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Landes : réhabiliter la mémoire de son père, le combat de Gérard Revy

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Par , France Bleu Gascogne

Toute sa vie, Gérard Revy a cherché la vérité sur le passé de sa famille. Avec une volonté farouche : blanchir André, son père, assassiné par un résistant le 6 juillet 1944 à Lussagnet (Landes). Né deux mois après les faits, il le jure : non, son père n'était pas un collaborateur.

Gérard André Revy, 76 ans, auteur du livre autobiographique, Le combat d'une vie
Gérard André Revy, 76 ans, auteur du livre autobiographique, Le combat d'une vie - DR

C'est une plongée au cœur de l'une des périodes les plus troubles de l'histoire de France que nous propose Gérard Revy. L'épuration. Durant ces quelques mois entre la libération et l'instauration de la IVe République, les sentences étaient rendues dans les bois. Les exécutions, hors des tribunaux, sans aucune autre forme de procès. Dans son livre, Le combat de ma vie, Gérard Revy l'affirme : son père a été victime de cette époque. 

À la recherche de la vérité 

Le 6 juillet 1944 à Lussagnet (Landes), André Revy, 23 ans, est assassiné par un membre de la résistance, Georges Tarditz. Après avoir nié les faits, l'homme que l'on surnommait "Le Tatoué" avoue ce meurtre en 1954. Mais en vertu de l'Ordonnance d'Alger de juillet 1943, qui légitime les actes, même répréhensibles, accomplis par la Résistance française pour libérer la France, Georges Tarditz bénéficie d'un non-lieu. 

Gérard, lui, est né deux mois après la mort de son père. "Pour me protéger, on ne m'a jamais rien dit", explique-t-il. Après avoir longtemps douté sur le camp choisi par son père durant la Seconde Guerre mondiale, il veut désormais laver l'honneur de sa famille. "Je ne veux pas partir avec l'idée que mon père a trahi la France. Ce n'est pas un traître !"  

Au fur et à mesure de son existence, il découvre que son grand-père (le père d'André) s'était déjà battu pour réhabiliter son fils. Un combat gagné puisque André est blanchi par la justice en 1954. Alors Gérard veut faire sa part, pour ses enfants et petits-enfants. "Mes enfants méritent d'avoir la vérité et de savoir que mon père à moi n'était pas un collaborateur." 

"C'est le dernier combat de ma vie " 

Au crépuscule de sa vie, comme il le dit lui-même, il s'est fait une promesse : débaptiser l'avenue Georges Tarditz de Mont-de-Marsan. "C'est une façon, au moins, de punir le meurtre de mon père. C'est le dernier combat de ma vie." Pour Gérard Revy, cette décision aurait valeur de sanction pénale. 

Après un premier refus l'an dernier, Gérard Revy prévoit d'envoyer une seconde lettre au maire de Mont-de-Marsan, Charles Dayot. Puis de s'entretenir avec la ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants. Une certaine Geneviève Darrieussecq... ancienne édile de Mont-de-Marsan. 

Dimanche 5 juillet, une plaque en marbre, autorisée par le Conseil municipal de la ville, a été posée dans le cimetière de Lussagnet. On peut y lire l'inscription : "André Revy, disparu à Lussagnet, le 6 juillet 1944. Repose en paix."

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