Faits divers – Justice

Reims : trois passeurs sous les verrous pour trafic de migrants

Par Sylvie Bassal, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu vendredi 23 septembre 2016 à 20:03

Le procureur de la République de Reims
Le procureur de la République de Reims © Radio France - Sylvie Bassal

Ces passeurs convoyaient des migrants de la jungle de Calais à Reims à bord de camions parfois frigorifiques, contre de fortes sommes d'argent.Trois hommes ont été interpellés et déférés ce vendredi devant la justice. Ils sont mis en examen pour aide au séjour irrégulier en bande organisée.

A Reims, trois hommes ont été interpellés et déférés, ce vendredi 23 septembre, devant la justice. Ils sont mis en examen pour aide au séjour irrégulier en bande organisée. Les trois passeurs, d'une vingtaine d'années, sont originaires du Kurdistan Irakien. Ils sont soupçonnés d' avoir convoyé des migrants de la jungle de Calais jusqu'à Reims. Loin des contrôles opérés du côté de Calais, ils les entassaient dans des camions , parfois frigorifiques, repérés sur les aires de l' autoroute A 26. Ces camions, en partance pour la Grande Bretagne, étaient fracturés, sans que les chauffeurs s' en aperçoivent .

L' enquête a démarré au hasard d'un contrôle routier, opéré en janvier dernier par l' escadron départemental de la sécurité routière de la Marne, sur l'aire de Reims-Champagne. Des migrants ont été découverts dans un convoi. Les gendarmes ont mis la main sur un téléphone portable, vraisemblablement oublié par un passeur. Ils ont pu ainsi remonter la piste, et interpeller trois passeurs qui étaient sous surveillance depuis plusieurs semaines.

1500 à 2000 migrants convoyés en huit mois

Un seul d'entre eux a reconnu les faits pendant sa garde à vue. Il a expliqué aux enquêteurs qu'il prenait en charge, chaque jour et cinq jours par semaine, une vingtaine de migrants, soit entre 1500 et 2000 migrants depuis janvier dernier. A chaque fois qu'il réussissait à faire passer son convoi de migrants, il empochait 1000 euros. C'était le salaire du transfert ! Quant aux migrants, ils devaient débourser entre 1000 et  6000 euros, selon le nombre de personnes, de majeurs ou de mineurs qui composaient la famille.

Une organisation de type mafieuse

"Les flux financiers sont extrêmement importants", a précisé le procureur de la République de Reims lors d'une conférence de presse. Les enquêteurs ont pu identifier des traces de mandats en direction du Royaume-Uni et du Kurdistan Irakien. Les trois passeurs comparaîtront ce lundi devant le tribunal correctionnel de Reims, dans le cadre d'une procédure de comparution immédiate. Ils risquent 10 ans de prison. Ils ne sont qu'un maillon d'une chaîne de trafic d'êtres humains.

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