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Faits divers – Justice

Réforme de la justice des mineurs : les éducateurs côte-d'oriens réclament plus de moyens

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Par , France Bleu Bourgogne

Alors que la Garde des sceaux Nicole Belloubet s'apprête à présenter sa réforme de la justice des mineurs, les professionnels sur le terrain s'inquiètent. Ils réclament plus de moyens, plus de prévention et d'éducation et moins de répression.

photo d'illustration
photo d'illustration © Maxppp - Yolande Mignot

Côte-d'Or, France

La question de la délinquance des mineurs est réapparue ces derniers jours à la lumière des incendies et des caillassages qui ont eu lieu à Chenôve et dans l'agglomération dijonnaise. Au niveau national, la ministre Nicole Belloubet doit présenter la semaine prochaine aux syndicats sa réforme de la justice des mineurs. Un texte dont on ne sait pas encore grand-chose, mais qui inquiète déjà les professionnels sur le terrain. 

Education plutôt que répression 

Educateurs, magistrats et avocats ont lancé une plateforme en novembre dernier, pour faire des propositions concrètes à ce sujet, à défaut d'être consultés directement par le ministère de la Justice. Ils sont venus présenter leurs travaux à Dijon ce mercredi et réclament plus de moyens pour la prévention et l'éducation. 

"Le maire de Chenôve l'a bien dit la semaine dernière, les services de prévention spécialisés, qui font de la prévention et de la proximité, _sont décimés dans le département_, déplore Philippe Aymard, éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse et secrétaire régional SNPES-PJJ/FSU. Même les policiers le disent, que ce n'est pas leur travail d'être dans la rue le soir avec les enfants et les adolescents." Il fait également le constat que 80% des jeunes suivis par son service sont déscolarisés : "ce qui veut dire que l'éducation nationale n'a plus les moyens de remplir sa mission pour les publics les plus fragiles, et ce n'est pas parce que les enseignants ne font pas bien leur métier." 

Du côté des enseignants d'ailleurs, on déplore un manque de formation et d'interlocuteurs. Françoise Lyon, de la FSU à Dijon reconnaît que les enseignants sont "témoins de petits actes, qui ne sont pas assez graves pour être signalés aux forces de l'ordre, mais qui mis bout à bout à la fin de l'année nous inquiètent. On sent venir la dérive, mais on ne sait pas à qui transmettre ces informations." 

Pas d'augmentation de la délinquance juvénile

"J'ai avec moi une phrase qui dit "les jeunes d'aujourd'hui sont mal élevés, méprisent l'autorité, n'ont aucun respect pour leurs aînés" s'amuse Sonia Olivier, éducatrice en milieu ouvert à la protection judiciaire de la jeunesse et co secrétaire du SNPES-PJJ-FSU. Cette phrase n'a pas été écrite par l'un de nos contemporains, mais par Socrate. Preuve selon elle que les adultes, en vieillissant, ont un regard toujours plus dur sur les générations qui suivent. Mais les chiffres prouvent que la délinquance juvénile est stable. "Les réponses pénales par contre se durcissent, détaille Sonia Olivier qui rappelle qu'en juin 2018, la France a battu son record de mineurs incarcérés. "Ils étaient 893 à être écroués dans les quartiers mineurs des prisons, sans compter tous ceux qui sont en centre éducatif fermé"

Parmi les pistes de la réforme de la justice des mineurs il y a la création de 20 nouveaux centres éducatifs fermés en France et l'accélération de certaines procédures. Mais les professionnels réclament plus de places en milieu ouvert, plus de moyens dans les tribunaux et pour la prévention, et plus de temps pour permettre aux mineurs de comprendre la gravité de leurs actes.