Faits divers – Justice

Reclus de Monflanquin : la famille de Védrines veut maintenant récupérer son chateau

Par Florence Pérusin, France Bleu Gironde mercredi 7 janvier 2015 à 10:40

Les bancs des parties civiles au procés des reclus de Monflanquin
Les bancs des parties civiles au procés des reclus de Monflanquin © Radio France

Christine de Védrines et son mari se lancent aujourd'hui dans un nouveau combat. Près de 2 ans après la condamnation de leur ancien gourou Thierry Tilly à 10 ans de prison par la cour d'appel de Bordeaux, la famille spoliée veut aujourd'hui récupérer sa propriété de Monflanquin, estimant qu'elle a été vendue sous la contrainte psychologique.

France Bleu Gironde : Rappelez-nous dans quelles circonstances a été vendu votre chateau de Monflanquin ?

Christine de Védrines  : Dans des circonstances tout à fait rocambolesques puisque mon mari, qui en était le propriétaire a crû à l'époque signer un prêt hypothécaire. Monsieur Tilly avait même réussi à le persuader que c'était pour sauver la maison. Évidemment ça semble extraoridinaire aujourd'hui, raconté comme ça, mais nous étions séquestrés depuis 15 jours sans nourriture ou presque par notre ancien gourou... Et nous ne dormions plus. Mon mari a alors été conduit à Oxford par Monsieur Tillu pour signer ces documents, ce qu'il a fait. Nous n'étions pas dans notre état de pleine conscience.Si votre chateau vous était rendu par décision de justice, ce serait une première. Avez-vous bon espoir que ça arrive ? Los du procès en appel à Bordeaux, qui a abouti à la condamnation à dix ans de prison de Thierry Tilly, il a été reconnu que nous étions en état de faiblesse donc tout ce que nous avons signé pendant cette période doit être remis en cause par la justice, cela me parait normal. Et puis il y a eu cette première étape judiciaire importante: le mandat remis à l'agence à l'époque a été annulé par la cour d'appel d'Agen. Si le mandat n'a pas été signé dans des conditions normales, il me paraît logique que la vente puisse être annulée.

Pourquoi voulez-vous tant récupérer ce chateau ?

C'est une maison familiale qui a vu les mariages, les baptêmes et les enterrements de notre famille. Les enfants y ont cherché les œufs de Pâques. Pour ma part les miens y sont allés en vacances très tôt tous les étés... Ce n'est pas la valeur intrinsèque de la maison qui nous intéresse, mais le lien que nous avons avec elle depuis quatre siècles. Pour mon mari c'est un déchirement de penser que nous ne pourrons pas la transmettre à notre tour.

Comment allez-vous aujourd'hui près de deux ans après la condamnation de Thierry Tilly ?

La condamnation et notre reconnaissance comme victimes nous aide énormément. Mais la page ne sera malheureusement jamais vraiment tournée. La grande chance que nous avons c'est que nous sommes restés unis avec nos enfants qui ont eu dix ans de vie entre parenthèses à cause de nous, à un âge ou ils auraient dû faire des études et sortir avec des amis. Pour moi, je me dis que je n'ai pas joué mon rôle de mère en les protégeant car c'est nous qui les avons entrainé la dedans... Et ça c'est une grande souffrance... Mais nous sommes tous les cinq ensemble entourés d'amis et de famille pour nous reconstruire. Et récupérer la maison fait partie de cette reconstruction.

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