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Faits divers – Justice

Reclus de Monflanquin : la famille De Vedrines se bat toujours pour récupérer son château

dimanche 10 juin 2018 à 18:01 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde et France Bleu

La cour d'appel d'Agen examine ce lundi après-midi la requête des époux De Vedrines pour récupérer le château de Martel, à Monflanquin, en Lot et Garonne. Onze membres de la famille étaient sous l'emprise mentale d'un gourou, Thierry Tilly, lorsqu'ils ont vendu le berceau familial il y a dix ans.

Le château de Martel, à Monflanquin, en Lot et Garonne
Le château de Martel, à Monflanquin, en Lot et Garonne © Maxppp -

Bordeaux, France

C'est sans doute l'un des derniers épisodes de l'affaire des reclus de Monflanquin qui se joue ce lundi après-midi devant la Cour d'appel d'Agen.  Cette riche famille d'aristocrates du Sud-Ouest était  restée dix ans sous l'emprise mentale d'un gourou qui les a ruinés. Le gourou en question, Thierry Tilly, a été condamné en juin 2013 à 10 ans de prison par la Cour d'Appel de Bordeaux

Car si le dossier est clos sur le plan pénal, il se poursuit au civil. La famille De Vedrines va tenter, devant la Cour d'appel d'Agen, de récupérer le château de Martel, le château familial de Monflanquin, en Lot et Garonne, qu'ils avaient été obligés de vendre en janvier 2008 ; la famille était alors séquestrée par le gourou, à Oxford, en Angleterre.   

En septembre 2015, en première instance, la justice leur avait donné en partie raison : elle avait alors estimé que les membres de la famille n'étaient pas en pleine possession de leurs moyens au moment de cette vente. Mais le château a été revendu dès 2009, et il s'agit à présent d'obtenir aussi l'annulation de la seconde vente. 

La nouvelle propriétaire plaide la bonne foi, expliquant qu'elle n'était pas au courant de toute cette affaire, lorsqu'elle a racheté, pour 570.000 euros, ce château de 1000 mètres carrés, et ses presque 2 hectares de terrain. Mais,  selon la défense, elle était alors domiciliée à 20 kms de Monflanquin, et il lui était impossible d'ignorer toute cette affaire, avec tout le battage médiatique de l'époque. "C'est ce dernier verrou que nous voulons faire sauter, explique maître Daniel Picotin, l'avocat de Charles-Henri et Christine De Vedrines, et si nous réussissons, mes clients retrouveront non seulement leur bien, mais aussi leur honneur". 

Si la justice veut frapper un grand coup, et dire : nous sommes plus forts que le gourou, il faut effectivement leur rendre le berceau de la famille. — Daniel Picotin, l'avocat des époux De Vedrines 

"La justice a le choix entre donner raison au gourou ou donner raison au bon sens" Maître Daniel Picotin

"Récupérer leur bien... et leur honneur"

Car plus qu'une question d'argent, Charles-Henri De Vedrines et sa femme Christine en font une question de principe, et invoquent l'attachement affectif. "_Ce château, e_xplique Charles-Henri, est dans la famille depuis quatre siècles, c'est une partie de mes tripes ; si un jour je suis contraint de vendre cette maison, je veux que ce soit volontaire. Là, on me l'a volée." 

J'ai tout simplement envie de pouvoir mourir chez moi. — Charles-Henri De Vedrines 

Maître Picotin, entouré de Christine et Charles-Henri De Vedrines - Maxppp
Maître Picotin, entouré de Christine et Charles-Henri De Vedrines © Maxppp -

"Si nous n'avions pas été l'emprise mentale de ce gourou, la propriété n'aurait jamais quitté le giron familial, poursuit Charles-Henri De Vedrines, qui se dit optimiste quant à la décision des juges, "car j'ai confiance dans la justice de mon pays". 

"Pour moi, récupérer cette maison, c'est essentiel" Charles-Henri De Vedrines

Le château de Martel, estimé aujourd'hui à un million et demi d'euros, n'est qu'une partie des biens dont la famille a été "spoliée", selon ses termes. Ce sont 4 millions et demi d'euros au total qu'ils ont perdu, en étant forcé à vendre meubles, bijoux et autres maisons. 

Escroc hors-norme et génie de la manipulation, Thierry Tilly avait placé sous sa coupe trois générations de cette famille, soit 11 personnes au total, allant jusqu'à les séquestrer et à leur infliger des tortures physiques et psychologiques pour les dépouiller de tous leurs biens.