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Rave party à Redon : une semaine après, des appels à témoins et un rassemblement pour "dénoncer la répression"

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300 personnes se sont rassemblées samedi 26 juin à Redon (Ille-et-Vilaine) contre les conditions de dispersion des fêtards lors de la rave party une semaine plus tôt. La main d'un jeune de 22 ans avait été arrachée. Le parquet de Rennes et une association lancent chacun des appels à témoins.

Les restes des grenades lacrymogènes et des balles de LBD ont été récupérés lors de la rave party et dispersés devant la sous-préfecture de Redon. Les restes des grenades lacrymogènes et des balles de LBD ont été récupérés lors de la rave party et dispersés devant la sous-préfecture de Redon.
Les restes des grenades lacrymogènes et des balles de LBD ont été récupérés lors de la rave party et dispersés devant la sous-préfecture de Redon. © Radio France - Maxime Glorieux

Des centaines de grenades lacrymogènes et de balles de LBD jonchent le sol devant la sous-préfecture de Redon (Ille-et-Vilaine). Ce sont les restes de l'évacuation violente de la rave party de Redon, qui a rassemblé environ 1.500 fêtards samedi 19 juin. Une semaine plus tard, plus de 300 personnes se sont rassemblées sous une pluie battante devant la sous-préfecture puis devant la mairie de Redon, à l'appel du collectif citoyen "Pays de Redon en lutte". 

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"Non seulement ils n'avaient pas la possibilité d'évacuer, mais en plus ils étaient gazés et allongés car ils ne pouvaient plus respirer" 

Lise, une Redonnaise, éparpille les restes de grenades sur toute la place. Elle veut dénoncer leur utilisation par les forces de l'ordre. "Qu'ils les ramassent ! Nous, on est allés les ramasser dans le champ alors maintenant qu'ils les ramassent dans la rue, je suis vraiment écœurée !" Les manifestants sont à la fois des teufeurs présents à la rave party une semaine plus tôt, mais également leurs parents. "J'étais effrayée, tétanisée de savoir que ma fille pouvait être en danger", se souvient Ghislaine, la maman d'une fêtarde de 18 ans. Elle est choquée de la violence de l'intervention des forces de l'ordre lors de l'évacuation du site :  "J'ai eu des témoignages de jeunes chez moi ensuite, ils étaient à quatre pattes par terre en train de suffoquer dans la boue pour essayer de partir. Non seulement ils n'avaient pas la possibilité d'évacuer par eux-mêmes, alors que c'était quand même le but des forces de l'ordre, mais en plus ils étaient encerclés, gazés et allongés par terre car ils ne pouvaient plus respirer." 

Les manifestants ont ensuite investi le parvis de la mairie de Redon, avec des enceintes, dans le calme. © Radio France - Maxime Glorieux

Les membres du collectif "Pays de Redon en lutte" veulent pouvoir identifier qui a donné les ordres d'évacuation du site de la rave party par les forces de l'ordre, vers 17 heures samedi 19 juin. "Tout le monde se déresponsabilise ! Ce n'est pas le préfet, ce n'est pas le maire, c'est personne... ! On ne sait pas qui a donné les ordres", regrette une membre active du collectif. 

Un stand de prévention transformé en centre de secours

La destruction du matériel par les gendarmes, sur place, a entraîné de nombreuses réactions. Hervé, un DJ breton, a réussi à évacuer son matériel avant l'évacuation. "Ça fait un an et demi que je ne m'étais pas produit, en plus c'était pour rendre hommage à Steve, noyé dans la Loire après une intervention de police musclée", explique-t-il. 

Les restes de grenades ont été ramassés sur le site de la rave party puis dispersés et laissés devant la mairie et la sous-préfecture. © Radio France - Maxime Glorieux

Ce DJ breton regrette que les secours aient tardé à accéder au site de la rave party. "Une association de prévention des risques était présente sur le site, normalement ils s'occupent de donner des informations pour éviter les accidents. Ils se sont finalement transformés en centre de secours puisque les pompiers n'ont pas eu accès au site avant 19 heures. Lors de l'intervention des forces de l'ordre vers 17 heures, ce stand s'est retrouvé sous les lacrymogènes et a été saccagé par les forces de l'ordre alors que des personnes se faisaient soigner à l'intérieur. Je crois qu'à la guerre il y a une règle qui dit qu'on ne tire pas sur les ambulances, là elle n'a pas été respectée..."

90 jours d'ITT pour le jeune à la main arrachée

Le jeune homme de 22 ans à la main arrachée est sorti de la clinique mercredi 23 juin avec 90 jours d'incapacité temporaire de travail (ITT). Il doit être auditionné dans les prochains jours. Une association d’aide aux victimes a été mandatée par le parquet de Rennes pour l’accompagner dans ses démarches. Les investigations n'ont pas encore apporté d’explication sur l’origine de la déflagration ayant emporté la main. D'autres examens, notamment sur le tee-shirt de la victime, doivent être réalisés. "Toute personne souhaitant apporter son témoignage ou tout document à cette fin est invitée à se faire connaître auprès du service en charge de l’enquête ou auprès du parquet de Rennes", écrit le procureur de la République de Rennes, Philippe Astruc, dans un communiqué. 

En parallèle, une plateforme d'appel à témoignages a été lancée par l'observatoire rennais de libertés publiques (ORLIB) afin de collecter des témoignages, écrits et vidéos du face-à-face avec les forces de l'ordre lors de la rave party. Un serveur sécurisé a été mis en place avec le mot de passe "Teknival2021". L'association a recueilli des dizaines de témoignages au lendemain de l'évacuation du site. Cet appel à témoignages a pour but de constituer un dossier et un rapport pour d'éventuelles suites judiciaires.

Un préjudice estimé à 97.500 euros

Une autre enquête dirigée par le parquet de Rennes suit son cours pour organisation illicite (par violation d’une interdiction préfectorale) d’un rassemblement festif à caractère musical, facilitation de l’usage de stupéfiants et dégradation du bien d’autrui en réunion. Sept plaintes ont été enregistrées pour des dégradations : elles ont été déposées par la mairie de Redon, la société des courses de l’hippodrome et quatre propriétaires de parcelles ainsi qu'un riverain. Le préjudice est estimé à 97.500 euros.

Le procureur de la République de Rennes a également fait la liste du matériel saisi à l'issue de la rave party : trois téléphones portables, un ordinateur portable, trois tables de mixage, une console de mixage, trois amplificateurs et une valise métallique contenant deux platines. Six hauts parleurs et une remorque surmontée d’un groupe électrogène ont par ailleurs été rendus à leurs propriétaires respectifs. 

Les manifestants se sont rassemblés sous une pluie battante. © Radio France - Maxime Glorieux

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