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Dossier : Meurtre d'Agnès Marin

RÉCIT - En novembre 2011, le meurtre d'Agnès au Chambon-sur-Lignon

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Par , France Bleu Pays d'Auvergne

Le procès s'ouvre le 19 juin 2013 au Puy-en-Velay. Matthieu est accusé d'avoir violé, tué puis brûlé Agnès, le 16 novembre 2011 au Chambon-sur-Lignon (43). Le meurtre avait provoqué un vif débat sur la récidive. Car au moment des faits Matthieu était déjà mis en examen pour un autre viol.

Agnès Marin avait disparu du collège Cévenol dans la nuit du 16 novembre 2011.
Agnès Marin avait disparu du collège Cévenol dans la nuit du 16 novembre 2011. © Maxppp -

Pendant plus de deux jours, 150 gendarmes, avec des chiens et un hélicoptère, l'ont cherchée en vain. Agnès a été vue vivante pour la dernière fois le mercredi 16 novembre 2011. L'adolescente de 13 ans avait quitté l'internat du collège-lycée Cévenol du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, pour profiter d'un après-midi de sortie libre. Originaire de la région parisienne, sans amis autour de l'établissement, elle avait seulement emporté son sac à main et aucun de ses proches n'avait cru à une fugue.

Les recherches se sont achevées le vendredi soir, dans ce chemin
Les recherches se sont achevées le vendredi soir, dans ce chemin © Maxppp

Du sang et des aveux

Le corps d'Agnès n'a été retrouvé que le vendredi, d'après les indications données par un autre pensionnaire. Le mercredi, Matthieu était rentré avec des griffures, ce qui avait attiré l'attention. Entendu dès le lendemain, il avait fini par dire aux enquêteurs où ils devaient chercher. Après ses aveux, les analyses avaient confirmé que le sang trouvé sur ses vêtements était celui d'Agnès.

"A deux kilomètres d'ici, un corps calciné"

"A deux kilomètres d'ici, un corps calciné"

Les gendarmes avaient une autre raison de soupçonner Matthieu. Il était sous contrôle judiciaire depuis sa mise en examen pour viol sur mineur de moins de 15 ans. Dans cette affaire, pas encore jugée, il est accusé d'avoir violé une jeune fille de 15 ans, dans un bois, le 1er août 2010 à Nages-et-Solorgues (Gard). Il avait passé quatre mois en détention provisoire et la scolarisation en internat faisait partie des obligations de son contrôle judiciaire.

4.000 personnes à la marche blanche

Sous le choc, Le Chambon-sur-Lignon se recueillait, le dimanche matin, lors d'une vaste marche blanche. En tête du cortège, les camarades de classe d'Agnès, Eliane Wauquiez-Motte, maire du village, et son fils Laurent Wauquiez, alors ministre mais aussi ancien élève du collège Cévenol.

La marche blanche organisée le 20 novembre 2011
La marche blanche organisée le 20 novembre 2011 © Maxppp

Au même moment, la mère de la victime posait publiquement la question des responsabilités dans ce drame. Elle accusait le collège Cévenol, qui a toujours donné une seconde chance à des enfants en difficulté, d'avoir "fait une énorme erreur " en acceptant d'accueillir Mathieu malgré son passé.

"L'inconséquence et l'irresponsabilité d'un système"

Ce passé, les responsables de l'établissement affirmaient aussitôt l'ignorer en grande partie. Ni la justice, ni la police, ni les parents de Matthieu ne les avaient informés de la mise en cause de l'adolescent dans un viol.

La direction du collège-lycée Cevenol "sidérée et indignée"

Dangerosité ou danger ?

L'équipe du collège-lycée savait seulement que Matthieu avait été en prison et qu'il était suivi. Mais il n'était pas le seul élève dans ce cas. Les expertises psychiatrique, psychologique et le rapport de la protection judiciaire de la jeunesse n'avaient pas décelé chez lui de "dangerosité ". Ce qui ne voulait pas dire qu'il n'était pas dangereux.

La "dangerosité" psychiatrique, si différente du danger de passage à l'acte.

D'autres membres de l'équipe éducative se sont souvenus de "signes " qui auraient pu les alerter, s'ils avaient su. Matthieu a par exemple été convoqué en conseil de vie scolaire, pour des problèmes d'attitude générale.

"Elle ne devait pas mourir "

"Elle ne devait pas mourir ", résumait le père d'Agnès quelques jours après le drame. Il citait alors l'existence de centres éducatifs fermés, une alternative à la détention réservée aux mineurs multirécidivistes.

En réponse au meurtre d'Agnès le garde des Sceaux d'alors, Michel Mercier, a demandé aux parquets de requérir à l'avenir le placement en centre éducatif fermé "pour les cas les plus graves ", dans l'attente de leur jugement. Mais nul ne sait si Matthieu aurait été considéré comme un "cas " particulièrement "grave".

→ Lire aussi :

→ Notre dossier : Le meurtre d'Agnès Marin

Les parents d'Agnès devant leur domicile parisien, cinq jours après le drame.
Les parents d'Agnès devant leur domicile parisien, cinq jours après le drame. © Maxppp
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