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Faits divers – Justice

Reconnue victime de harcèlement sexuel 8 ans après les faits

lundi 20 juin 2016 à 6:00 Par Adrien Bossard, France Bleu Paris et France Bleu

Harcelée par l'ex chef de la police municipal de Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne, une employée obtient enfin gain de cause dans son combat contre la mairie. La municipalité est condamnée à lui verser 15.000 euros de dommages et intérêts pour avoir "couvert" le policier.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Maxppp - Alexandre Marchi

Montereau-Fault-Yonne, France

Cela fait 8 ans qu'elle attendait ça. Celle que nous appellerons Lola, par souci d'anonymat, vient d'être reconnue victime de harcèlement sexuel. Lorsqu'elle était secrétaire du chef de la police municipale de Montereau-Fault-Yonne, elle subissait le harcèlement de son supérieur. La mairie a été condamnée par le tribunal administratif de Melun, le 1er juin dernier, à lui verser 15.000 euros de dommages et intérêts pour avoir "couvert" le policier.

"Il m'envoyait des vidéos pornographiques par mail", Lola

Tout commence début 2007. Lola, alors âgée de 26 ans, vient d'intégrer le service des archives de la police municipale, comme secrétaire. Les premiers mois, "tout se passe bien" avec son supérieur. "Puis, il a commencé à me porter un intérêt particulier, m'a fait des confidences sur sa vie personnelle, en cherchant à ce que je lui en fasse. Et ça a dérivé sur des propositions de sortir à l'extérieur jusqu'à des envois des vidéos phonographiques par mail."

"Du mal à déceler que son comportement n'était pas normal", Lola.

Au départ, Lola ne réalise pas trop et ne sait pas comment gérer la situation. Alors, elle ne dit rien, de peur de représailles. Et un an après les premiers agissements, c'est une altercation au travail qui la pousse à en informer sa hiérarchie. D'autant que quelques jours plus tôt, son supérieur lui a proposé "une arme en échange d'un rapport sexuel"

Une arme en échange d'un rapport sexuel  

La mairie lui conseille alors de se faire remettre l'arme en question, dans un endroit filmé, afin de disposer de preuves matérielles pour d'éventuelles sanctions. Lola s’exécute. En conseil de discipline, le policier reconnaît les faits, les avances et les mails. Il est pourtant blanchi et Lola exclue par la mairie pendant 18 mois "pour remise en cause de l'autorité territoriale."

"Là, je suis tombée en dépression, il m'ont fait passé pour l’instigatrice de tout ça alors que c'est eux qui m'ont proposé ce chantage", explique Lola. Elle décide de porter plainte, soutenue par l'AVFT, l'association contre les violences faites aux femmes au travail.

"On m'a accablé comme l'instigatrice du chantage"

Plusieurs années s'écoulent avant que le tribunal administratif de Melun ne rende sa décision. Lola est reconnue victime de harcèlement sexuel. La mairie est elle condamnée pour avoir exposé les faits "de manière orientée en conseil de discipline" selon le juge et pour avoir "tenté de faire passer la victime pour une affabulatrice."

A ce moment, Lola explose de joie, selon ces propres termes. "J'étais complètement soulagée. Il y a eu une analyse logique de mon dossier, on a reconnu les faits. Enfin. Maintenant peu importe ce qui se passe par la suite, c'est déjà une petite victoire en soit."

"Après le jugement, j'étais soulagée. C'est une victoire", Lola.

"Des accusations au caractère fallacieux", Yves Jégo, maire UDI de Montereau-Fault-Yonne

La mairie de Montereau-Fault-Yonne a décidé de faire appel de cette décision. Contactée, elle n'a pas souhaité faire de longues déclarations. Le maire UDI Yves Jégo explique simplement que "nous apporterons la preuve du caractère fallacieux des accusations contre la mairie".

La procèdure se poursuit aussi sur le plan pénal, à l'encontre de l'ex chef de la police municipale. Les conclusions de la commission rogatoire n'ont pas encore été rendues.