au Thillot : quinze mois de prison avec sursis requis contre un chauffeur routier

Par Claudine Cunat, France Bleu Sud Lorraine et France Bleu mardi 13 décembre 2016 à 19:39

Une collégienne de 12 ans avait été happée par un camion au Thillot, le 17 novembre 2016.
Une collégienne de 12 ans avait été happée par un camion au Thillot, le 17 novembre 2016. © Maxppp - Eric THIEBAUT

Le procureur du tribunal correctionnel d'Epinal a requis ce mardi quinze mois de prison avec sursis et l'annulation du permis de conduire contre le chauffeur routier qui, le 17 novembre, a accidentellement tué une collégienne de 12 ans sur un passage piéton. Le jugement sera rendu le 9 février 2017.

D'un côté de la salle d'audience du tribunal correctionnel d'Epinal, les familles des deux victimes et leurs amis. La maman de Damla serre sur son coeur la photo de sa fille. De l'autre côté, tout seul sur un banc, le chauffeur routier. Le 17 novembre 2016, à 7h40, au carrefour du centre du Thillot, Jean Siri, 62 ans, au volant de son camion, tourne à droite. Le feu est vert pour les véhicules. Mais il l'est aussi au passage pour piétons sur lequel se sont engagées deux collégiennes. Happée par l'ensemble routier, Damla est tuée, sa camarade, âgée de 15 ans, blessée. L'accident a provoqué une vive émotion dans la commune vosgienne : le 29 novembre, 1.200 personnes ont participé à une marche d'hommage à la victime.

Je n'ai vu personne sur le passage piétons" - le chauffeur routier

"Je n'ai vu personne sur le passage. Je n'ai jamais vu les deux jeunes filles", soutient le chauffeur, "elles étaient dans l'angle mort. Je n'ai entendu qu'un bruit, sans comprendre ce qui se passait. Pour moi, je n'ai pas commis d'erreur". Jean Siri est formel. Pour la partie civile, Me Jean-Louis Chalanset s'indigne. "Je n'ai rien fait ! C'est la faute à pas de chance ! On a des angles morts, tout le monde le sait. C'est indécent. Il faut que justice soit rendue", martèle l'avocat de la famille.

Entre l'inattention et l'imprudence" - le procureur

Le procureur, Jérôme Pauzat parle, lui, de périmètre entre "l'inattention et l'imprudence", à propos d'un conducteur averti et expérimenté. Quant à Me Jurek, le défenseur du camionneur, "on peut toujours dire "il aurait dû s'arrêter", mais mon client n'avait aucune raison de s'arrêter". L'avocat du prévenu demande la relaxe.

Le jugement a été mis en délibéré au 9 février 2017.